Animal, Sandrine Collette ( Editions Denoël) par Le Corbac

Animal est le 7ème roman de Sandrine Collette et encore une fois il est impressionnant.
Je suis Sandrine depuis ses Nœuds d’Acier (ok j ‘ai fait l’impasse sur Un vent de Cendre et beaucoup ont été lus par Mme Corbac- ce que sait très bien la dite Sandrine au sourire angélique) et chaque livre est une découverte de ses capacités littéraires.
Animal c’est un peu le Roi Lion version Terrence Malick, le truc qui te dépayse complet, le move qui te fait plonger au sein du cœur d’un être humain… ses peurs, ses attentes, ses doutes….
Sandrine Collette, c’est un peu notre Cormac McCarthy à nous… Tu sais, la chouette fille qui est capable de te sourire spontanément et avec sincérité tout en pensant à la noirceur de l’être humain qu’elle va te décrire, les rouages de l’individu qu’elle va te décortiquer sans prendre de gants et violemment.
Bref, trêve de flagornerie…
Animal c’est le roman d’une chasse, un peu comme du Curwood ou du London… il y a les humains et les animaux, il y a les consciences de chacun, les identités de tous et ça forme un ensemble hallucinant digne de Nietchze.
Force, honneur, suprématie de la conscience, prédominance de l’esprit animal, loi du plus fort, esprit du surhomme….
Toutes les notions de la philosophie de la suprématie humaine et de ses failles sont ici présentes.
(Voilà, je le tiens! Sandrine Collette, véritable caméléon de l’ écriture, nous offre ici un essai philosophique sur le genre humain, sur sa part animale, sur ses errances et ses questionnements… quelle magicienne plumesque…)
Un loup, un ours, un tigre, une identité… tout dans la vie de l’être humain n’est qu’une chasse, une traque plus ou moins violente visant à accepter son héritage, son hérédité et sa personnalité…
Et là, la magie opère, même s’il faut un peu de temps pour y adhérer parce qu’encore une fois, Sandrine Collette nous offre une plume différente, un style d’écriture innovant (putain… à chaque livre cette gonzesse nous épate par son talent d’adaptation…) et surtout elle sait….
Elle sait, Sandrine Collette, nous faire traquer et accepter cette part d’animalité que nous refoulons tous, que nous dissimulons derrière des faux-semblants bien-pensants et une moralité de bon aloi, justifiée par nos revenus ou notre statut social créé de toute pièce par notre vie consumériste faite d’esbroufe et de m’as-tu-vu …
Moralité : on finit toujours par revenir à nos racines, à ce que nous sommes intrinsèquement et à notre nature profonde : l’animalité et la loi de la meute.
Longue vie encore et toujours à toi , oh Maîtresse Collette.

Le Corbac.

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