Salut à Toi Ô Mon Frère/ La Vie en Rose (Marin Ledun – Série Noire Gallimard) par le Corbac

Quel panard il a pris le Corbac, même pas qu’il était arrivé le Renard, que le calendos lui chût du bec.
Il écrit bien le Marin Ledun et puis pas comme d’habitude (attends me fait pas dire ce que je n’ai pas dit… Non ça veut pas dire qu’avant il n’écrivait pas bien, ça signifie… Mais tu vas me laisser parler oui ? Bon donc voila, il est dans un autre registre. Ben oui il n’écrit pas pareil tu vois. Il y a comme de la « littérature » dans son texte. Il manie la langue comme un ménestrel, il joue sur les sonorités, le rythme des mots et se fait même poète en prose. T’as compris ?… Bien).
Bon, je disais quoi ?
Ah oui qu’il n’écrivait pas comme d’habitude. Par contre il reste comme dans ses précédents ouvrages un grand metteur en scène.
Il nous fait le coup à chaque fois, nous surprenant par sa capacité à changer de genre.
Après le huis-clos et la tragédie, Monsieur Ledun s’essaie au vaudeville romanesque et à la comédie de Boulevard.
Imaginez donc cette « smala », cette meute composée d’un père au pacifisme marital exemplaire, une mère que même les Sex-Pistols ils en voudraient pas… six gosses dont 3 adoptés made in Colombie (imaginez donc comment ça jase à Tournon, entre commères et vieux cons racistes par habitude et confort pseudo moral) parce que Adélaïde, la mère, elle veut bien des gosses par amour mais pas par souffrances … et puis les six gamins ( sans compter le chien et les 2 chats) tous aussi dégourdis que Sport Billy ou Edouard Bern ou Jean-Pierre Foucault sans ses fiches…
Une pléthore de marmots tous plus futés les uns que les autres, tous plus à même de connaitre le monde dans lequel ils vivent parce que eux le savent «La vie n’est pas un long fleuve tranquille ».
Parce que les luttes fraternelles, les désaccords parentaux ça se règle entre eux, mais l’injustice on la combat en famille, on s’unit et se rassure les uns les autres pour que l’inacceptable ne soit pas le quotidien, parce que l’injustice on lui chie à la gueule, que la bêtise humaine n’est que l’expression de l’inculture générale et ambiante d’une époque de merde.
Tu te souviens de Daniel Pennac ? Ben voilà maintenant il y a Marin Ledun.
Tu te souviens de Manchette ? Ben voilà maintenant il y a Marin Ledun.
Tu te souviens de Bernie Bonvoisin ? Ben voilà maintenant il y a Marin Ledun.
Tu te souviens des Clash ? Ben voilà maintenant il y a Marin Ledun.
(Ouais je suis dithyrambique, voire exagérément pas objectif, ou hallucinant de mauvaise foi mais purée, lire Salut à Toi et La Vie en Rose, ça te remue les sangs. Ton transit intestinal il est tout chamboulé, ton cœur il bat la polka, t’as même les yeux tellement éclatés qu’on te prendrait presque pour un lapin myxomatosé sur une autoroute belge à 4h34 du matin.)
Un mec comme je les aime ! Burné comme pas possible. Doué encore plus que couillu. Maîtrisant la langue française mieux encore que ses vieux pairs. Un dico ambulant de référence rebelle, punk et littéralement littéraire.
Un gars quand il écrit c’est pas pour se lire ou bavasser allègrement, un gars quand il aligne les mots t’as envie de ranger ton Scrabble et de sortir le Trivial Pursuit édition Punk/Rock/Contestataire/Rebelle et Nadine Mouque.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que Marin il a pas laissé sa langue coincée dans les touches de son clavier parce qu’il balance allègrement mais qu’il reste clément. (Non il cherche pas des explications bidons et des excuses pitoyables à l’emporte-pièce), il se contente de raconter.
Mais c’est quoi donc qu’il raconte pour que Le Corbac il soit aussi déplumé ?
La Vie. La vraie vie, voilà de quoi il te cause avec talent, poésie et verve envolée. C’est beau comme des champi à peine éclot au début de l’automne, ça fleure aussi bon qu’un Monsieur Batignolles Vs Les Démons de Jésus, ça te remue autant qu’un True Romance Vs Bridget Jones, ça te chamboule comme si tu découvrais un C’est arrivé près de chez les Loud, ça te remue comme un Fight Tuche….
J’adore ce type !
De caricatures non censurées, représentatives à l’extrême de ce que notre société réfute, refuse, rejette ; de situations abracadrantesques dignes d’une représentation de théâtre publique de la fin du 19ème ; de Deux Machina en concours de circonstances improbables, en passant par une langue que ne rejetterai ni Frédéric Darc, ni Georges Pérec et avec une musicalité digne de Brassens repris par un vieux groupe de caves métal, quadras bedonnant aux cheveux longs et gras dissimulant une calvitie en voie de développement, vêtus de vieux tee-shirt devenus collectors couvrant à peine leur besace ventrale de biéreux, la vie en rade, des rêves plein la tête, des cris coincés dans les gosiers devenus trop étriqués… Marin il nous balance un super roman pamphlématique (ouais ça existe pas comme mot, et alors ?… Je t’emmerde, c’est comme ça, je viens de l’inventer… oui et alors, si je veux inventer des mots, je le fais… Quoi ? Ça se fait pas ? tu la vois ma Doc Martin’s coquée ? Tu la veux dans ta tronche ? Non ? Ben ta gueule alors !)
Ces deux romans sont splendidement convaincants, drôlissimes, déroutants, questionnant, ils sont tissés comme de vrais patchworks made in Bolivie, autour d’une famille droite dans ses bottes. Chez Marin Ledun on se pose des questions, on se remet en question et on fait du mieux qu’on peut. Il a su amener dans ces deux romans toute une sincérité, toute une «utopie» familiale, une révolution dans le monde de l’enseignement et encore plus de l’éducation.
On se plaît à identifier nos rêves passés et oubliés, on sourit à l’évocation des liens dans ce microcosme que sont les Mabile-Pons, ce «gouvernement» au sein d’un système qu’ils contestent tous…
Il y a un souffle chaud qui balaie ces deux ouvrages, il y a un « esprit » qui habite ces pages et qui nous parlent.
Cela pourrait être un roman de génération…
A lire absolument.

La Fièvre, Sandor Jaszberenyi (Mirobole) , par Le Corbac et Yann

Cela faisait un moment que je n’avais pas lu un recueil de textes (ou de nouvelles); et bien m’en prit de me laisser aller à lire La Fièvre.
Sandor Jászberényl revient sur ce type de récit dans ce qu’il a de plus primaire: le réalisme. Les 14 textes qui composent ce recueil sont tous empreints des traces de son métier (photographe et correspondant de guerre) et nous promènent de l’Afrique au Moyen Orient avec un bref passage en Hongrie.
A la fois fictions, états d’âmes, réflexions sur la religion, la violence, la guerre, l’amour (ou ce qui s’en rapproche par ces temps haineux), La Fièvre est un livre prenant et très bien construit.
Je veux dire par là que l’agencement et l’ordre des nouvelles jouent aussi un rôle prépondérant dans le plaisir de lecture ressenti.
Tout commence par La Fièvre, réelle, au sens propre, infection qui touche le narrateur et qu’il nous décrit avec autant de réalisme que le trip de Martin Sheen dans sa chambre d’hôtel lors de l’ouverture de Apocalypse Now… et alors que l’on pourrait s’attendre à un méga bad trip ou à une succession de textes hallucinatoires ou délirants, bim, on bascule dans la chaleur, la moiteur, la maladie.
Maladie de ces hommes pleins de haine à cause d’un bout de terre, pour une manière de prier ou de penser différente, pour un peu de gloire volée sur les cadavres d’anciens amis devenus ennemis pour une raison dont plus personne ne se souvient ou ne sait.
Parce que les textes de Sandor Jászberényl sont cela, autant de petits drames individuel au milieu de la Grande Tragédie éternelle qu’est la Guerre.
Il sait donner du tempo et sortir de son métier pour nous faire frémir à la lapidation d’une femme, à la mort d’un jumeau, à la chasse d’un animal féroce et destructeur qui se nourrit dans les hôpitaux. Et puis cette émotion, ce sentimentalisme et cette mélancolie qui transparaît régulièrement entre ses lignes (même carrément dans ses lignes) sur la raison de faire ce métier de reporter de guerre, sur le doute d’être encore au taquet et de rester bon… à tout prix (Profession Reporter est un joyau à ce niveau là, et d’une cruauté resplendissante)
Et au milieu de cette violence omniprésente, Sandor Jászberényl réussit à parfois nous faire sourire, limite rire (même si c’est un peu jaune) comme avec La Règle de Blake ou Aucune chance de Gagner.
Et bien évidemment la dernière nouvelle fait chute comme il se doit: Le bout du monde. Pas le nôtre mais le sien… Nous, nous l’avons atteint à chacune des 211 pages de ce très bon recueil. Parce que Sandor Jászberényl nous l’a donnée, La Fièvre que l’on atteint en altitude, quand l’on approche de notre bout du monde en découvrant les horreurs si lointaines qui nous entourent, ces infections pernicieuses et éternelles qui vont nous contaminer sans autre but que de nous faire mourir et pourrir.
Entre Hunter.S.Thompson, les reportages de Jack London et la plume de Ernest Hemingway, Sandor Jászberényl a posé sa patte dans l’univers de la littérature et elle est profonde.

Traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly.

Le Corbac.

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Immédiatement identifiables à leurs couvertures, les textes proposés par les éditions Mirobole depuis leur création en 2012 ont en commun de naviguer en dehors des sentiers battus et de mettre en lumière des auteurs dont on ignorait jusque-là l’existence. On se souvient en particulier de l’étonnant Hôtel de Yana Vagner qui poursuit aujourd’hui une belle carrière chez Pocket ou de Francisco José Viegas et son Collectionneur d’herbes, nostalgique et sensuel,  paru depuis en Points.

Le recueil qui nous intéresse aujourd’hui propose quatorze courts textes de Sandor Jaszberenyi, hongrois de naissance, dont la profession de correspondant de guerre pour différents journaux l’a amené à côtoyer l’horreur un peu partout dans le monde.

Si le rôle du journaliste dans ses reportages est celui de témoin, de rapporteur, Sandor Jaszberenyi change d’angle pour la plupart des récits présentés ici et n’hésite pas à mettre en avant la difficulté d’exercer son métier, et, en particulier, la peine que ressent un novice à s’habituer à l’horreur des zones de combat (« Six ans se sont écoulés. Pour ce qui est de m’habituer, c’est vrai : je me suis habitué, mais je n’ai pas oublié. On n’oublie jamais la première fois » – La première fois). Mais, finalement, pire que l’habitude est l’indifférence, réelle ou feinte, que l’on se doit de montrer dans certaines situations et, en ce sens, Prendre Trinidad est sans doute le plus terrible des textes qui composent La fièvre.

Du Soudan au Darfour, du Caire à la bande de Gaza, c’est un anti-guide touristique que propose le journaliste, peut-être le meilleur moyen de se rendre compte de l’uniformisation qu’apporte la guerre avec elle, de par son omniprésence et les stratagèmes que toutes et tous cherchent pour continuer à vivre coûte que coûte. Ainsi, on choisira l’alcool ou la religion, la drogue ou les superstitions, l’indifférence ou la colère mais nul ne peut y échapper.

Alternant les registres, Sandor Jaszberenyi  surprend avec des textes comme  La règle de Blake ou Le diable est un chien noir, opposant au cartésianisme des occidentaux les croyances africaines ou moyen-orientales. Il nous secoue avec Prendre Trinidad, Les jumeaux ou Profession photoreporter, parvient à émouvoir avec Amhed Salem a abandonné Dieu ou Die Toten reiten schnell.

Aucun de ces textes ne peut laisser indifférent et l’ensemble forme un recueil aussi brut que cohérent, un document implacable et réaliste sur le métier de correspondant de guerre, certes, mais, d’une manière bien plus universelle, sur les capacités de l’homme à continuer de vivre en dépit de ce qu’il est capable de s’infliger et d’imposer à se semblables. Indispensable pour qui veut garder les yeux ouverts sur la réalité de notre monde.

Yann.

Cataractes, Sonja Delzongle (Denoël), par Le Corbac

La Delzongle, elle, on peut vraiment la qualifier de pointure montante du thriller français.
Thriller ou suspense, pas confondre avec policier ou noir ou fantastique.
Elle a pas besoin d’en faire des tonnes pour pondre un excellent suspense haletant à souhait, conçu comme une commode normande avec tous ses tiroirs et ses faux fonds.

Déjà le décor : l’ex-Yougoslavie, encore occupée à panser les blessures de sa guerre civile. Plus précisément un barrage, la montagne, la forêt et un monastère reconverti en centre psychiatrique.
(Et là tu te dis que tu vois le truc venir, que c’est du réchauffé et que les « nouvelles » pointures l’ont déjà fait et que de toute manière…bref)
Sauf que déjà la forêt n’est pas un simple décor. Comme sa comparse Sandrine Collette, elle fait de la Nature un véritable personnage. Elle sait la rendre vivante, nous en faire sentir les odeurs, percevoir les multiples vies qui y résident, nous faire entendre le moindre craquement, le moindre ruissellement. Et bien évidemment, comme tout un chacun la Nature peut être bonne ou mauvaise.
Dans la veine, Sonja Delzongle ne te trace pas des portraits caricaturaux à l’emporte pièce des personnages ( que ce soit les premiers rôles ou les seconds et même les figurants); non non, elle te les façonne, elle leur donne une vraie vie et pas une vie de papier.
(ça paraît con dit comme ça mais ils sont terriblement vivants et cohérents, sortant des éternels et sempiternels clichés habituels que l’on retrouve chez les 2/3 des pseudos auteurs de thriller français. Bref )
Et puis l’histoire ou le sujet ou le thème… On y retrouve le thème de la filiation et du deuil (déjà évoqué d’une autre manière dans Boréal – Editions Denoël) mais cette fois ci d’un point de vue masculin/paternel. De la même manière, elle reprend la thématique de la survie, de la culpabilité, de la vengeance, de la rédemption et de l’écologie.
(ça fait beaucoup tu vas me dire, mais de la même manière que je l’avais écrit pour Boréal, elle fait pas un gloubiboulga immonde et insipide mais un excellent ragoût, préparé avec délicatesse, douceur et aisance qui à chaque page va te révéler de nouvelles saveurs que tu n’imaginais pas, de nouvelles odeurs que tu ne soupçonnais pas. Oh que oui, je te le dis tout est délicat et sans esbrouffe et effets sanglants et sanguinolents à deux balles. Ici tout est ouvragé comme une madone dans une église, un cantique de multiples fois travaillé pour réveiller en nous des échos…et ça c’est gage de qualité! Bref )
En outre, ce roman a pour l’auteur une connotation très intime comme elle l’explique dans ses remerciements; elle revient en effet à ses racines profondes ( la Serbie), remonte elle aussi ainsi la source de son passé, grimpant sur les rochers de ses souvenirs, se plongeant dans les lacs de son enfance et errant dans la magla sans se perdre.
Cataractes est un déferlement de sensations, une vague de souvenirs, un courant d’histoire dans lequel Sonja mêle l’Histoire et la Science (et ben oui ça reste aussi sa marque de fabrique, ancrer son récit dans une toile de véracité et d’informations réelles et concrètes et cela sans le rendre lourd ou pesant mais en l’incluant totalement dans le déroulement de l’action. Comme quoi le talent n’est pas une question de pointure… Bref)
Bref donc je vais arrêter de lui lancer des belladones, des amanites et autres variétés à tendance hallucinogène pour essayer de conclure…
Le dernier opus de Sonja Delzongle est un excellent thriller mené de main de maître(sse), recelant beaucoup plus qu’il n’y paraît de prime abord, riche de qualités narratives, de recherches et de rebondissements ( j’aime pas ce mot… de surprises. Oui c’est mieux, parce que rebondissement ça fait aller faut que j’arrive encore à accrocher mon lecteur parce que je suis pas sur que ce soit bon… donc oui plein de surprises c’est top… Bref)

Donc un roman que je conseille aux vrais amateurs de thriller et à ceux qui croient en lire surtout, parce que Cataractes est un VERITABLE THRILLER FRANCAIS… lui.

Le Corbac.

Nadine Mouque, Hervé Prudon (La Noire – Gallimard) par le Corbac

T’imagines si les deux Charles ( Baudelaire et Bukowski, même prénom et même première lettre de leur nom de famille, y a pas photo même sans être fort comme les beaux pour saisir la connivence) avaient eu l’occase d’aller s’en jeter quelques uns derrière la cravate et que bim ils tombaient nez à nez avec Andrée Michaud et que ces trois là le nez poudré et la tête aérée, les yeux illuminés et la plume apprêtée avaient eu l’envie de se taper un délire mortel en écrivant à six mains un putain de polar… Manque plus que des jeux de maux ou de mots à la Pérec qui serait venu y mettre une pointe de son littéralisme oulipolien et t’as un Nadine Mouque.
Il m’a collé au mur comme une mouche sur son morceau de papier, impossible de décoller, il m’a laissé scotché et pourtant j’avais les pattes qui s’agitaient pour me bouger et les neurones en ébullition mais j’étais incapable de sortir de ce merdier…limite j’y trouvais même mon miel nutritionnel et ma nourriture spirituelle.
Il a publié cette ode à la Tristitude ( c’est pas de moi mais d’un chanteur qui porte le nom de Oldelaf et qui a une gueule de blatte) en 1995 à la Série Noire ( Gallimard n°2401) et quel bonheur de le découvrir aujourd’hui en 2019 dans la Résurrection de cette célèbre collection qu’était la Noire. Jouissif et impulsif à se le baffrer en une journée et en tâcher sa chemise tellement il m’a fait baver.
Hervé Prudon il est bon comme le cul d’une bombasse que tu croises dans la rue et que même si t’es avec ta femme et tes 5 mômes et que tu vas à la messe chaque dimanche et que tu baises que une fois par mois le dernier vendredi quand tu deviens le roi et que tu mets le petit Jésus dans la crèche ben tu peux pas t’empêcher de te retourner et de mater cette croupe hallucinante voire hallucinogène et te dire mais comment j’ai pu passer à coté de ça…
Parce que ce bouquin il déchire sa race, il t’arrache à ton petit confort et te remue les intestins pire qu’une coloscopie. C’est beau de violence, c’est malsain d’amour, c’est cruel de déchéance ( tiens au fait tu me feras jamais croire que le petit père Dupontel il l’ a pas lu quand il a écrit le scénario de Enfermé Dehors), ce livre il te pompe le moral pire qu’une pute ougandaise qui va se faire tabasser si elle ramène pas un bifton à son micheton, il te défonce les neurones comme un camion bélier pour chourave un distributeur automatique, ça t’envole comme une giclée de chevrotine à bout portant en pleine poitrine ( même avec un gilet pare-balles).
C’est une bombe nucléaire, un exercice de style, une parenthèse sur la médiocrité de nos vie, sur la déchéance de nos cités, sur les fantasmes alcooliques d’un pov type qui se branle la nouille en regardant Hélène et les garçons. C’est un convoi émotionnel de 12 wagons qui te passe sur le corps, c’est un 35 tonnes qui te percute de plein fouet, c’est un Boeing qui s’écrase sur ta pov face lunaire.
C’est beau comme un petit poème en prose de Baudelaire.
C’est violent et trash comme les contes de Bukowski.
C’est fin et travaillé comme les écrits de Michaud.
Et puis, et puis bordel ça date de 1995 mais c’est toujours on ne peut plus d’actualité. Cette violence des cités, cette déliquescence de l’humanité, les immigrés et les abus, le cul et la dope, les errances de ces générations laminées par un système qui n’a pas changé, les rebuts sociaux issus de famille émigrées parqué comme des chiens dans des cubes de béton sans autre avenir que celui de se reproduire ou de se bouffer la tronche, les luttes des classes pour sortir de la crasse…
Hervé Prudon aurait mérité d’être encore parmi nous parce que sa verve endiablée et son sens de la formule, son absence de nuance dessinée derrière ses jeux de mots à l’emporte pièces sont d’une qualité littéraire inégalée depuis longtemps et puis son discours…il est puissant et violent, virulent et intéressant, basé sur une étude limite anthropologique de notre société, de ses dérives et des effets néfastes de ce pseudo socialisme censé sauver la France, des ghetthos à l’américaine qui se développe et se répandent comme des colonies de blattes…

Ce bouquin est un putain de chef d’oeuvre.

Le Corbac.

Et le mal viendra, Jérome Camut / Nathalie Hug (Fleuve Noir) par Le Corbac

« La violence engendre la violence » (Eschyle)
Que ce soit celle du cœur…
Que ce soit celle de la haine…
Que ce soit celle de la vengeance…
Que ce soit celle de la colère…
Que ce soit celle des idéaux…
Que ce soit celle de la culpabilité…

La violence est présente partout, tout autour de nous, à chaque instant.
Regardez les Black Friday’s, regardez les manifestations qui dégénèrent en pillage, regardez les animaux abattus pour leurs organes soit disant aux pouvoirs fantastiques, regardez ces migrants qui crèvent à nos frontières, regardez nos sdf qui meurent l’hiver, les homosexuels agressés parce qu’ils se tiennent la main, ces femmes parce que leur jupe est trop courte, ces gens parce qu’ils ont une religion différente…
La violence est le moteur de notre époque, la violence est devenu si banalisée que pour lutter contre elle il n’y a probablement d’autre arme que… la violence.
Notre monde se meurt, que ce soit d’un point de vue climatique, que ce soit les espèces qui sont abattues ou les humains qui se tuent mutuellement.
Le monde se meurt et personne ne bouge… ou presque.
Qu’une voix s’élève et qu’elle ameute le peuple, elle sera baillonnée et étouffée sur l’autel du capitalisme.
Qu’un projet visant à améliorer nos conditions de vie soit présenté et il sera anéanti et noyé au nom du consumérisme et de la propriété individuelle.
Et nous, que faisons nous? Nous soupirons, nous nous attristons et puis nous passons à table (ceci étant une généralité bien évidement) en regardant des pays crever de faim, des pseudos états se déchirer pour un bout de territoire, lançant des milliers d’individus sur les routes, à la rencontre, quoiqu’il arrive, de la mort. Chez eux ou ailleurs, qu’est ce que cela va changer, après le film du soir nous irons nous coucher et dormirons du sommeil des justes.
Et puis parfois, parfois une voix s’élève.
Il s’agit de deux voix en l’occurrence: celle de Jérôme Camut et de Nathalie Hug. En couple dans la vie comme dans l’écriture ces deux là se positionnent, prennent parti et avec leur dernier opus Et Le Mal Viendra pousse encore plus loin le travail entamé avec W3 et IslaNova.
Je ne peux qu’être en colère de les voir à la traîne derrière un Bussi, un Chattam ou un Thilliez car ils vont plus loin, beaucoup plus loin et frappent fort et avec efficacité.
Depuis le premier volume de W3 ( Le Sourire des pendus/Livre de poche) ils ne font qu’enfoncer le clou, qu’appuyer là où ça fait mal.
Sous couvert de cette littérature divertissante qu’est le roman policier, ils se sont mis en tête de remettre l’église au centre du village.
L’humanité et ses libertés bafouées, l’être humain et son manque d’empathie dés qu’il sort de sa zone de confort, l’individu et son absence de compassion vis à vis d’autrui, nous et notre égoïsme qui ne laissera probablement à nos petits-enfants que ruines et désolation, violence et massacre, pillage et destruction.
IslaNova (Pocket) avait déjà bordé le sujet de notre stupidité à détruire le monde, Et la Mal Viendra le continue en mieux, en plus virulent, de manière plus agressive et virulente.
On retrouve l’ensemble des personnages de IslaNova, avant et après l’épisode d’Oléron et de son annexion par l’armée du 12 Octobre.
Construit à deux temps, entre avril 2016 et mai 2018, cette fresque intimiste nous emmène de l’Afrique à l’Europe, des réserves où l’on abat les singes à ces lieux de détentions français dissimulés aux yeux de tous où l’on enferme les pseudo éco-terroristes.
Plus qu’un roman policier, il s’agit de l’ histoire de ces individus au lendemain des attentats du Bataclan, de ces individus qui sont en quête de pardon et de rédemption, qui veulent, malgré tout le Mal qui les entoure, continuer à croire qu’ils peuvent faire le Bien et améliorer le Monde, qui ne peuvent s’empêcher de croire que l’être humain est bon.
Plus encore que IslaNova, Et le Mal Viendra est un véritable pamphlet, une mise en garde contre nos pertes de liberté, contre la menace que nous faisons peser tout un chacun sur nos petits-enfants car comme le dit Mickey 3D « ils te diront comment t’as pu laisser faire ça? T’auras beau te défendre, leur expliquer tout bas que c’est la faute aux anciens, y aura plus personne pour te laver les mains »
(https://www.youtube.com/watch?v=Iwb6u1Jo1Mc&feature=youtu.be)
En conclusion Jérôme Camut et Nathalie Hug nous offrent un véritable roman humain sans aucun manichéisme, et surtout un Manifeste pour la Vie.

Le Corbac.

Total Labrador, J.H Oppel par Le Corbac et Perrine

Il arrive parfois (souvent ?) que nous nous retrouvions avec la même envie de lire et de chroniquer le même titre. Ça vous fait plus de lecture d’accord et ça ne plaît pas à l’algorithme qui contrôle la lisibilité de nos articles, mais nous on kiffe vous donner deux fois plus de raisons de découvrir un roman !


Monsieur Oppel,
J’avais lu 19 500$ la Tonne et m’étais régalé avec vos abricots (entre autres passages succulents). Vous m’aviez donné aussi l’occasion de faire connaissance avec la charmante Lucy Chan.
Lorsque j’ai appris que vous sortiez un nouveau roman , chez le même éditeur, dont le tire m’interpella de suite, j’ai évidemment décidé de vous lire.
Total Labrador…  Quel titre étrange me disais-je en ayant eu fini de lire le résumé, notant au passage et avec une évidente satisfaction le retour de cette adorable analyste au caractère bien trempé.
Alors donc ce fut totalement intrigué et bien disposé que je lus votre roman…
Ben putain, CHAPEAU.
Vous m’avez scié… laissé la bouche ouverte comme un poisson crevé échoué sur une plage insalubre et polluée, avec un petit filet de bave… mes yeux écarquillés de surprise devant la qualité de votre intrigue et votre sens du récit .
Adolescent, j’avais consommé sans modération Robert Ludlum, John le Carré, Frédérick Forsyth et bien évidemment les Ian Fleming… pour ne citer qu’eux.
Je pensais donc avoir vu pas mal de choses dans le domaine des romans d’espionnage.
Mais vous… ouah… je vous ai trouvé digne de ces vieux classiques de référence (selon mon point de vue bien évidement), vous n’avez en effet rien à leur envier.
Vous avez repris la même construction que dans le précédent opus et cela fonctionne à merveille même. Mieux encore que la première fois.
Est-ce parce que je me trouvais déjà habitué à votre écriture ?
Ou plutôt que je me suis laissé emmener en toute sécurité avec Lucy un peu partout dans le monde ?
Ou encore parce que le rythme que vous donnez à votre roman est une musique qui prend à chaque chapitre un peu plus de force, de puissance pour finir en un crescendo parfaitement construit ?
Ou peut-être que votre intrigue nous tient en haleine, nous faisant, frénétiquement parfois, tourner la page pour savoir, pour comprendre?
Probablement est ce un mélange de tout cela, tous ces petits fils que vous avez reliés et assemblés pour nous offrir cette riche tapisserie, reflet des arcanes du pouvoir, des luttes d’ego et des influences économiques qui dirigent les vrais puissants. Le dessin de cet univers souterrain, des complots et des négociations commerciales, celui aussi des manipulations et des transgressions est en outre illuminé par la froideur méticuleusement humanisée de la charmante Lucy Chan.
Tout cela donc pour juste vous dire une chose Mr Oppel : MERCI.
Souhaitant vous relire bientôt, je vous prie d’accepter mes sentiments les plus admiratifs.

Un Lecteur subjugué. Le Corbac


Ahhh Jean-Hugues, un auteur dont j’apprécie l’humour et l’intelligence, autant à l’écrit qu’à l’oral. Je ne sais pas si sans le connaître, je me serais plongée dans son dernier roman, car l’espionnage n’a jamais été particulièrement ma tasse de thé.

Et pourtant, un vrai plaisir d’évoluer dans cette histoire de missions ratées, de secrets et de trahisons. Un vrai James Bond, au féminin avec le retour de Lucy Chan aux commandes, et avec tellement plus de subtilité !

Si vous aimez l’humour au 5ème degré, les mots choisis avec soin et les références goûteuses, l’action grâce à une construction impeccable et l’analyse d’un système bien crasse, foncez sur Total Labrador, qui une fois de plus est à la hauteur de son ambition !

Perrine

Animal, Sandrine Collette ( Editions Denoël) par Le Corbac

Animal est le 7ème roman de Sandrine Collette et encore une fois il est impressionnant.
Je suis Sandrine depuis ses Nœuds d’Acier (ok j ‘ai fait l’impasse sur Un vent de Cendre et beaucoup ont été lus par Mme Corbac- ce que sait très bien la dite Sandrine au sourire angélique) et chaque livre est une découverte de ses capacités littéraires.
Animal c’est un peu le Roi Lion version Terrence Malick, le truc qui te dépayse complet, le move qui te fait plonger au sein du cœur d’un être humain… ses peurs, ses attentes, ses doutes….
Sandrine Collette, c’est un peu notre Cormac McCarthy à nous… Tu sais, la chouette fille qui est capable de te sourire spontanément et avec sincérité tout en pensant à la noirceur de l’être humain qu’elle va te décrire, les rouages de l’individu qu’elle va te décortiquer sans prendre de gants et violemment.
Bref, trêve de flagornerie…
Animal c’est le roman d’une chasse, un peu comme du Curwood ou du London… il y a les humains et les animaux, il y a les consciences de chacun, les identités de tous et ça forme un ensemble hallucinant digne de Nietchze.
Force, honneur, suprématie de la conscience, prédominance de l’esprit animal, loi du plus fort, esprit du surhomme….
Toutes les notions de la philosophie de la suprématie humaine et de ses failles sont ici présentes.
(Voilà, je le tiens! Sandrine Collette, véritable caméléon de l’ écriture, nous offre ici un essai philosophique sur le genre humain, sur sa part animale, sur ses errances et ses questionnements… quelle magicienne plumesque…)
Un loup, un ours, un tigre, une identité… tout dans la vie de l’être humain n’est qu’une chasse, une traque plus ou moins violente visant à accepter son héritage, son hérédité et sa personnalité…
Et là, la magie opère, même s’il faut un peu de temps pour y adhérer parce qu’encore une fois, Sandrine Collette nous offre une plume différente, un style d’écriture innovant (putain… à chaque livre cette gonzesse nous épate par son talent d’adaptation…) et surtout elle sait….
Elle sait, Sandrine Collette, nous faire traquer et accepter cette part d’animalité que nous refoulons tous, que nous dissimulons derrière des faux-semblants bien-pensants et une moralité de bon aloi, justifiée par nos revenus ou notre statut social créé de toute pièce par notre vie consumériste faite d’esbroufe et de m’as-tu-vu …
Moralité : on finit toujours par revenir à nos racines, à ce que nous sommes intrinsèquement et à notre nature profonde : l’animalité et la loi de la meute.
Longue vie encore et toujours à toi , oh Maîtresse Collette.

Le Corbac.

Tout le monde aime Bruce Willis, Dominique Maisons (La Martinière) par Le Corbac

Et bien tout le monde devrait aimer Dominique Maisons.
Depuis que j’ai rencontré ce sombre individu aux goûts vestimentaires (Quoi?…On a dit pas les fringues?…Ah ok)…
Donc je recommence.
Depuis que j’ai vu débouler ce sombre individu dans une ancienne cave à polar du nord de la France, me réclamant à corps et cris une ardoise éternelle, je m’y suis attaché ( pas au sens propre…quoique je l’aime bien).
J’ai donc lu Le Festin des Fauves et On se souvient du noms des assassins; deux romans à un siècle d’écart dans lesquels on retrouvait tout son goût pour les feuilletonistes d’antan et leur capacité à construire des histoires à épisodes et à maintenir perpétuellement l’intérêt du lecteur.
Avec Tout le monde aime Bruce Willis, Dominique Maisons fait un truc que j’adore : il la met profond aux américains !!!
Au cinéma américain, en l’occurrence (ben non pas les auteurs, il est bon mais quand même il est pas encore Dominique Ellroy Maisons… Je l aime bien mais y à des limites à ma flagornerie). Donc, il nous a écrit un super roman style le blockbuster cinématographique de l’été. Le truc qui s’il sortait au cinéma, réalisé par Fincher avec comme actrice principale Winona Ryder, James Wood, Julia Roberts, Brad Dourif, Sigourney Weaver et puis surtout un Hugh Jackman, ferait un carton au Box-Office. ( oui ben moi je sais qui je vois dans le rôle de qui…)
Pourquoi? Parce que le petit frenchie de Dominique il nous a fait un truc totalement à l’américaine, pas une once de french-touch. Il s’est accaparé les règles, il s’est fondu dans le moule des méga-production et a su adopter tous les codes.
Je ne peux pas raconter grand chose sans déflorer la belle, ce qui serait bien triste pour vous car la lecture et le sujet en valent le plaisir.
donc en fait j’ai plus rien à vous dire sur Tout le monde aime Bruce Willis si ce n’est qu’il faut vous y plonger et vous laisser porter.
L’intrigue est excellente et cohérente, reflet de certaines théories entendues à droite et à gauche. Les personnages ne sont pas foison mais ils sont travaillés au pinceau; une petite touche ici, un paquet par là, une rondeur pour arrondir les angles ou une pointe pour exciter. Tout ce roman, conçu sous forme de recherche nous plonge dans les arcanes et méandres du pouvoir de Hollywood, dans la médiocrité des apparences à sauver et des convenances à respecter, dans la force politique et sociale de l’argent et de la renommée : quand on est riche on peut se donner le droit de tout faire (thème déjà abordé dans Le Festin des Fauves).
Et puis, et puis il y a les 32 dernières pages… celles dans lesquelles tout le talent de feuilletoniste à chute de Dominique Maisons et sa maîtrise de l’intrigue se révèlent avec force et violence.
Un auteur assurément excellent et à suivre encore et toujours…

Le Corbac.

Gangs of L.A., Joe Ide (Editions Denoël – Sueurs Froides) par Le Corbac

Résultat de recherche d'images pour "Gangs of L.A. ( Joe Ide"Sur un scénario très pragmatique qui sert surtout de faire valoir, même si Sinatra aurait pu en faire un chef d’œuvre cinématographique en son temps, et qui permet à Joe Ide de dérouler son véritable récit, Gangs of L.A. est un titre très réaliste et ancré dans une réalité connue.

Quand je disais Sinatra, ça me faisait rire de l’imaginer à la place de ce brave Cal, raide défoncé de la pointe du cheveu jusqu’à la rognure de l’ongle de son petit orteil avec son peignoir à la Lebowsky… Ouais parce qu’entre The Crooner et un chanteur de rap avec le vent en poupe ?
La THUNE.
Tout le monde a besoin de thune, quelle que soit la décennie, le style, le look, le genre : c’est ce PUTAIN DE BLE qui fait tourner le monde. Et le résultat logique c’est quoi? Des braquages à la con, des fusillades de merde qui prennent des allures de guerre de gangs, te laissant deux trois braves types sur le carreau et au moins une sacrée crise de culpabilité vis de ce gosse orphelin et à deux doigts de devenir un légume, une pauvre plante grimpante…

Et puis au milieu de tout ce boxon, t’as un brave gars. Un type qui a pas eu de bol et qui s’est pris deux trois grosses claques, qui a fait les mauvais choix mais qui va les assumer. Ce type c’est Isaiah Quintabe, dit Mister IQ, et son « ami’ Dodson.
Ce roman repose totalement sur leurs épaules et heureusement qu’ils sont gaulés comme Atlas…

Joe Ide table avec efficacité sur deux sujets récurrents dans la littérature noire afin de s’imposer avec élégance et discrétion dans cet univers.
La différence et la Rédemption, la surhumanité de Nieztche et le pardon divin des disparus. Véritable fils spirituel de Robert McCall et de McGyver, IQ est une véritable bombe humaine.

 

Y’a que Gus van Sant qui l’avait osé dans Will Hunting et plus récemment Gavin’O Connor avec le même Ben Affleck… Il y a dans le personnage de Isaiah Quintabe, l’auteur de Gangs Of L.A. crée une légende au même titre que Jack Reacher, Nathan Love ou Pendergast.
Un personnage complexe, touffu et fouillé, un homme attachant et humain, plein de contraste et d’opposition mais avec une seule et unique ligne de conduite : le bien pour le Bien.

Traduction Diniz Galhos

Empire des Chimères, Antoine Chainas (Série Noire – Gallimard) par Le Corbac

Cela est un exercice pour moi que de parler de cet Empire à la fois empirique et clinique…comme ne serait-ce que le titre (tiens je viens de percuter à l’instant sur l’antonymie du titre).
En effet, je ne l’ai pas compris mais qu’il est bien écrit et construit !
Oui, je n’ai pas compris ce livre que j’ai pourtant entièrement lu. Dans ma folle jeunesse j’ai passé des heures et des heures dans divers et multiples jeux de rôle, j’ai (et je continue) lu beaucoup de fantastique, mais là je m’y suis perdu.
Ou bien je me suis juste perdu ?
La construction à deux temps permet pourtant à Antoine Chainas de mettre en avant toute la qualité de son écriture et de déployer son « intrigue ». Deux pays, deux mondes, deux civilisation, deux manière de penser, deux…Ses tournures de phrases, ses dialogues, ses description, ses sujets, ses idées…. tout cela est double et il est très intéressant de voir cette aptitude que possède l’auteur d’écrire en un seul livre deux univers si différents sans jamais les « mélanger », respectant les codes de chacun.
Et puis le sujet ou contenu de ce roman… La métamorphose? L’adaptation? L’évolution? La folie humaine?
De qui ? De la société ? De l’Homme ? de l’individu ? Des villes ? De la consommation ?
Un peu de tout cela peut être… techniquement et oniriquement.. Mais voilà, malgré toutes ces qualités, Empire des Chimères ne m’a pas convaincu dans son récit.
Dans la technique d’écriture, je suis conquis, retrouvant parfois ces moments forts que j’avais apprécié dans Versus (Série Noire – Gallimard)- dont soit dit en passant j’avais totalement été emballé par l’intrigue.
Alors je pense que d’autres sauront mieux apprécier l’intégralité du roman, quant à moi je le garde en tête pour tous mes amateurs de plume qualitative.

Le Corbac