L’autre côté, Léo Henry (Rivages), par Le Boss

Assez inclassable, comme ses écrits à la Volte, comme à chaque fois, un moment de lecture prenant, loin des clichés habituels.


Sur fond de sujet brulant, il y a l’histoire de l’arroseur arrosé. Nous sommes dans l’imaginaire, nous sommes dans un livre ….

A travers une écriture poétique, l’auteur évite tous les écueils et bêtises sur un sujet qui sera toujours d’actualité. Pas de stigmatisation.
A travers le parcours d’un homme qui fuit son pays avec sa famille, on les voit se heurter à toutes portes qui se ferment sur leur passage ou avant.
Mais il n’y a aucun sentiment violent chez cet homme qui perd tout et qui veut sauver sa fille . Pas d’apitoiement, atermoiement, juste sa volonté, jusqu’à la dernier page

Si la trame prête à réfléchir, l’écriture est tellement loin de la nasse, qu’on est emporté dans le récit, juste par les mots, sans parfois suivre le scénario.
Un auteur qui se distingue encore et toujours et qui, sans délivrer de message ou de conseil, nous amène à la réflexion.
Un livre que je ferais lire de force à tous connards anti migrants anti tout, jamais contents, pour qu’ils sachent, pour qu’ils comprennent, pour qu’ils s’illuminent et que la bienveillance l’emporte.

Le Boss.

West, Carys Davies (Seuil Cadre Vert) par Aurélie

Résultat de recherche d'images pour "West, Carys Davies"Je me rends compte qu’à chaque fois qu’un Western entre dans mon champ de vision,  je décoche une flèche et le mange tout cru !
Celui-ci avait la saveur d’une quête vouée à l’échec, d’une enfance fragile, de petits colifichets échangés au prix d’une vie, de la valeur d’une terre.
Un Western raconté à la manière d’une fable, un western dont je sors repue… jusqu’au prochain !
À déguster avec une bonne tarte à l’abricot et un café tout chaud dès le 3 janvier !
Traduit de l’anglais par David Fauquemberg
Aurélie.

Au nom du père, Eric Maravélias (Série Noire – Gallimard) par Le Boss

C’était pas simple de sortir d’un premier livre aussi tapageur….,

Il en aura fallu du temps, et le temps aidant, autre lieu, autre style, bref, c’est gagné, tant pis pour ceux qui voulaient une continuité de son premier.

C’est un Eric en pleine forme et surprenant que nous retrouvons dans ce livre, du moins sa plume..( en epérant qu’il mette plus de jogging^^)

Axé sur un futur assez proche, on évolue dans une quasi noirceur, indélébile comme l’encre de ses pages… »oh ppppppppppppputainn je m’aime^^ ».

Certains vous parleront de tragédie grecque, moi je dirai, violence, humain.

Sans noircir les traits, 5 ans entre les deux livres, et bien il fallait sûrement cela.

 

Plus de vingt ans après que Dante Duzha a quitté la Macédoine en raison des bouleversements politiques que connaît le pays, un incident imprévu fait vaciller l’empire qu’il s’est construit en France.
Dans un Paris crépusculaire, au bord de la guerre civile, gangrené par les crimes et les trafics, l’insidieux poison des secrets de famille nourrit les rancœurs et les haines les plus tenaces. Alors quand entrent en scène l’amitié trahie, les amours impossibles, les ambitions démesurées… c’est le vent furieux des passions humaines qui se déchaîne; puis la violence s’installe, entraînant inexorablement les personnages de cette tragédie moderne vers un destin tragique.

Le Boss.

Requiem pour une République, Thomas Cantaloube, (Série noire) par Le Boss

Il est grand temps de faire le point sur les années noire de la naissance de la 5 ème, on y est encore.

Alors que bon, mais pas du bonheur, un sérieux retour aux sources ou au Styx, plutôt.

OAS, Mitterrand, Papon, le SAC, etc etc.

Quand il y a raison d’état, rien ne peut se superposer.

J’ai donc lu avec attention ce livre, d’un écrivain qui possède une belle plume, loin d’être ennuyeuse et qui, par le biais de trois acteurs, va nous raconter les arcanes du fondement de notre 5ème.

Trois personnages opposés par nature, un ex maquisard devenu truand, un jeune flic, un ex collabo.

Le tableau est posé. Nous sommes en pleine guerre froide, on crée l’indépendance de la France avec la bombe nucléaire et on décolonise… Un max de bordel à gérer donc.

Et oui, les trois perso, malgré leurs oppositions naturelles, vont devoir collaborer (ou pas, vous lirez).

On part d’un assassinat, pour revisiter les combles d’une 5 ème bien pourrie.

Bravo à l’auteur, pour tout, surtout ce ressenti pour les vioques comme moi, de personnages importants dont je me souviens, des figures, bref des figurants.

Le Boss.

 

 

 

Un monde trop petit, Jean-Christophe Perriau (Editions Inédits) par Le Boss

De l’art difficile de lire le livre d’un ami, Olivier peut vous en parler…

Le gros JC et moi, c’est une longue histoire depuis la création du site, c’est un membre à part entière, faisant des chros parfois.

Son livre, je l’avais déjà lu, il y a fort longtemps sur du papier A4. Quelle ne fut pas ma surprise de le trouver dans ma boite, un matin d’hiver, hum, poétique, n’est pas ?

Un livre fort sur les invisibles et les perdants, comme vous en avez rarement lu. Ecrit par un type qui s’y connait bien, en la matière, voyez son CV.

Rien ne nous sera épargné sur la vie des cités, des sdf, des «  »justes » » qui s’en occupent. Putain de sacerdoce, j’ai essayé une patrouille de nuit, j’ai pas pu….

L’écriture est belle, il y a l’intrigue qu’il faut pour avancer au milieu de tant de crasse et de bêtise humaine. Un bon petit noir, reflet des rebuts de la société qu’on trouve dans la rue, dans les hopitaux psy etc…

Certains trouveront peut être que c’est un peu trop manichéen mais dans la rue, c’est sans couleurs, noirs ou blancs, et parfois rouges.

A NE PAS LOUPER, POUR LA FORME, LE FOND ET POUR SOUTENIR DES AUTEURS BRILLANTS EDITES PAR DES INDEPENDANTS.

SO LONG.

Le Boss.

« Trois vies brisées : Franck, sans-abri ; Bouba, arraché enfant à son Afrique natale ; Matilda, victime de la désintégration de sa famille. Le premier noie son chagrin dans l’alcool ; le second plonge dans la délinquance ; la troisième reconstruit sa vie en la donnant aux autres.

Tout en remontant l’histoire de chacun, l’auteur chemine en chroniqueur dans la construction du drame, sur fond d’embrasement dans les cités. D’un personnage à l’autre, des liens se tissent, l’espoir renaît, promettant des jours meilleurs loin des quartiers en feu…
Mais dans ce monde trop petit, comment échapper à son passé ?Lauréat de nombreux concours de nouvelles, Jean-Christophe Perriau est né en 1968. Il a travaillé en Club de prévention et en Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile, avant de rejoindre le Samu social de Paris en 2002. Son premier roman, Un monde trop petit, inaugure la collection Inédits Noir. »

 

L’étoile du nord, D.B. John (Equinox, Les Arènes) par Le Boss

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Mis à part notre national Jean Luc Bizien, il n’y pas pas pléthore de polar se passant en Corée du nord, cela tombe bien bien ce n’en est pas un.

Alors ATTENTION DE NE PAS LIRE LA POST FACE OK !!!!!

On le dit, mais je me permets de vous le rappeler.

Plus c’est gros plus cela passe, cela doit être la devise des dictateurs coréens, l’auteur en a fait  sa devise pour le roman.

On notera un tournant dans la maison d’Aurélien Masson, ce livre diffère, enfin presque, reste le côté wild, des dernières productions. Beaucoup plus accessible que les autres, enfin jusqu’à la postface qui vous mettra en l’air

Bon, notre auteur va faire un tour dans ce pays, il en revient, merci, et il décide d’écrire un roman. Roman qui pourrait être porté à l’écran facilement.

Une bonne intrigue, un bon « thriller » avec espionnage, un one turn over page de qualité, mais pas que…

Je vais pas me casser et vous les casser  à vous faire un descriptif du scénario.

J’insisterai juste sur le fait que je n’avais pas envie de le lire, mais que finalement j’ai vite été pris. Si on ne décernera pas la plume d’or à l’écrivain, il y a un style qui va parfaitement au genre. Et c’est ce qu’on demande.

Après, sous couvert d’histoire d’espionnage, de personnes disparues, sur une histoire alambiquée, mais plus c’est gros plus ça passe, on découvre un pays qui au 21 ème siècle dépareille fortement..voire plus, crescendo. A se demander si tout cela est possible.

Quand la folie s’empare de dirigeants, avec une politique plus qu’efficace d’obéissance du peuple, on peut tout faire donc. Il en est de même avec les puissances étrangères, avec qui  le pays joue au poker.

Bienvenue donc dans ce pays, que n’auraient pas dénigré les nazis.

Très bon roman qui vous en apprendra plus que n’importe quel documentaire.

Mais attention ceci n’est peut être pas tout à fait un roman, certaines idées coréennes sont des armes de destruction massive.

Laissez votre cœur et vos idées préconçues sur la bonté humaine avant de lire.

Le Boss.

 

Le Pays des oubliés de Michael Farris Smith, Sonatine

Au pays de des désillusions et de « I’m in the mood » Michael est un roi. Le roi pour peindre des loosers.

Ces perdant merveilleux c’est avec art et humanité qu’ils nous les présentent et les fait vivre tout au long de ce récit.

Deuxième opus chez les oubliés de la vie, ou de la quinte flush à la naissance pas distribué.

On va  vite avec l’auteur, on ne tourne pas autour du pot, en bla bla ou conjoncture, tout s’enchaine rapidement entre les différents acteurs, du livre. Il n’est pas là pour faire pleurer dans les chaumières. Les héros ou zéros ne sont pas des causettes, ils se battent comme Jack pas par envie, juste pour vivre, avec juste un rêve à la clef. L’envie de vivre n’est pas au gout de ce livre, juste avance, le fameux marche ou crève.

Ne laissez pas les idiots ranger par caricature ce livre en « rural noir », c’est juste un bon roman sur les perdant merveilleux, écrit avec rage et force (cela se dit).

Ne passez pas à coté il n’y a pas que Bouysse et Lecorre en janvier.

Résumé :

Abandonné à la naissance, Jack est passé d’orphelinats en foyers, avant que Maryann, une lesbienne mise à l’écart par la bonne société de Louisiane, le prenne sous son aile. Aujourd’hui celle-ci vit ses derniers jours et sa propriété est menacée par les banques. Jack, qui veut à tout prix conserver cet héritage, doit trouver l’argent nécessaire. Mais, le corps cassé par une vie de combats, ravagé par de multiples addictions, il ne se sent plus la force d’avancer. D’autant plus qu’il doit aussi affronter Big Momma Sweet, qui règne sur cet empire du vice qu’est le delta du Mississippi.

Bambi, Zack III, Mons Kallentoft et Markus Lutteman (Série noire) par le Boss

Et de trois donc pour Zack et sa bande. A la fermeture du dit livre, je reste un peu couillon, je pensais que c’était une trilogie, bah non, il y en aura d’autres.

A travers les deux premiers, les auteurs ont laissé planer des mystères, au delà de la fin de l’histoire d’élucidation de meurtres, et bla bla bla, et donc là on continue, des portes s’ouvrent d’autres se ferment, mais il y a toujours un courant d’air. En gros va falloir attendre PUTAIN DE MERDE pour connaitre la Fin, si il y en a une. On peut se souvenir d’Adrian McKintty grand auteur, plus traduit, et on était resté en plein milieu d’une série, merci à l’éditeur que je nommerai pas c’est à dire Stocks, stock Option ?

Hum, sinon je suis un bon fan de cette série, série donc. Le premier etait violent, dur, et nous permettait de découvrir l’environnement de ce jeune flic comparé à Hercule. Donc de mémoire on devrait en avoir 12 ?

Le deuxième était encore plus fin, plus de plus, on avançait collé à la page et…

Et là, pan, ralentissement ou alors c’est moi qui en ai marre des tueurs en série, ok pour le 1, bien trouvé pour le deux, mais là le trois moins bien, pas le meilleur, la progression était pourtant bien entamée, et un et deux et plouf ^^ !

Que dire, c’est toujours aussi bien écrit, on est plus centré sur la vie de Zack, moins sur ses amis. La trame surement, un peu convenue, on retirerait cent pages on y gagnerait je pense. Les auteurs ont perdu cette force des deux premiers.

Je ne m’attarde pas plus, un bon moment c’est tout, on verra le 4ème  ? Ou pas ?

A peluche Zack !

Des adolescents, réunis sur une petite île pour fêter la Saint-Jean, sont retrouvés massacrés au petit matin. Les premières conclusions, aussi étranges que terrifiantes, ne se font pas attendre :  ils se sont entretués d’une manière sauvage, mais de toute évidence sans qu’il y ait de lutte. Il s’avère qu’ils étaient sous l’emprise d’une nouvelle drogue de synthèse hallucinogène. Personne à Stockholm ne semble savoir qui fabrique cette substance, surnommée Bambi . Ses effets meurtriers sont-ils voulus  ? Et lorsque d’autres jeunes se mutilent et se tuent dans un délire entre extase mystique et pulsion irrésistible de sacrifice, une autre question se pose :  les victimes sontelles ciblées  ? Pour l’inspecteur Zack Herry, il faut de toute urgence mettre fin au carnage. Libéré de ses addictions et vivant un amour apaisé avec sa fiancée, il ne se doute pas que cette nouvelle enquête va bouleverser sa vie et le pousser aux portes de la folie.Des adolescents, réunis sur une petite île pour fêter la Saint-Jean, sont retrouvés massacrés au petit matin. Les premières conclusions, aussi étranges que terrifiantes, ne se font pas attendre :  ils se sont entretués d’une manière sauvage, mais de toute évidence sans qu’il y ait de lutte. Il s’avère qu’ils étaient sous l’emprise d’une nouvelle drogue de synthèse hallucinogène. Personne à Stockholm ne semble savoir qui fabrique cette substance, surnommée Bambi . Ses effets meurtriers sont-ils voulus  ? Et lorsque d’autres jeunes se mutilent et se tuent dans un délire entre extase mystique et pulsion irrésistible de sacrifice, une autre question se pose :  les victimes sontelles ciblées  ? Pour l’inspecteur Zack Herry, il faut de toute urgence mettre fin au carnage. Libéré de ses addictions et vivant un amour apaisé avec sa fiancée, il ne se doute pas que cette nouvelle enquête va bouleverser sa vie et le pousser aux portes de la folie.

Né d’aucune femme, Franck Bouysse (La manufacture de livres) par Aurélie (parution janvier 2019)

Résultat de recherche d'images pour "né d'aucune femme"Tout commence comme dans un conte, un conte bien loin des adaptations de Disney, proche des originaux du genre, avec pauvreté, ruse, cruauté et violence à souhait. La construction est splendide, l’auteur se jouant du lecteur qui pense très vite deviner comment les choses se mettent en place…
Les lecteurs qui suivent Franck Bouysse depuis ses débuts retrouveront tous les ingrédients qui font de ses livres des romans noir d’une sensibilité extrême. Je décèle pourtant dans celui-ci un petit truc en plus qui me fait le placer au-dessus des trois précédents. Il atteint une beauté telle dans l’écriture qu’elle m’a happée dès la ère page, impossible de stopper ma lecture, comme si mon destin était lié à celui de Rose.
C’est une lecture d’autant plus belle pour moi que j’étais passée complètement à côté de son précédent roman Glaise après avoir adoré ses premiers. Mais il en va ainsi en littérature, quand on est lié à une plume, on la suit quoi qu’il arrive et on sait que l’œuvre en cours nous réserve encore bien des surprises.
Bravo à Franck Bouysse et à La Manufacture de livres, grande découvreuse de talents !