Morts, Philippe Tessier (Editions Leha), par Le Corbac

Les Monthy Python incarné en un bon français bien de chez nous.Un humour exacerbé et tout en finesse. Une fin du monde grinçante comme une craie sur un tableau noir.Des squelettes à tire-larigot et ce brave Joseph, seul embaumé au milieu de ce charivari osseux.Joseph est mort…Et se « réveille » entouré d’une foule de squelettes parlant, tout en os et à la pilosité frappante ou au charme suranné de leur mort. Entre les figures célèbres ( Le Grand Charles, Winston C et son accent désuet, Léonard de V, Alexandre S, Albert E, Abraham L ou Emile Z et tant d’autres) et les images imaginaires issues de nos esprits (la Mort et ses 3 comparses, un Juif errant…) Joseph va avoir fort à faire quand la Grande Faucheuse va lui imposer de repeupler une Terre dévastée et sur laquelle ne réside plus un être vivant tout en se fendant d’un swing exceptionnel.Vous l’aurez compris, avec Philippe Tessier, Neil Gaiman, Terry Pratchett et S.G Brown n ‘ont qu’à bien se tenir et ne pas roter à table.Ben oui; le Frenchie il nous a pondu une splendide œuvre morbide, pleine d’humour et de cynisme à coté de laquelle le monde du Fleuve de Farmer est juste un chouette roman d’aventures. Parce que Tessier il va plus loin et plus profond et ne se contente pas de nous faire vivre une joyeuse épopée parsemée d’épiques combats et d’une mystique quête(il n’y a rien de cela dans son roman). Non Philippe Tessier il nous raconte la création du Monde, mais par n’importe lequel: le Nouveau. Celui utopiste que chacun voudrait bâtir à l’aune de ce qu’il espère, de ce qu’il attend: le monde des Bisounours, celui où l’on obtient ce que l’on veut, celui où tout un chacun œuvre pour tous, celui où tous seront heureux et connaitront la félicité divine.Morts en fait c’est une tentative vouée à l’échec d’une reconstruction de notre monde, un peu comme Daren Aronowsky l’a fait avec son Noé, parce que quoi quoiqu’il arrive, chassez le naturel et il revient au galop.Malgré son humour et son joyeux délire bordéliquement organisé, l’auteur, sous prétexte d’humour osseux, nous offre une bien triste vision de ce que nous sommes.La course à l’évolution, la course à la réussite, la course à…la course à quoi en fait? C’est Charles D qui manque dans dans ce roman parce qu’en fait même s’il s’agit d’évolution on est plutôt en pleine révolution.Point de démocratie ici comme le dit le Grand Charles parce que cela mènerait à l’anarchie. Chacun en fait décide de ce qu il veut de ce qu il a l intention de construire ou créer sans tenir compte de son voisin. Sous couvert de ce récit squelettique, Philippe Tessier nous dresse un portrait peut amène de l espèce humaine, formatée et refermée sur elle-même,  ne pensant qu’au bénéfice qu elle pourra en tirer individuellement. Parce qu au final, l’homme est mort, Vive l’homme.Rien de neuf au final dans la sombre histoire de l’humanité si ce n est….Philippe Tessier qui fait jouer au golf la Mort…Allez le Corbac se refait un 18 trous….

Le Corbac.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
24 + 12 =