Morts, Philippe Tessier (Editions Leha), par Le Corbac

Les Monthy Python incarné en un bon français bien de chez nous.Un humour exacerbé et tout en finesse. Une fin du monde grinçante comme une craie sur un tableau noir.Des squelettes à tire-larigot et ce brave Joseph, seul embaumé au milieu de ce charivari osseux.Joseph est mort…Et se « réveille » entouré d’une foule de squelettes parlant, tout en os et à la pilosité frappante ou au charme suranné de leur mort. Entre les figures célèbres ( Le Grand Charles, Winston C et son accent désuet, Léonard de V, Alexandre S, Albert E, Abraham L ou Emile Z et tant d’autres) et les images imaginaires issues de nos esprits (la Mort et ses 3 comparses, un Juif errant…) Joseph va avoir fort à faire quand la Grande Faucheuse va lui imposer de repeupler une Terre dévastée et sur laquelle ne réside plus un être vivant tout en se fendant d’un swing exceptionnel.Vous l’aurez compris, avec Philippe Tessier, Neil Gaiman, Terry Pratchett et S.G Brown n ‘ont qu’à bien se tenir et ne pas roter à table.Ben oui; le Frenchie il nous a pondu une splendide œuvre morbide, pleine d’humour et de cynisme à coté de laquelle le monde du Fleuve de Farmer est juste un chouette roman d’aventures. Parce que Tessier il va plus loin et plus profond et ne se contente pas de nous faire vivre une joyeuse épopée parsemée d’épiques combats et d’une mystique quête(il n’y a rien de cela dans son roman). Non Philippe Tessier il nous raconte la création du Monde, mais par n’importe lequel: le Nouveau. Celui utopiste que chacun voudrait bâtir à l’aune de ce qu’il espère, de ce qu’il attend: le monde des Bisounours, celui où l’on obtient ce que l’on veut, celui où tout un chacun œuvre pour tous, celui où tous seront heureux et connaitront la félicité divine.Morts en fait c’est une tentative vouée à l’échec d’une reconstruction de notre monde, un peu comme Daren Aronowsky l’a fait avec son Noé, parce que quoi quoiqu’il arrive, chassez le naturel et il revient au galop.Malgré son humour et son joyeux délire bordéliquement organisé, l’auteur, sous prétexte d’humour osseux, nous offre une bien triste vision de ce que nous sommes.La course à l’évolution, la course à la réussite, la course à…la course à quoi en fait? C’est Charles D qui manque dans dans ce roman parce qu’en fait même s’il s’agit d’évolution on est plutôt en pleine révolution.Point de démocratie ici comme le dit le Grand Charles parce que cela mènerait à l’anarchie. Chacun en fait décide de ce qu il veut de ce qu il a l intention de construire ou créer sans tenir compte de son voisin. Sous couvert de ce récit squelettique, Philippe Tessier nous dresse un portrait peut amène de l espèce humaine, formatée et refermée sur elle-même,  ne pensant qu’au bénéfice qu elle pourra en tirer individuellement. Parce qu au final, l’homme est mort, Vive l’homme.Rien de neuf au final dans la sombre histoire de l’humanité si ce n est….Philippe Tessier qui fait jouer au golf la Mort…Allez le Corbac se refait un 18 trous….

Le Corbac.

Ce que la mort nous laisse, Jordi Ledesma – Traduction Margot Ngyuien Béraud- (Asphalte Editions) par le Corbac

« C’est un beau roman, c’est une belle histoire… »
« Ta gueule ! D’abord tu chantes faux et puis je ne vois pas le rapport. Après tu vas nous chanter Herbert Léonard et pour le plaisir ? »
« Non je pensais plutôt à Joe Dassin et son Salut comment ça va ou alors son A Toi… »
« Ouais ben arrête de penser tu vas déglinguer ce bouquin ! »
« Ah bon ? Pourquoi ? Parce que mes références ne te plaisent pas ? Tu préférerais quoi ? Que je le compare au sensuel Hôtel California repris par les Gipsy King ? Au Bang Bang de Parabellum ? Au Cancion Del Mariachi de Banderas ? Au Dance Snake de Salma Hayek ? Au People are Strange des Doors ou à l’Everybody knows de Léonard Cohen ? »
« … »
« Ah ben voilà ! Là c’est toi qui la ferme… enfin ! Parce que t’as rien compris en fait mon chouchou. Ce que la mort nous laisse, c’est tout ça en même temps. C’est beau comme les larmes d’une statue dans une église qui coule, c’est beau comme Corto Maltesse qui parle des femmes, c’est beau comme du Baudelaire et du Simenon réuni… Quoi tu ne vois pas le rapport ?… Mais t’es trop con ou bien ? »
« Ben je vais dire ou bien ??? »
« C’est bien ce que je pensais ; tu l’as même pas lu en fait ? Ben t’es bien con. Ok tu t’attendais probablement à un défouraillage en règle, à des volées de plombs à chaque page, du sang et du sexe ? Normal tu t’es dit les hispanos, ils ont le sang chaud, sauf que voilà… T’as rien compris en fait. Parce ce que Ce que La Mort Nous Laisse c’est pas une tragédie sanglante, ni un nébuleux polar mais un putain de drame ! Ce bouquin c’est un grand poème en prose sur la Vie et l’Amour, sur les choix de l’Existence, sur les chemins que chacun prend en ce qu’il croit être son âme et conscience alors qu’en fait il est manipulé par son éducation, son milieu, le regard des autres, ses échecs et ses doutes personnels. Tu vois que t’as rien saisi de l’essence même de ce bouquin ! Parce que Jordi Ledesma il t’as écrit un bouquin qu’on dirait un Tango, voire un Flamenco. C’est plein d’émotions et de sentiments qu’on dirait presque une version moderne de Carmen. C’est tellement beau que tes yeux ils verseraient presque des larmes de sang, que ta gorge elle se nouerait, que ton estomac il se tordrait ; ce qui n’empêcherait ni tes doigts ni tes pieds de taper le rythme, ton cœur de battre à l’unisson de cette violence estivale, plombée par le soleil espagnol, par les éructations érotiques de cet été, par les trafics de ces petits branleurs de bourgeois arrivés et arrivistes sous prétexte qu’ils sont les fils de ou qu’ils ont réussi à se dresser au-dessus de la masse des pauvres hères qui hantent ce petit port (et quand je dis se dresser, faut pas oublier que l’argent leur donne, à certain, le droit et l’impunité de se prendre pour des prédateurs sexuels, ou des sex-symbols des bacs à sable, le temps d’un instant, le temps d’un été.) Oui, mon ami, y a tout ça dans ce sublime récit mais pas que… »
«… »
« Ah ah ah, je t’ai scotché ? T’es englué comme une mouche dans la glu collante de ce truc tire-bouchonné qui pend du plafond, comme l’insecte minuscule pris au piège de l’araignée ou le pov piti lapin coincé dans son collet ? Normal, c’est ça que tu vas ressentir en lisant Jordi Lesesma et plus encore ! Tu vas revivre cet été de ton adolescence durant lequel tout a changé, celui qui t’as ouvert les yeux, où tu as perdu ta candeur et ouvert les yeux sur la vraie vie. Fini les fanfaronnades à deux balles, les récits inventés pour te faire mousser auprès de tes potes dès la rentrée arrivée : cet été- là t’as appris la vie. Parce que cet été- là t’as rencontré l’Amour et la Mort, la Haine et l’Envie, la Turpitude et la Jalousie, la Colère et la Violence, le Mensonge et la Manipulation, la Tristesse et le Remord, le Regret et la Beauté. Tu as baisé, bu, bouffé, menti, voler, trahi, trompé et été trahi et trompé ; tu as changé sous la force des événements engendrés par d’autres, tu as ouvert la boîte d’une Pandore mesquine qui t’as promis ce que tu n’aurais jamais et fait miroiter des mirages loin de ta condition, te laissant croire durant quelques semaines qu’ils pourraient être tien… Et j’en passe. Y a toutes ces rencontres et toutes ces violentes découvertes dans ce magnifique roman. Celui de la désillusion, celui de la mélancolie, du temps passé et des rêves oubliés.
Alors maintenant moi je vais te laisser t’y plonger, dans cette mer houleuse et souvent fangeuse qu’est notre vie et je vais continuer à me battre pour vivre… Parce que tant que t’es pas crevé, il reste un espoir ! »

Trouble Passager, David Coulon (French Pulp), par Le Corbac

Y a pas à dire, le David Coulon il sait s’y prendre (ou nous prendre par les tripes ou à la gorge) pour nous plonger dans les couloirs tortueux de la bestialité humaines, nous promener dans les pièces obscures recelant les vices et travers de l’Homme.
J’ai lu chacun des livres de ce sombre individu au sourire éblouissant. J’ai adoré Le Village des Ténèbres (Nouveaux Auteurs) et Dernière Fenêtre sur l’Aurore (Hélios), un peu moins Je serai le Dernier Homme (Edition Lajouanie) et là… ben je classerais ce Trouble passager entre le Village et Dernière Fenêtre
Je n’y retrouve pas ce côté cinéma fantastique espagnol qui m’avait charmé dans le Village mais j’y retrouve par contre toute la noirceur, cette ambiance pesante et cette noirceur dans la bassesse humaine qu’il y avait dans la Dernière fenêtre.
Trouble passager est comme l’eau de cette rivière trouvée au détour d’un bosquet, au bout d’un chemin de forêt ou au milieu du Larzac en pleine chaleur estivale. Elle est transparente, elle semble si fraîche et te promets repos et bien être. Alors tu poses tes petites affaires, tu ôtes tes pompes, tes chaussettes, remontes ton bas de pantalon jusqu’aux genoux et tu t’avances. D’abord elle est fraîche cette rivière, elle te fait du bien et te détend. Puis, petit à petit, l’eau se trouble, tu ne sais plus trop sur quoi tu marches. Le contact avec ta voute plantaire est étrange, tu hésites entre l’agréable et le dérangeant. L’eau se trouble quand tu commences à remuer la vase et que l’eau se trouble… Au bout d’un instant tu ne vois plus rien, tu n’es plus certain de tes sensations, oscillant entre répulsion et dégoût, inquiétude et panique.
Trouble Passager c’est tout pareil.
David Coulon t’emmène sur son petit Gr à lui, balisé comme il faut. Toi t’as tout ton équipement du parfait lecteur, fort de tous ces livres que t’as lu et très vite tu te dis que tu connais le sentier, que tu sais où il t’emmène.
Et t’as raison! Après avoir crapahuté facilement (limite t’aurais même pu faire le chemin au petit trop voire en courant avec un sac de fonte) t’arrives là où c’était prévu. Le petit ruisseau est là et il t’attend…alors tu rentres dedans et là…c’est comme dis plus haut. C’est pas du tout ce à quoi tu t’attends et pourtant c’est totalement identique à ce que tu attendais mais il y a un truc.
Y a un truc qui colle pas, y a quelque chose qui te perturbe, qui se faufile entre tes doigts de pieds, te mettant mal à l’aise, te déroutant petit à petit. Et ça remonte sur tes chevilles, ça t’agrippe les mots et tu glisses, tu chutes et te retrouves la tête sous l’eau. Complètement paumé, sans savoir où se trouve la surface, tout n’est plus qu’obscurité et t’as beau essayer de respirer tu ne bouffes que de la vase et de l’eau boueuse…
C’est exactement ce qu’il va t’arriver à la lecture du dernier roman de David Coulon. Ton Trouble ne sera pas passager (et si tu le prenais en stop tu aurais un passager bien trouble) bien au contraire. Il va te faire prendre des vessies pour des lanternes, te faire croire que les loups sont dans la bergerie, te faire suivre des sentiers faussement balisés, t’emmener exactement à l’endroit qu’il a choisi et quand il l’aura décidé. Il va te noyer dans sa boue glauque, tu vas sentir la vase malsaine s’emparer de toi pour finalement finir totalement asphyxié devant tant d’horreur.
David Coulon est un chef dans l’art du faux-semblant et de la manipulation. Son récit qui semblait si banal ou classique n’est qu’une succession de fausses pistes et de révélations toutes plus obscènes les unes que les autres. Il sait ménager l’angoisse et dresser son suspense à monter progressivement sans effet gore ou hectolitres de sang. Et pourtant son roman est un récit d’horreur. Une histoire à faire trembler et frissonner, à faire peur. Une aventure dans ce qu’il peut y avoir de plus malsain, vicieux, pervers et obscène chez l’être humain. Le Corbac s’est fait douloureusement manipuler mais il en redemande …

Le Corbac.

La crête des Damnés, Joe Meno (Agullo), par Le Corbac

Moi j’aimais bien sa poésie à Joe, son sens du mot et sa rythmique, son récit entre onirisme et réalisme, sa délicatesse et sa sensibilité qui apparaissaient entre les lignes, au détour d’une virgule ou au final d’un point. Véritable artiste des mots, Joe Meno a su conquérir mon cœur avec ses deux premiers opus (Le Blues de la Harpie, Prodiges et Miracles, tous deux chez Agullo- virement de mes 10 % en attente- qui étaient excellents) ; bref Le Corbac avait hâte de lire ce nouvel opus de ce splendide auteur (qui fait concurrence aux américains bien en nombre de Gallmeister…)
Sauf que… Voilà… Le résultat n’a pas été à la hauteur de l’attente…
Je m’attendais au même rythme, au même genre, à la même poésie et là j’ai pris ma claque.
Joe Meno n’était pas du tout là où je l’attendais (comme quoi les idées préconçues…) ; ben c’est pas cool et ça pourrait te faire passer à côté de chouettes bouquins si t’étais pas un poil curieux.
Alors ton Corbac il a plongé quand même dans les pages de La Crête des Damnés… A retrousse ailes mais il s’est lancé.
Et ça n’a pas matché.
Je n’ai nullement retrouvé l’écriture poétique de Joe Meno.
Passé le temps d’adaptation à l’écriture il ne peut qu’admettre que ce roman s’adresse à une tranche de lecteurs nés entre 1970 et 1978(d’un point de vue strictement culturel). En effet le dit-roman se situe dans la veine d’un American Graffiti réalisé par John Waters et scénarisé par un Roger Avary.
C’est là que pêche ce roman.
La Crête des Damnés est un roman intimiste s’adressant réellement à une génération, choix de qualité mais qui va, à mon sens restreindre le public de ce brave Meno.
En effet, malgré un sujet universel (les interrogations existentielles d’un ado en plein devenir- se résumant à « laquelle je vais niquer-, le passage de l’enfance à l’âge adulte, les problématiques de « comment fais-je pour exister », qui suis-je, où vais-je etc etc…), Joe Meno ne crée rien de nouveau.
Cette Crête c’est un ersatz de Stand-by me, c’est un Rusty James sans émotion, c’est un Outsiders écrit intimement par un ancien ado. Ce roman m’a semblé tellement personnel que j’ai eu limite l’impression de lire des souvenirs ou une thérapie d’adulte n’ayant pas passé le cap de l’adolescence ( je veux dire par là que ce roman finalement s’adresse à chaque adulte en regret de sa grande époque de rébellion, en pleine crise existentielle du bon quadra ou quinqua en devenir ; tu sais le mec ou la meuf qui jette un regard sur sa vie et qui s’en veut d’avoir craché sur ses idéaux, d’avoir sacrifié sur l’autel du grand K ses grandes idées sur le Monde, cet adulte devenu trop grand trop vite et qui a dû, voulu, choisi de se plier à des contraintes sociales et sociétales dont il ne voulait pas et qui se réveille un matin en se disant mais au fait que suis-je devenu…).
La Crête des Damnés est un roman audacieux et très intime, claquant à la génération d’après 68 qu’elle a tout loupé, qu’elle s’est oubliée, qu’elle a perdu de vue ses rêves et ses idéaux de l’époque. Peut-être Joe Meno a-t-il voulu réveiller nos consciences, raviver nos humeurs contestataires et belliqueuses, notre volonté de lutter contre un système qui ne nous convenait, ne nous convient et ne nous conviendra pas mais sous l’égide duquel nous avons néanmoins courbé l’échine.
Malgré le fait que cet ouvrage soit empreint d’une nostalgie touchante, mis en scène avec un esprit de rébellion limite guimauvesque, malgré son écriture tendanciellement ado de l’époque et à cause de son ancrage générationnel, le dernier roman de Joe Meno ne fera frémir (à mon appréciation toute personnelle) que ceux qui ne vivent que dans le regret de ses années passées où ils se croyaient les Rois du Monde, ceux qui sont nostalgiques de cette époque durant laquelle tout leur semblaient possible, et qui au final ont tout oublié des leurs rêves.
C’est le roman de ceux qui n’ont jamais osé, de ceux qui ont abdiqué, qui ont baissé les bras et sont rentrés dans le rang.
Autre bémol , cette playlist conséquente parsemant tout le roman en une succession de titres sur des cassettes audios que s’échangent les personnages pour partager leurs sentiments et émotions ou ces paroles de chansons venant émailler le texte est longue et toujours en VO. Cela aurait mérité, je pense, une traduction pour que l’on en saisisse la teneur et que l’on fasse le lien avec le récit.
Touchant mais déprimant, le Corbac va donc se rouler en boule et pleurer sur ses rêves oubliés, prendre 2 Xanax, fumer un tarpé, boire deux verres de sky ou une bouteille de rouge et aller se coucher…

Traduit par Estelle Flory.

Le Corbac.

La Machine, Emanuel Dadoun (La Manufacture de Livres), par Le Corbac

Livre on ne peut plus surprenant construit à la fois comme une enquête et comme un roman d anticipation, La Machine ne laisse pas son lecteur insensible.
Véritable ingénieur littéraire, Emanuel Dadoun fabrique La Machine avec la minutie et la précision d’un maître horloger suisse.
Chaque pièce est positionnée avec précision et délicatesse où il se doit, les rouages sont parfaitement huilés, la mécanique ronronne sous la plume de l’auteur dans un tic tac mécanique de bon augure, promettant tension et questions. Petit à petit,  La Machine prend forme et révèle tout le machiavélisme d’Emanuel Dadoun.
Ce roman, à la précision d’orfèvre, est une véritable prouesse technique, mêlant habilement le vrai et le faux, l’onirisme et le réalisme mécanique d’une vie passée et pourtant en devenir.
La Machine c’est une horlogerie de précision, une montre parfaite, un objet conceptuel fabriqué avec soin dans un souci clairement affiché d’exercice de style.
Sous la plume parfaite d’Emanuel Dadoun, La Machine se réveille, se révèle et nous emmène dans les tréfonds tortueux et torturés de l’esprit humain.
Le Corbac va reprendre ses études et fabriquer des coucous bientôt.

Le Corbac.

Les Attracteurs de Rose Street, Lucius Shepard (Le Bélial), par Le Corbac

Bienvenue à Londres, mais pas n’importe lequel ! Celui de la fin du XIXème, celui qui suinte la misère sociale, celui qui transpire les déviances et déficiences des populations des plus bases strates sociales, celui de l’ombre omniprésente dans les bas quartiers et de la luminosité rayonnante des plus riches, de ceux qui se croient meilleurs parce bien nés.
Le Londres des nouveaux progrès de la psychanalyse, de l’aliénisme ; celui de l’abjection, de l’hypocrisie sociale, des moins que rien qui donneraient un rein pour un quignon de pain, qui vendraient leurs enfants pour une soupe.
Le Londres où l’industrialisation et l’urbanisation à outrance laissent en rade les mécréants et les pauvres, celui qui piétine l’infâme populace des pauvres, des putains, des mendiants, des indigents et autres rebus de la société.
Merci Dickens, Shelley et consorts… Nous voici plongés dans une période où l’obscurantisme scientifique rime encore avec l’évolution capitaliste du nom, de la renommée et du titre.
Ici, point de salons guindés, aux décors somptueux, souvenirs passés et passant des grandes heures de l’expansion de l’Empire, dans lesquels ces messieurs bien habillés sirotent avec délectation leur brandy, fumant leurs cigares importés à la sueur des esclaves de leurs colonies en devisant allègrement des derniers potins du parlement.
Avec Lucius Shepard, nous sommes dans le gothique, dans l’Hospice, dans les mauvais quartiers, dans les bordels et dans les maisons hantées.
Mélangeant adroitement sciences et fantômes, l’auteur nous plonge avec violence dans la noirceur de l’époque, dans les ténèbres de l’être humain. De prime abord, la mise en place nous pousse à la dépression et à une mélancolique toute romantique, nous faisant nous demander s’il n’en fait pas trop. Que nenni, bien au contraire ! L’ambiance, le cadre sont totalement en adéquation avec le récit et son rythme. Tout y est pesant, affligeant et lourd ; rien ne semble mener à une once d’espoir, tout y est morbide, avilissant et pourtant (ou justement plutôt) totalement romantique.
Ce jeune aliéniste en quête de la reconnaissance de ses pairs et prêt à tout pour se faire un nom, ce brave inventeur de génie, qui cherche à construire des machines pour dépolluer la ville, ces deux jeunes femmes, ex-prostituées qui le secondent et tiennent sa maisonnée- pardon l’ancien bordel tenu par sa défunte sœur mystérieusement décédée… que c’est beau et glauque à souhait !
Dans cette sombre histoire de fantômes, plus qu’une maison, ce sont les hommes qui sont hantés. Les remugles du patriarcat, du conservatisme victorien et du machisme envahissent l’air plus que la suie des industries de ces braves notables si persuadés de leur bon droit. La bassesse humaine n’a d’égale dans ces quelques 128 pages que la beauté- parfois malsaine- de l’Amour.
Nous promenant allègrement sur les toits de Londres, dans ses ruelles obscures et dans les pièces silencieuses et pourtant si riches de vie de cette vieille demeure, Lucius Shepard nous emmène à plonger dans ce que l’homme (oui oui l’homme, le mec, le type, le genre masculin quoi) a de plus vil et de plus malsain. Même le beau y est sali, même les sentiments y sont noircis, même les émotions y sont vicieuses et perverses.
Cette novella s’adresse clairement aux amateurs de fantastique, mais attention pas celui d’Herbert, de Saul ou de King… non, plutôt celui d’une Anne Rice, d’une Poppy Z. Brite ou d’une Jeanne Faivre d’Arcier. Pas de gore, ni de tripes ; pas d’effets de style ou de rebondissements recrudescents pour nous tenir en haleine… juste les bons mots pour nous plonger dans cette ambiance gothique et romantique à souhait qui va nous tenir en haleine le temps de quelques heures, le temps d’enquêter sur le spectre de cette sœur, sur les méfaits de l’argent et de l’éducation quand ils sont mis au service de nos déviances et nous donnent ce sentiment de détenir le pouvoir absolu, nous autorisant à tous les excès sans aucun respect de l’être humain que nous avons en face de nous.
Un très bon roman écrit avec cœur, passion et emplis de frissons.
Le Corbac n’est pas prêt d’aller à Londres…

 Traduction Jean-Daniel Brèque.

Le Corbac.

A crier dans les ruines, Alexandra Koszelyk (Aux Forges de Vulcain), par Le Corbac

Il paraît qu’il faut savoir sortir de ses sentiers balisés et prendre des risques, se lancer à la découverte de nouveauté; accorder le doute à l’inconnu et lâcher sa zone de confort.
Je l’ai fait en acceptant de suivre Alexandra Koszelyk en 1986 à Tchernobyl, sur les traces de Ivan et Léna.
Pas de flingues ni de cadavres, ni tripes ni boyaux, pas de crimes ni d’enquête point de violence à chaque page (je vous épate sur ce coup là hein?). Pas de courses poursuites ni de chevauchées frénétiques un calme plat total par rapport à mes lectures habituelles.
Et pourtant que j’ai aimé ce voyage dans le passé, cette quête de ces racines enfouies dans cette terre à jamais ravagée et dévastée. De l’Ukraine à la France, c’est un aller-retour auquel nous convie Alexandra. Sous l’égide de David Meulemans, son éditeur chevelu et barbu, elle nous offre un premier roman émouvant et profond qui sait éviter les écueils classiques du pathos, de l’écriture guimauve qui vous colle au doigt et vous écœure au bout de trois pages.
A crier dans les ruines est un roman mélancolique et triste (attention j’ai pas dis non plus qu’il fallait faire un stock de kleenex, j’ai pas dit que c’était un roman à pleurer; quand je dis triste c’est parce qu’il est fort en émotions, vous remue le cœur, vous prend aux tripes et ne peut pas vous laisser insensible).
Pour crier ça crie chez Alexandra, mais ce sont des cris d’amour et de détresse, de ceux des êtres en perdition, de ceux des êtres qui ont tout perdus et qui tentent d’effacer leur passé en se noyant dans une vie qui ne sera jamais la leur. Les cris d’Alexandra ils sont profonds, enfouis dans un passé, dans une tragédie et une Histoire capable de bouleverser à jamais une vie ou un destin, de réduire à néant des rêves enfantins et des espoirs adolescents, de piétiner une vie supportée plutôt que de la choisir, de transformer un adulte en un semblant d’être humain qui se cachera derrière des faux-semblants, qui cherchera à jouer à la perfection le rôle que l’on attend de lui au point de se renier et de rejeter tout son passé, celui des histoires d’une grand-mère, d’une mère quia chois d’occidentaliser son nom et de renoncer à sa réussite pour se mêler à une multitude, à un troupeau au sein duquel elle n’aura jamais sa place. Les cris d’Alexandra ne font pas peur même s’ils sont effrayants de réalisme, ce ne sont pas des cris de terreur mais de panique…comme ceux d’un gamin qui ne comprend pas qu’il se noie dans son bain, comme ceux d’un enfant qui se retrouve d’un coup submergé par une vague qui le retourne et le tourne sans qu’il n’arrive à sortir de l’eau, comme un adulte incarcéré dans une vie qui ressemble plus à un pis à aller ou une cellule imposée même si la porte est toujours ouverte.
Et puis elle nous trace les plans de ses ruines aussi…Ruines d’une époque sèche et rude, ou l’excellence se dispute avec le collectivisme d’une époque révolue, ruines d’un monde à part, incapable sauf sous la force de se plier ou de s’adapter au reste de l’univers. Ruine d’un monde qui n’était qu’une utopie politique et économique au sein de laquelle certains on su se trouver, refusant l’urbanisme et le consumérisme, la politique et la loi du plus fort pour se trouver à vivre avec notre nature. Nature qui finalement n’est pas faite que de ruines mais qui survit à tout, tout le temps, qui reprend toujours ses droits et qui est capable, quand les derniers vestiges d’humanité on disparu de renaître et de reconquérir ce que l’homme lui a volé. Ruines de vies trop longtemps échouées et qui elles aussi auraient pû se dèssecher mais, qui nourrie par la terre, l’espoir, les légendes et un amour candide mais sincère sont à un moment capable de bourgeonner à nouveau, de grandir et croît chaque jour un peu plus, se rappelant à notre bon souvenir par une saveur, par une odeur, par une sensation.
Les cris et les ruines d’Alexandra Koszelyk sont celles sur lesquelles et grâce auxquels on peut finalement vivre ou revivre. Elle nous démontre que finalement rien n’est jamais irrémédiable et que la Nature, y compris celle de l’Homme, est toujours plus forte que la Civilisation.
A crier dans les Ruines, le Corbac a fini par ne plus avoir de voix, mais le cœur serré et la larme à l’œil, les plumes toutes molles et le bec coi.
Merci pour ce merveilleux moment.

Le Corbac.

Le Terroriste Joyeux (suivi de Le Virus de l’Ecriture), Rui Zink (Agullo), par Le Corbac

Un roman satirique et cynique sur l’absurdité de notre monde, celui de la peur et de l’écriture ? Celui du mouton consommateur de chaînes d’infos en continu, abreuvé à la peur de l’autre, de l’étranger, de celui qui n’a pas les mêmes idéaux ou opinions et qui donc est forcément le méchant à abattre ?
Une pièce de théâtre en hommage aux maitres de l’absurde?
Une conversation enregistrée ? Ou sa retranscription ? Un document officiel, malencontreusement tombé d’un dossier dans le métro ou un bus ?
Bouffonnerie tragique ?
Drame burlesque ?

Le livre de Rui Zink est un drôle de manifeste, surtout qu’il aborde avec élégance et ironie deux thèmes importants à notre époque. Mais si, vous savez bien, cette société apeurée de tout dans laquelle nous vivons, celle où dès que l’autre est différent de par son nom, sa religion, ses opinions ou même son physique il devient un danger. Mais si, celui que, par sa différence, nous allons, braves moutons bien élevés, mettre dans la case       « inconnu », «étranger », celui dont il faut forcément se méfier et avoir peur, celui qui est indubitablement porteur de violence et du mal parce qu’il n’est pas comme nous. Sans le dire clairement, avec beaucoup de cynisme, Rui Zink se moque de notre monde et de notre époque. Celle où tout n’est que médiatisation, orientation de pensée, gestion de masse du comportement individuel afin de le faire adhérer sans faute à un dogme général imposé et instauré par une élite de ronds de cuir qui ne connait de la réalité quotidienne que le dosage de leurs apéros , les interrogatoires insipides et stériles qu’ils imposent selon des critères statistiques, quelque soit l’individu tant qu’il est différent et ne correspond pas à nos critères de références occidentaux, isolationnistes et sécuritaires.
Le face à face entre ce Joyeux Terroriste et ses «tortionnaires », ses interrogateurs, devient sous la plume de l’auteur une véritable joute verbale, qui permet ainsi de remettre l’église au centre du village (athée par définition, anti-religion par conviction, j’aime beaucoup cette expression. Elle me permet de me souvenir qu’autour d’une église tourne tout un village, qu’elle ne sert que de prétexte à justifier des alcoolismes notoires- ben oui il y a toujours un bistrot à côté de l’église-, la médisance de bas étage des petites gens envieuses, jalouses et frustrées qui viennent commérer et médire de la réussite des autres quand eux vivent dans leur marasme sociétal, sentimental etc…). En effet, que sommes-nous si ce n’est un troupeau bavant, béatifiant les chaînes d’infos continues comme de nouvelles divinités que nous adorons quotidiennement, les écoutant, les croyant, ne faisant plus confiance qu’à leurs divines paroles ?
Entre Beckett, Ionesco et Kafka, Rui Zink nous offre une œuvre étrange mais oh combien maitrisée, pas un mot n’est pas à sa place, les idées et idéaux sont clairement identifiés et défendus sans ferveur exhibitionniste mais avec un relativisme de bon aloi.
Le Corbac sent la révolte et la rébellion intellectuelle gronder… et il aime ça.

Que dire du second texte ( ben oui parce que chez Agullo, on vous en donne pour votre argent ; un livre, deux textes, deux fascicules révolutionnaires, deux pamphlets délicats et plein d’ironie pour le prix d’un… je vous le dis depuis un an et quelques suivez ces gens ils sont le terreau d’un nouveau genre, les nouveaux intellectuels révolutionnaires de la littérature… mais je m’égare et m’emporte… quand je pense qu’il me reste deux ouvrages de chez eux pour la rentrée littéraire à lire, je vais mourir en plein orgasme littéraire, la tête couverte de slips.) hormis que j’ai ri… mais ri comme cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps.
Imaginez un brave citoyen mondialiste, rebelle, écrivant pour nous raconter cette contamination mondiale d’ «écritationnite » aigüe qui touche chaque membre de la population sans distinction de sexe ou de statut, chacun étant persuadé d’être le nouvel écrivain adulé et à la mode alors que… un must de cynisme, d’ironie et, oserais-je, oui osons, de réalisme. Aujourd’hui quand tu es à la retraite, que t’es au chômage, que ta femme te trompe, que tu t’emmerdes le week-end avec des gosses que tu vois que tous les 15 jours et qui n’attendent que tu fasses chauffer la CB gold ou premier, tu peux t’inventer une vie ! Deviens écrivain, écris un livre insipide et fade ça se vent, raconte tes nuits de solitude avec ton chat tu deviendras un best-seller. Fabule sur ta relation imaginaire avec Harry Potter ou ton histoire d’amour avec ton assureur, tu vendras des livres et tu atteindras des sommets insoupçonnés.
Au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, accrochez- vous, mettez-vous en mode finesse intellectuelle, humour débordant, cynisme ravageant et réalisme frappant et courez à la rencontre de ce Terroriste Joyeux, vous allez exploser en plein vol.

Traduction de Maïra Muchnik

Le Corbac.

Le douzième chapitre, Jérôme Loubry (Calmann Levy Noir), par Le Corbac

Les Chiens de Détroit était loin d’être dégueulasse, pourtant basé sur la classique chasse au sérial Killer estampillée Made in Thriller U.S. mais ne nous étalon pas.
Jérôme Loubry revient chez lui, sur l ‘Hexagone, en France, avec les galères et les histoires enfantines qui se mêlent hélas aux histoires d’adultes, celles de la haine, de la déception et de la frustration.
Le temps d’un été de pré ado les coeurs chavirent, l’innocence s’éteint, les rêves s’envolent et la réalité te gifle.
Pourtant tout était fait à l’époque pour un été parfait: la plage, le soleil, la fille, les amis….
Mais voilà parfois le monde des adultes rattrape les enfants et peut tout détruire ou salir.
Et on se retrouve des années plus tard, chaque « complice » de cet été à devoir tout revivre, à récrire cet ultime été de plénitude au travers d’un manuscrit.
Alors on découvre, on fouille, on creuse, on cherche où se trouve la vérité et qui la détient. Les secrets enfouis surgissent violemment comme un pantin de sa boîte, les retrouvailles ne sont pas aussi affectueuses qu’on les imaginait… la faute au passé, la faute aux adultes, la faute à la Vie.
C’est à une espèce de puzzle mémoriel, un jeu des associations que nous invite Jérôme Loubry. Oui, il y a enquête, il y a meurtre et disparition et d’un enfant en plus mais ce roman va au-delà du simple polar, du roman d’enquête ou même du pseudo thriller.
L’auteur crée une très sensible fresque mélancolique et pleine de nostalgie de l’enfance, de ce qui nous fait du jour au lendemain passer dans l’âge adulte, de ces événements qui nous obligent à grandir et perdre cette merveilleuse innocence qui nous fait croire que tout est possible.
Le fait que son principal personnage masculin soit un écrivain en rade d’écriture n’est pas innocent… cela lui permet en effet de mettre en branle la machine créative, celle qui dit que l’on n’écrit rien de mieux et d’aussi bon que ce que nous avons vécu !
Entre drame sociétal, souvenirs d’une jeunesse qui se retrouve en plein désenchantement, une histoire « policière », une quête de « vérité » vraie, une envie de pardon et de pseudo rédemption, je répète que Jérôme Loubry nous dresse le portrait de chaque adulte que nous sommes devenus… en l’idéalisant.
Parce que nous nous voilons tous la face et refusons nos erreurs, nos non-dits, que nous vivons dans ces accusations sur autrui, parce qu’il faut toujours un coupable mais jamais nous… surtout pas et que reporter la faute ailleurs est tellement plus simple.
Œuvre pseudo policière, empreinte de nostalgie d’un romantisme loin d’être désuet, Le douzième chapitre ne peut que toucher par sa mélancolie et la nostalgie de ces années révolues durant lesquelles rien n’avait d’importance sauf le coucher du soleil, une main effleurant la nôtre, un sourire féminin et surtout, surtout cette foi que rien ne changerait.
Le Corbac s’en retourne se percher sur une branche pour zieuter les plages sur lesquelles les destins perdus parfois se retrouvent.

Le Corbac.

Une assemblée de chacals, S. Craig Zahler (Gallmeister), par Le Corbac

Que dire d’assez fort pour donner envie?
Que ce livre est une sacrée pépite, tamisée dans le sang et la poussière de l’Ouest américain; récupérée dans le cours violent d’une culpabilité rédemptrice, charriée dans la volonté d’oublier ce qu’on a commis ?
Que ce roman est un ouvrage profondément humain, écrit avec ferveur, conçu comme une œuvre d’art stylisée dans laquelle chaque mot est une teinte qui enrichit la toile de ces hommes dépeint comme chaque adulte que nous sommes et qui assument leurs erreurs de jeunesse mais aussi ce qu’ils ont été sans renier leur passé ?
Que cette histoire est un opéra déchirant, plein de tristesse et de remords, romantique à souhait, baroque et mélancolique, dans lequel le rythme est celui de l’affrontement, affrontement du passé, affrontement des démons, affrontement de l’humain et de l’inhumain, le tout mené à la baguette par les fusils, les colts et les accès de violence que en véritable maestro S. Craig Zahler ?
Que plus qu’un western, ce récit est celui de l’humanité, celle qui fait des erreurs et tente de les oublier, celle qui assume son passé et tente de le corriger, celle de la vengeance, de l’amour, de l’amitié, du sacrifice et du pardon ?
J’avais été emballé par Les Spectres de la Terre Brisée (S. Craig Zahler-Gallmeister), là je ne sais comment le dire mais c’est encore mieux. II se dégage de cette chevauchée meurtrière, de cette course à la rédemption un romantisme « baroque » qui me fait vibrer.
Tout y est beau et fort, puissant et riche.
Les personnages, la violence, les dialogues, les descriptions, le scénario… tout est sa place et judicieusement travaillé. Aucun excès, ni lassitude ni ennui dans ce vent nostalgique que fait souffler Mister Zahler dans ses pages où coulent le sang, la sueur, les larmes. Déversement d’amour et de colère, déluge de feux et d’une terreur mesurée et amenée comme il se doit, Une assemblée de chacals est une véritable tempête émotionnelle, une pluie de sensations, un tonnerre de fureur…
Bref une de mes plus belle lecture de l’année…
Sellez votre fauteuil, astiquez vos lunettes, chargez vos neurones et chevauchez avec passion cet excellent roman.
Et bon mariage…

Le Corbac.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Janique Jouin de Laurens.