Aucune bête, Marin Ledun (IN8) par Perrine

Définitivement je ne peux que vous encourager à découvrir la collection Polaroïd des éditions IN8. Des textes aussi courts que puissants, des sujets atypiques et des auteurs de grand talent (voir ma chro précédente de Marcus Malte).

Ici, Marin Ledun, qu’on ne présente plus tant il est adulé au sein de notre petit groupe, nous propose de suivre une femme qui court durant 24h non stop. Alors déjà moi (grande sportive devant l’éternel) j’ai découvert qu’on pouvait s’infliger volontairement de courir pendant 24h, en rond sur une piste… Imaginez ma consternation.

Rajoutez que notre Véra en question a une bonne quarantaine d’années de mémoire, trois enfants, un boulot et un mari. Double consternation (mais comment peut-on avoir envie de faire autre chose de son temps libre que de se reposer ?!).

Enfin, sachez que Véra fait ou plutôt faisait de la compétition de haut niveau donc, et que juste après la naissance de la fille, elle a été accusée de dopage. Elle revient donc une fois sa condamnation terminée.

Vous allez me dire, bon tu n’as pas l’air d’avoir accroché avec le personnage dis donc ? Et bien si… et c’est là que je me suis surprise moi même.

Cette femme qui s’entraîne comme une dingue pour une compétition qui pour moi n’avait aucun sens si ce n’est se torturer, elle m’a donné envie de me mettre à courir. Tout le texte repose bien entendu là dessus, sur le pourquoi de cet acharnement, sur ce qui nous pousse à nous dépasser, sur ce que nous sommes…

Et quand je dis nous, je ne veux pas parler de l’être humain, mais de la femme. Ils ne sont pas nombreux les auteurs à comprendre et à décrire des sentiments féminins avec autant de justesse. Marin Ledun est de ceux là et nous offre un texte d’une grande beauté.

Bien plus qu’une course où l’enjeu serait de dépasser ses limites… A lire vraiment !

Perrine.

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