Né d’aucune femme, Franck Bouysse (La manufacture de livres) par Aurélie (parution janvier 2019)

Résultat de recherche d'images pour "né d'aucune femme"Tout commence comme dans un conte, un conte bien loin des adaptations de Disney, proche des originaux du genre, avec pauvreté, ruse, cruauté et violence à souhait. La construction est splendide, l’auteur se jouant du lecteur qui pense très vite deviner comment les choses se mettent en place…
Les lecteurs qui suivent Franck Bouysse depuis ses débuts retrouveront tous les ingrédients qui font de ses livres des romans noir d’une sensibilité extrême. Je décèle pourtant dans celui-ci un petit truc en plus qui me fait le placer au-dessus des trois précédents. Il atteint une beauté telle dans l’écriture qu’elle m’a happée dès la ère page, impossible de stopper ma lecture, comme si mon destin était lié à celui de Rose.
C’est une lecture d’autant plus belle pour moi que j’étais passée complètement à côté de son précédent roman Glaise après avoir adoré ses premiers. Mais il en va ainsi en littérature, quand on est lié à une plume, on la suit quoi qu’il arrive et on sait que l’œuvre en cours nous réserve encore bien des surprises.
Bravo à Franck Bouysse et à La Manufacture de livres, grande découvreuse de talents !

Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu (Actes Sud) par Aurélie

Résultat de recherche d'images pour "nicolas mathieu leurs enfants après eux"Hacine, Steph, Anthony sont tous trois adolescents quand on fait leur connaissance au tout début du roman. L’été 92 s’étire dans une chaleur lourde, ils rêvent d’une vie bien différente que celle qu’ont vécue leurs parents, rêvent de quitter Heillange, cette petite ville moribonde où rien ne semble coller à leurs aspirations. Trois contextes familaux et des orgines sociales très différentes mais finalement une même envie d’ailleurs.

Eté 92 puis 94, 96 et enfin 98. Ils traversent l’adolescence et semblent hésiter à basculer dans l’âge adulte où les attend peut-être la « petite vie » tant redoutée. On a envie de les encourager, de les pousser à déployer leurs ailes tout en ayant suffisamment de recul, nous adultes, pour savoir que les chamboulements de l’adolescence ne nous emmènent pas toujours là où on l’aurait souhaité…

Mention spéciale pour le personnage d’Anthony qui est mon préféré, particulièrement touchant. Un garçon très sensible qui grandit avec des parents qui traînent de belles casseroles et dont on ne peut qu’imaginer le destin dans un contexte différent. A travers lui, l’auteur nous livre aussi quelques-unes des scènes érotiques les plus réussies que j’aie pu lire.

Portrait à la loupe d’une région sinistrée, d’une génération qui en est issue. Violence, dépendance mais aussi amitié et sensualité. Un très grand livre que je voyais bien revêtir dès ma lecture en juillet un ou deux beaux bandeaux rouges. Une fois n’est pas coutume, le jury Goncourt a fait des merveilles !

Les Diables de Cardona de Matthew Carr, Sonatine par Le Boss

Et bien en voilà un roman politico historique d’aventures qui vaut le coup. Plus qu’un coup, comme dirait un ami, bref….

C’est avec avidité que je me suis enfilé ce pavé. J’ai dévoré l’érudition de l’auteur et l’humanisme qu’il partage tout au long des pages. Le bon sens, la tolérance, à une époque ou comme la nôtre, voire en un peu pire, cf l’Inquisition. Effectivement à une époque comme celle-ci  il est vrai qu’évoquer l’homosexualité, les différentes croyances, l’immigration… Ha merde je me relis mais merde, mais mais mais c’est comme maintenant !

C’est avec habileté donc que notre écrivain nous emmène dans une Espagne déchirée, en proie à ses démons de l’époque. Pour se situer, le roi de la poule au pot n’est pas encore roi et n’a pas de panache blanc,  Ravaillac est né, etc, ce qui ne nous empêchera pas de le rencontrer dans cette histoire …

A travers une trame mêlant sorcellerie, histoire de meurtres, amour interdit, etc, on tient un bon pavé d’un grand roman d’aventures où ce mot prend tout son sens, avec un regard sociétal pas tendre, sur l’époque concomitante avec la nôtre…

L’histoire ne servirait elle à rien ?

Espagne, XVIe siècle : un mystérieux tueur musulman s’en prend à l’Église catholique.
1584. Le prêtre de Belamar de la Sierra, un petit village d’Aragon à la frontière avec la France, est assassiné, son église profanée. Sur les murs : des inscriptions en arabe. Est-ce l’œuvre de celui qui se fait appeler le Rédempteur, dont tout le monde ignore l’identité, et qui a promis l’extermination de tous les chrétiens, avec la même violence que celle exercée sur les musulmans ? La plupart des habitants de la région sont en effet des morisques, convertis de force au catholicisme, et qui pratiquent encore l’islam en secret.
À la veille d’une visite royale, Bernardo de Mendoza, magistrat à Valladolid, soldat et humaniste, issu d’une famille juive, est chargé de l’enquête.

Traduit par Claro.

 

 

Allez tous vous faire foutre, Aidan Truhen, Sonatine par Le Boss

Allez tous vous faire foutreFabrice POINTEAU (Traducteur), excellent traducteur par ailleurs,

 

Allez soit, si on essayait de placer ce livre dans un rayon de librairie, on aurait un peu de mal, entre David Ellis et Anonyme au pire des cas, et non pas au meilleur. Dans le style non sense, barré, là on a un drôle de zigoto, et l’auteur et son héros.

Rien que la phrase d’intro est excellente, en gros, comment mes ami es mettent autant de temps pour ne pas se rendre compte que je suis un connard et même encore. Un mantra, comme le nom du livre, à répéter tous les jours, un peu d’individualisme et d’égoïsme ne nuit pas.

Ecrit à la première personne, Jack Price va nous dévoiler sa vie, une routine, juste un putain de businessman de plus, à le lire on l’inviterait presque à l’anniversaire d’un de nos gosses reste que c’est un putain de dealer. Mais pas de bas niveau, après le café, Jack s’est mis à la coke avec une grande réussite.

Sa vie est pépère il gère son entreprise en bon père de famille, jusqu’au jour, où une de ses voisines est tuée. Et cela le dérange, car cela dérange son job, et alors qu’il veut juste comprendre pourquoi sa voisine a été tuée, il se prend une putain de rouste en essayant d’enquêter.

Alors là, fallait pas le toucher, parce qu’en plus il n’en a rien à foutre….Vous avez beau lui dire que les 7 plus grand assassins du monde ont un contrat sur lui, il s’en bat les couilles…pour notre plus grand plaisir. Jack va nous faire comme un burn out, et ils vont le payer grave.

C’est avec maestro que nous allons rentrer dans cette histoire, aux situations les plus folles et cocasses.

De l’action totalement débridée, des réflexions éparses, surgissant du cerveau malade de Jack et de son coach l’écrivain, c’est un des livres les plus jouissifs qu’il m’ait été donner de lire depuis un bout de temps.

Mais suis je bien normal de rire aux éclats suivant les turpitudes de Jack ou du bordel qu’il fout ? Cela, c’est à vous de le découvrir.

Un grand moment de bonheur dans ce monde triste, à ne pas manquer, mais les gens coincés peuvent passer leur chemin, les manichéens aussi, et , et et

Atchoummmmmmmmmmmm !!!

Le Boss.

 

 

 

Le poids du monde, David Joy, éditions Sonatine, par Le Boss.

C’est son deuxième  livre traduit, impasse sur le précédent, je découvre donc, tout en sachant que le premier avait fait un certain buzz.

Alors, play,  4 ème de couv qui donne l’impression qu’on a bien tous les éléments d’une tragédie courante dans le rural noir américain.

 

Alors, on a :

1  – Le lieu, trou du cul du monde

2  – Retour de guerre, jeunesse en péril

3  – Le niveau sociétal exigé

4 – Armes, drogues, fait divers et d’été

etc etc …

Mais, si on sort de ce carcan infligé depuis 3 ou 4 ans par la mode polardesque, on peut dire que David Joy fait partie des 1 % qu’on peut et se doit de lire. Ne voyez aucun rapprochement avec certains motards….

J’entends et je vois des gens qui commencent à se lever pour partir, restez assis, on va répondre à votre Pourquoi  tonitruant ….

Ou pas ?

Soit, ce mec a quelque chose de plus que les autres, une sorte de don qui lui permet d’écrire du très bon à partir d’une trame mille et une fois revue par le cinéma ou les livres. Ce talent de la description des personnages, de leurs âmes, et du fameux « nature writing », s’il existe. Il a l’art et la manière aussi de compliquer un banal scénario, en une ode à la lumière inexistante dans les Appalaches décrits. Paradoxale, il est vrai, que cette phrase suscitée, mais qui s’explique par une lueur intérieure que David Joy fait apparaitre avec ses personnages si consistants. Vous êtes encore là ? Moi j’ai failli me perdre.

Plussoyons sur cette qualité d’écriture sur les êtres et ce qui les relie dans ce livre. Ces enfances perdues, cette société à la dérive lâchée par toutes et tous. Réjouissons nous de leurs malheurs, de leur pauvreté, de leurs faiblesses, ils nous ressemblent tant, car on a droit à un très bon livre.

Ainsi soit il…

Résumé :
Après avoir quitté l’armée et l’horreur des champs de bataille du Moyen-Orient, Thad Broom revient dans son village natal des Appalaches. N’ayant nulle part où aller, il s’installe dans sa vieille caravane près de la maison de sa mère, April, qui lutte elle aussi contre de vieux démons. Là, il renoue avec son meilleur ami, Aiden McCall. Après la mort accidentelle de leur dealer, Thad et Aiden se retrouvent soudain avec une quantité de drogue et d’argent inespérée. Cadeau de Dieu ou du diable ?
Traduit par Fabrice Pointeau.

 

Le Boss.

 

Les féroces, Jedidiah Ayres, Les Arènes, Equinox

Résultat de recherche d'images pour "les feroces jedidiah ayrees equinox les arenes"En découvrant les livres d’Equinox, de plus en plus,je comprends le pourquoi du départ d’Aurélien Masson de Gallimard. Du moins  au niveau édition, il aurait été impossible de faire cette collection dans son ancien boulot c’est à dire chez ……………………………………, j’entends rien QUOI ?

Il fallait un nouveau départ pour ce genre de livres qui sortent de l’ordinaire. Au départ pas grand fan des couvertures, je commence à m’y faire.

Alors dans le style ovni littéraire après l’excellent Requiem pour Miranda de Sylvain Kermici, voilà un autre auteur qui, dans la même lignée, sort un livre dérangeant, sur la forme surtout, le fond étant aussi macabre qu’un croque mort ne puisse l’espérer.

Livre pour public averti, déconcertant par la forme et le fond. Les pages se succèdent, les personnages aussi, les histoires, des histoires, et d’un coup éclat de soleil dans la tête, on pose livre sonné, ding dong, et c’est pas le facteur. Ou bien un facteur X que détient l’auteur au nom imprononçable.

Bref j’ai pris mon pied, les deux, même si j’avoue avoir eu grand mal à situer où on allait, pauvre lecteur que je suis. L’auteur doit être fou comme deux ânes, mais putain il est excellent ….chuttttttttttt

Maintenant que je vois ce bandeau sur la couverture, je vois mieux.

NE LAISSEZ PAS CET AUTEUR ÉCRIRE DES HISTOIRES D AMOUR PUTAIN !!

Une histoire d’A. composée de tueries, de sang, comme un western mélangeant le gore, la beauté du paysage, la fatigue par le soleil, et les coyotes qui bouffent les cadavres. Tout cela pour  finir en une éjaculation  mâtinée de sang, car le livre est court mais intense mais raide et rêche comme l’écriture, ou comme un vieux fion. Oups…..

Yes, dégueu, gore, mais beau, comme cette chro.

Bon panard !

Le Boss.

 

 

L’éternité n’est pas pour nous, Patrick Delperdange, Equinox, Les Arènes

Le premier qui parle de noir rural se prendra une baffe !!!

L'Éternité n'est pas pour nous

L’auteur continue juste de visiter et de raconter la vie des laissés pour compte. Les sans dents, les marginaux, etc, ceux que la société casse et classe, hors d’elle. Voyez vous donc, on va partager un moment de vie, d’une prostituée, de sa fille, d’un amateur de bière, d’un manchot, de son frère un peu illuminé, juste différent. En face, on a le commun des connards, des notables proches des poujadistes à souhait branchés sur Tf1 en continu, et une famille très haut placée, et des merdiers qui les accompagnent.

Par une destinée non radieuse, ni bienveillante, ces pauvres hères ( ces sont des humains) vont se retrouver confrontés à la lie de la lie de la bêtise humaine, et du pognon qui ouvre toutes les portes, Saint Pierre méfie toi….

Dans une sorte de méli- mélo tragique, nous allons passer un sale moment chers lecteur et lectrice. Nous allons côtoyer la rage, l’impuissance, et tant d’autres sentiments qui ne laisseraient de marbre que les cons ambiants. L’auteur connait  son boulot d’écrivain, sur le bout des doigts. Dans cette folie furieuse, nous serons surpris à chaque page et surtout à la fin des chapitres, cela va vite très vite, pas le temps de se reposer, le livre tient sur 48 ou 72 h de vies sacrifiées.

J’ai eu le plaisir de faire un entretien sur le livre « Si tous les dieux nous  abandonnent » à la Série Noire que j’avais beaucoup aimé, je me souviens d’un entretien intéressant. Maintenant l’auteur a franchi une ligne, un cap. C’est plus dur plus serré que le livre suscité, et beaucoup plus profond. Un auteur qu’on suivra toujours en achetant les yeux fermés, en liquide sinon pour la cb t’es mort…

On remercie Aurélien Masson, l’auteur qui l’a suivi. Quoi d’autre ?

¨Prenez un shoot de vrai vie, que vous trouverez ni dans le canard local, ni sur votre putain de télé !!! de merde

C’est malheureusement la vraie vie de certains, la vie que nous raconte l’auteur, en lisant pensez y, c’est juste  certains humains de passage sur terre comme un chacun, qui n’ont pas eu le carré d’as ni un brelan quand on a redistribué depuis la nuit des temps. Bonne rage !!!

Ps : si tous les dieux nous abandonnent, l’éternité n’est pas nous, la suite ????

Le Boss.

 

Évasion, Benjamin Whitmer (Gallmeister) traduction Jacques Mailhos

Un auteur suivi dès le départ avec Pike, rencontré au Quais du polar, alors qu’il n’y avait pas grand monde à sa table. Maintenant, je pense qu’il y en aura plus.

J’ai pas lu la préface, bof…

Soit,  cet auteur me fait grand peur, car avec trois livres son talent s’épanouit de plus en plus, et dès  le départ « Pike », c’était déjà du grand roman, ni noir , ni blanc, aucune couleur, juste de la grande littérature américaine. Il va finir par se planter je pense ^^.

La trame est évidemment du « déjà vu » mais le traitement non, avec cette écriture qui ne fait que  » s’améliorer » si on peut dire ainsi. Cette manière de décrire l’humain et la nature dans un contexte de froideur et je ne parle pas que de la météo.

C’est l’histoire de prisonniers qui s’évadent avec course poursuite dans les bois par grand froid. Ok, mais avec de courts chapitres et laissant « parler » chaque protagonistes avec des flashbacks laissant planer le mystère de « comment on en est arriver là ». Sinon c’est rapide, les gens partent reviennent dans le récit ou pas. On a aussi la description d’une ville dont le capitaine d’industrie n’est que le directeur de la prison pourvoyeur d’emploi, vous voyez le bronx ?

Je ne sais pas si c’est la quintessence du noir, mais par contre ce qui est sur, c’est que cet auteur fait partie d’une génération qui fait perdurer le roman américain tout en apportant une touche innovatrice.

Un clin d’œil à Yann Leray, qui n’avait pas vu la forme subtile qu’est la fin !!!

Oui, une fin comme on en lit rarement pas tant sur le fond qui est pourtant touché mais la forme, impossible de vous le raconter, attendez vous juste à un sublime moment de lecture, une fin jouissive,  ce qui parfois arrive, enfin à mon âge… Ok je sors !

1968. Le soir du Réveillon, douze détenus s’évadent de la prison d’Old Lonesome, autour de laquelle vit toute une petite ville du Colorado encerclée par les montagnes Rocheuses. L’évènement secoue ses habitants, et une véritable machine de guerre se met en branle afin de ramener les prisonniers… morts ou vifs. À leurs trousses, se lancent les gardes de la prison et un traqueur hors pair, les journalistes locaux soucieux d’en tirer une bonne histoire, mais aussi une trafiquante d’herbe décidée à retrouver son cousin avant les flics… De leur côté, les évadés, séparés, suivent des pistes différentes en pleine nuit et sous un blizzard impitoyable. Très vite, une onde de violence incontrôlable se propage sur leur chemin. Avec ce troisième roman impressionnant, Benjamin Whitmer s’impose comme un nouveau maître du roman noir américain.

Requiem pour Miranda, Sylvain Kermici (Equinox – les Arènes)

Pas beaucoup lu ou vu grand chose, sur ce livre de septembre, et pourtant…  Aurélien Masson continue son chemin chez Equinox, avec l’auteur suscité. Après un terrible et inclassable Hors la nuit de S.Kermici, il en est  de même pour Requiem pour Miranda. Si la trame vous parait convenue, attention le traitement est hors normes.

Elle se décompose en deux parties, victime et bourreaux .  Une manière d’appréhender les actes, pour essayer de les comprendre et surtout, surtout réaliser l’horreur de la situation. On commence par incompréhension de la victime, le déroulement des faits, puis son questionnement. Déclencher l’affect chez le lecteur, l’interpeller, la lame entre les côtes pas loin du cœur. Et cela fonctionne bien, très bien.

Après il y a donc « les brutes », et nous allons aussi rentrer dans leur cerveau, regarder à leur place, essayer de comprendre ce qu’il y a dedans. C’est aussi parfaitement maîtrisé.

Dans ce récit, la 4ème de couv ressemble à un fait divers d’un canard local. mais accordez donc à ce récit assez court (et heureusement je ne pense pas que cela fonctionnerait sur plus de pages) le mérite qu’il a. Il a une certaine clarté dans l’horreur, une forme de beauté, d’autre parleront de nihilisme,  il y en a mais aussi autre chose  d’assez imperceptible.

Après deux livres pour moi, je continuerai à plonger dans l’univers de cet écrivain hors classe, et j’essayerai de trouver ce truc imperceptible, promis.

Véritablement « âmes sensibles s’abstenir », comme certains qui votent…^^. On  se rapproche de l’horrible Irish Stew de  J. P. . Bastid qui reste un monument.

Résumé :

« Il essaie de se souvenir des jours précédents, des autres proies, de leurs visages vidés par l’imminence de la mort, de leur odeur, leur odeur de lait et de méthane, de leur tétanie.

Rien n’émerge. Jamais. Et c’est bien pourquoi il va recommencer… »

Un huis clos tragique, entre les bourreaux et la victime, où chacun finit par vaciller. Un texte vertigineux, qui hante les lecteurs longtemps après avoir été lu.

Empire des chimères, Antoine Chainas, Série noire, Gallimard

Antoine Chainas est toujours là ou on ne l’attend pas, phrase paradoxale, qui va à merveille avec sa bibliographie. Aucun de ses livres ne se ressemble, trame et forme, sauf peut être le fond et une vue sociétale éclairée . En omettant de petits écrits, cela fait quand même 5 ans depuis « Pur « que l’auteur n’avait pas  publié de roman. Par contre il n’a pas chômé, il s’est mis à la traduction de romans anglo-saxons pour Gallimard et J C Lattès.

Tout cela suscité pour en arriver où ?

Ah oui,  sa dernière publication, qui symbolise la parfaite maitrise du roman noir sociétal et qui laisse présager ce que deviendra la ou le noir dans une paire d’année. Comme d’autres, mais peu, on les compte sur 3 doigts d’un manchot, « running gag à chier, je sais ».

Antoine Chainas est un précurseur, ou je ne sais quel mot. Il remue les codes du noir avec brio pour en faire du nouveau, comme disait Lavoisier ?

Et bien NON il crée,  Monsieur crée et avance, et fait avancer le roman noir, oui rien que cela.

Alors, attention  il va falloir être concentré, et réveillé pour ce livre et avoir cette envie de découvrir un des meilleurs romans noirs français depuis longtemps.

Avec une construction littéraire débutante et détonante, le livre vous prend assez vite, plus envie de le lâcher même pour aller aux toilettes, ce qui est peut être gênant ….

Sur plus de 600 pages, ce livre apporte de la nouveauté, et un plaisir intense de lecture, rarement lu, ou bu si vous comparez Antoine avec du café, ^^

Je rappellerai juste que ce roman est d’une intensité extrême et qu’ à la fin quand toutes les pièces s’imbriquent, vous refermez le livre et vous restez comme un con….et là, bah, comme pour « Alain Claret », transformation en statue.

Pour en savoir plus, car il est impossible d’en dire plus sans spoiler,

allez sur les liens ci dessous

 

EMPIRE DES CHIMÈRES d’ Antoine Chainas / Série Noire.

avec en sus un entretien

Entretien avec Antoine Chainas / Empire des chimères / SN.