Les Attracteurs de Rose Street, Lucius Shepard (Le Bélial), par Le Corbac

Bienvenue à Londres, mais pas n’importe lequel ! Celui de la fin du XIXème, celui qui suinte la misère sociale, celui qui transpire les déviances et déficiences des populations des plus bases strates sociales, celui de l’ombre omniprésente dans les bas quartiers et de la luminosité rayonnante des plus riches, de ceux qui se croient meilleurs parce bien nés.
Le Londres des nouveaux progrès de la psychanalyse, de l’aliénisme ; celui de l’abjection, de l’hypocrisie sociale, des moins que rien qui donneraient un rein pour un quignon de pain, qui vendraient leurs enfants pour une soupe.
Le Londres où l’industrialisation et l’urbanisation à outrance laissent en rade les mécréants et les pauvres, celui qui piétine l’infâme populace des pauvres, des putains, des mendiants, des indigents et autres rebus de la société.
Merci Dickens, Shelley et consorts… Nous voici plongés dans une période où l’obscurantisme scientifique rime encore avec l’évolution capitaliste du nom, de la renommée et du titre.
Ici, point de salons guindés, aux décors somptueux, souvenirs passés et passant des grandes heures de l’expansion de l’Empire, dans lesquels ces messieurs bien habillés sirotent avec délectation leur brandy, fumant leurs cigares importés à la sueur des esclaves de leurs colonies en devisant allègrement des derniers potins du parlement.
Avec Lucius Shepard, nous sommes dans le gothique, dans l’Hospice, dans les mauvais quartiers, dans les bordels et dans les maisons hantées.
Mélangeant adroitement sciences et fantômes, l’auteur nous plonge avec violence dans la noirceur de l’époque, dans les ténèbres de l’être humain. De prime abord, la mise en place nous pousse à la dépression et à une mélancolique toute romantique, nous faisant nous demander s’il n’en fait pas trop. Que nenni, bien au contraire ! L’ambiance, le cadre sont totalement en adéquation avec le récit et son rythme. Tout y est pesant, affligeant et lourd ; rien ne semble mener à une once d’espoir, tout y est morbide, avilissant et pourtant (ou justement plutôt) totalement romantique.
Ce jeune aliéniste en quête de la reconnaissance de ses pairs et prêt à tout pour se faire un nom, ce brave inventeur de génie, qui cherche à construire des machines pour dépolluer la ville, ces deux jeunes femmes, ex-prostituées qui le secondent et tiennent sa maisonnée- pardon l’ancien bordel tenu par sa défunte sœur mystérieusement décédée… que c’est beau et glauque à souhait !
Dans cette sombre histoire de fantômes, plus qu’une maison, ce sont les hommes qui sont hantés. Les remugles du patriarcat, du conservatisme victorien et du machisme envahissent l’air plus que la suie des industries de ces braves notables si persuadés de leur bon droit. La bassesse humaine n’a d’égale dans ces quelques 128 pages que la beauté- parfois malsaine- de l’Amour.
Nous promenant allègrement sur les toits de Londres, dans ses ruelles obscures et dans les pièces silencieuses et pourtant si riches de vie de cette vieille demeure, Lucius Shepard nous emmène à plonger dans ce que l’homme (oui oui l’homme, le mec, le type, le genre masculin quoi) a de plus vil et de plus malsain. Même le beau y est sali, même les sentiments y sont noircis, même les émotions y sont vicieuses et perverses.
Cette novella s’adresse clairement aux amateurs de fantastique, mais attention pas celui d’Herbert, de Saul ou de King… non, plutôt celui d’une Anne Rice, d’une Poppy Z. Brite ou d’une Jeanne Faivre d’Arcier. Pas de gore, ni de tripes ; pas d’effets de style ou de rebondissements recrudescents pour nous tenir en haleine… juste les bons mots pour nous plonger dans cette ambiance gothique et romantique à souhait qui va nous tenir en haleine le temps de quelques heures, le temps d’enquêter sur le spectre de cette sœur, sur les méfaits de l’argent et de l’éducation quand ils sont mis au service de nos déviances et nous donnent ce sentiment de détenir le pouvoir absolu, nous autorisant à tous les excès sans aucun respect de l’être humain que nous avons en face de nous.
Un très bon roman écrit avec cœur, passion et emplis de frissons.
Le Corbac n’est pas prêt d’aller à Londres…

 Traduction Jean-Daniel Brèque.

Le Corbac.

A crier dans les ruines, Alexandra Koszelyk (Aux Forges de Vulcain), par Le Corbac

Il paraît qu’il faut savoir sortir de ses sentiers balisés et prendre des risques, se lancer à la découverte de nouveauté; accorder le doute à l’inconnu et lâcher sa zone de confort.
Je l’ai fait en acceptant de suivre Alexandra Koszelyk en 1986 à Tchernobyl, sur les traces de Ivan et Léna.
Pas de flingues ni de cadavres, ni tripes ni boyaux, pas de crimes ni d’enquête point de violence à chaque page (je vous épate sur ce coup là hein?). Pas de courses poursuites ni de chevauchées frénétiques un calme plat total par rapport à mes lectures habituelles.
Et pourtant que j’ai aimé ce voyage dans le passé, cette quête de ces racines enfouies dans cette terre à jamais ravagée et dévastée. De l’Ukraine à la France, c’est un aller-retour auquel nous convie Alexandra. Sous l’égide de David Meulemans, son éditeur chevelu et barbu, elle nous offre un premier roman émouvant et profond qui sait éviter les écueils classiques du pathos, de l’écriture guimauve qui vous colle au doigt et vous écœure au bout de trois pages.
A crier dans les ruines est un roman mélancolique et triste (attention j’ai pas dis non plus qu’il fallait faire un stock de kleenex, j’ai pas dit que c’était un roman à pleurer; quand je dis triste c’est parce qu’il est fort en émotions, vous remue le cœur, vous prend aux tripes et ne peut pas vous laisser insensible).
Pour crier ça crie chez Alexandra, mais ce sont des cris d’amour et de détresse, de ceux des êtres en perdition, de ceux des êtres qui ont tout perdus et qui tentent d’effacer leur passé en se noyant dans une vie qui ne sera jamais la leur. Les cris d’Alexandra ils sont profonds, enfouis dans un passé, dans une tragédie et une Histoire capable de bouleverser à jamais une vie ou un destin, de réduire à néant des rêves enfantins et des espoirs adolescents, de piétiner une vie supportée plutôt que de la choisir, de transformer un adulte en un semblant d’être humain qui se cachera derrière des faux-semblants, qui cherchera à jouer à la perfection le rôle que l’on attend de lui au point de se renier et de rejeter tout son passé, celui des histoires d’une grand-mère, d’une mère quia chois d’occidentaliser son nom et de renoncer à sa réussite pour se mêler à une multitude, à un troupeau au sein duquel elle n’aura jamais sa place. Les cris d’Alexandra ne font pas peur même s’ils sont effrayants de réalisme, ce ne sont pas des cris de terreur mais de panique…comme ceux d’un gamin qui ne comprend pas qu’il se noie dans son bain, comme ceux d’un enfant qui se retrouve d’un coup submergé par une vague qui le retourne et le tourne sans qu’il n’arrive à sortir de l’eau, comme un adulte incarcéré dans une vie qui ressemble plus à un pis à aller ou une cellule imposée même si la porte est toujours ouverte.
Et puis elle nous trace les plans de ses ruines aussi…Ruines d’une époque sèche et rude, ou l’excellence se dispute avec le collectivisme d’une époque révolue, ruines d’un monde à part, incapable sauf sous la force de se plier ou de s’adapter au reste de l’univers. Ruine d’un monde qui n’était qu’une utopie politique et économique au sein de laquelle certains on su se trouver, refusant l’urbanisme et le consumérisme, la politique et la loi du plus fort pour se trouver à vivre avec notre nature. Nature qui finalement n’est pas faite que de ruines mais qui survit à tout, tout le temps, qui reprend toujours ses droits et qui est capable, quand les derniers vestiges d’humanité on disparu de renaître et de reconquérir ce que l’homme lui a volé. Ruines de vies trop longtemps échouées et qui elles aussi auraient pû se dèssecher mais, qui nourrie par la terre, l’espoir, les légendes et un amour candide mais sincère sont à un moment capable de bourgeonner à nouveau, de grandir et croît chaque jour un peu plus, se rappelant à notre bon souvenir par une saveur, par une odeur, par une sensation.
Les cris et les ruines d’Alexandra Koszelyk sont celles sur lesquelles et grâce auxquels on peut finalement vivre ou revivre. Elle nous démontre que finalement rien n’est jamais irrémédiable et que la Nature, y compris celle de l’Homme, est toujours plus forte que la Civilisation.
A crier dans les Ruines, le Corbac a fini par ne plus avoir de voix, mais le cœur serré et la larme à l’œil, les plumes toutes molles et le bec coi.
Merci pour ce merveilleux moment.

Le Corbac.

Le Terroriste Joyeux (suivi de Le Virus de l’Ecriture), Rui Zink (Agullo), par Le Corbac

Un roman satirique et cynique sur l’absurdité de notre monde, celui de la peur et de l’écriture ? Celui du mouton consommateur de chaînes d’infos en continu, abreuvé à la peur de l’autre, de l’étranger, de celui qui n’a pas les mêmes idéaux ou opinions et qui donc est forcément le méchant à abattre ?
Une pièce de théâtre en hommage aux maitres de l’absurde?
Une conversation enregistrée ? Ou sa retranscription ? Un document officiel, malencontreusement tombé d’un dossier dans le métro ou un bus ?
Bouffonnerie tragique ?
Drame burlesque ?

Le livre de Rui Zink est un drôle de manifeste, surtout qu’il aborde avec élégance et ironie deux thèmes importants à notre époque. Mais si, vous savez bien, cette société apeurée de tout dans laquelle nous vivons, celle où dès que l’autre est différent de par son nom, sa religion, ses opinions ou même son physique il devient un danger. Mais si, celui que, par sa différence, nous allons, braves moutons bien élevés, mettre dans la case       « inconnu », «étranger », celui dont il faut forcément se méfier et avoir peur, celui qui est indubitablement porteur de violence et du mal parce qu’il n’est pas comme nous. Sans le dire clairement, avec beaucoup de cynisme, Rui Zink se moque de notre monde et de notre époque. Celle où tout n’est que médiatisation, orientation de pensée, gestion de masse du comportement individuel afin de le faire adhérer sans faute à un dogme général imposé et instauré par une élite de ronds de cuir qui ne connait de la réalité quotidienne que le dosage de leurs apéros , les interrogatoires insipides et stériles qu’ils imposent selon des critères statistiques, quelque soit l’individu tant qu’il est différent et ne correspond pas à nos critères de références occidentaux, isolationnistes et sécuritaires.
Le face à face entre ce Joyeux Terroriste et ses «tortionnaires », ses interrogateurs, devient sous la plume de l’auteur une véritable joute verbale, qui permet ainsi de remettre l’église au centre du village (athée par définition, anti-religion par conviction, j’aime beaucoup cette expression. Elle me permet de me souvenir qu’autour d’une église tourne tout un village, qu’elle ne sert que de prétexte à justifier des alcoolismes notoires- ben oui il y a toujours un bistrot à côté de l’église-, la médisance de bas étage des petites gens envieuses, jalouses et frustrées qui viennent commérer et médire de la réussite des autres quand eux vivent dans leur marasme sociétal, sentimental etc…). En effet, que sommes-nous si ce n’est un troupeau bavant, béatifiant les chaînes d’infos continues comme de nouvelles divinités que nous adorons quotidiennement, les écoutant, les croyant, ne faisant plus confiance qu’à leurs divines paroles ?
Entre Beckett, Ionesco et Kafka, Rui Zink nous offre une œuvre étrange mais oh combien maitrisée, pas un mot n’est pas à sa place, les idées et idéaux sont clairement identifiés et défendus sans ferveur exhibitionniste mais avec un relativisme de bon aloi.
Le Corbac sent la révolte et la rébellion intellectuelle gronder… et il aime ça.

Que dire du second texte ( ben oui parce que chez Agullo, on vous en donne pour votre argent ; un livre, deux textes, deux fascicules révolutionnaires, deux pamphlets délicats et plein d’ironie pour le prix d’un… je vous le dis depuis un an et quelques suivez ces gens ils sont le terreau d’un nouveau genre, les nouveaux intellectuels révolutionnaires de la littérature… mais je m’égare et m’emporte… quand je pense qu’il me reste deux ouvrages de chez eux pour la rentrée littéraire à lire, je vais mourir en plein orgasme littéraire, la tête couverte de slips.) hormis que j’ai ri… mais ri comme cela ne m’était pas arrivé depuis longtemps.
Imaginez un brave citoyen mondialiste, rebelle, écrivant pour nous raconter cette contamination mondiale d’ «écritationnite » aigüe qui touche chaque membre de la population sans distinction de sexe ou de statut, chacun étant persuadé d’être le nouvel écrivain adulé et à la mode alors que… un must de cynisme, d’ironie et, oserais-je, oui osons, de réalisme. Aujourd’hui quand tu es à la retraite, que t’es au chômage, que ta femme te trompe, que tu t’emmerdes le week-end avec des gosses que tu vois que tous les 15 jours et qui n’attendent que tu fasses chauffer la CB gold ou premier, tu peux t’inventer une vie ! Deviens écrivain, écris un livre insipide et fade ça se vent, raconte tes nuits de solitude avec ton chat tu deviendras un best-seller. Fabule sur ta relation imaginaire avec Harry Potter ou ton histoire d’amour avec ton assureur, tu vendras des livres et tu atteindras des sommets insoupçonnés.
Au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, accrochez- vous, mettez-vous en mode finesse intellectuelle, humour débordant, cynisme ravageant et réalisme frappant et courez à la rencontre de ce Terroriste Joyeux, vous allez exploser en plein vol.

Traduction de Maïra Muchnik

Le Corbac.

Le douzième chapitre, Jérôme Loubry (Calmann Levy Noir), par Le Corbac

Les Chiens de Détroit était loin d’être dégueulasse, pourtant basé sur la classique chasse au sérial Killer estampillée Made in Thriller U.S. mais ne nous étalon pas.
Jérôme Loubry revient chez lui, sur l ‘Hexagone, en France, avec les galères et les histoires enfantines qui se mêlent hélas aux histoires d’adultes, celles de la haine, de la déception et de la frustration.
Le temps d’un été de pré ado les coeurs chavirent, l’innocence s’éteint, les rêves s’envolent et la réalité te gifle.
Pourtant tout était fait à l’époque pour un été parfait: la plage, le soleil, la fille, les amis….
Mais voilà parfois le monde des adultes rattrape les enfants et peut tout détruire ou salir.
Et on se retrouve des années plus tard, chaque « complice » de cet été à devoir tout revivre, à récrire cet ultime été de plénitude au travers d’un manuscrit.
Alors on découvre, on fouille, on creuse, on cherche où se trouve la vérité et qui la détient. Les secrets enfouis surgissent violemment comme un pantin de sa boîte, les retrouvailles ne sont pas aussi affectueuses qu’on les imaginait… la faute au passé, la faute aux adultes, la faute à la Vie.
C’est à une espèce de puzzle mémoriel, un jeu des associations que nous invite Jérôme Loubry. Oui, il y a enquête, il y a meurtre et disparition et d’un enfant en plus mais ce roman va au-delà du simple polar, du roman d’enquête ou même du pseudo thriller.
L’auteur crée une très sensible fresque mélancolique et pleine de nostalgie de l’enfance, de ce qui nous fait du jour au lendemain passer dans l’âge adulte, de ces événements qui nous obligent à grandir et perdre cette merveilleuse innocence qui nous fait croire que tout est possible.
Le fait que son principal personnage masculin soit un écrivain en rade d’écriture n’est pas innocent… cela lui permet en effet de mettre en branle la machine créative, celle qui dit que l’on n’écrit rien de mieux et d’aussi bon que ce que nous avons vécu !
Entre drame sociétal, souvenirs d’une jeunesse qui se retrouve en plein désenchantement, une histoire « policière », une quête de « vérité » vraie, une envie de pardon et de pseudo rédemption, je répète que Jérôme Loubry nous dresse le portrait de chaque adulte que nous sommes devenus… en l’idéalisant.
Parce que nous nous voilons tous la face et refusons nos erreurs, nos non-dits, que nous vivons dans ces accusations sur autrui, parce qu’il faut toujours un coupable mais jamais nous… surtout pas et que reporter la faute ailleurs est tellement plus simple.
Œuvre pseudo policière, empreinte de nostalgie d’un romantisme loin d’être désuet, Le douzième chapitre ne peut que toucher par sa mélancolie et la nostalgie de ces années révolues durant lesquelles rien n’avait d’importance sauf le coucher du soleil, une main effleurant la nôtre, un sourire féminin et surtout, surtout cette foi que rien ne changerait.
Le Corbac s’en retourne se percher sur une branche pour zieuter les plages sur lesquelles les destins perdus parfois se retrouvent.

Le Corbac.

Une assemblée de chacals, S. Craig Zahler (Gallmeister), par Le Corbac

Que dire d’assez fort pour donner envie?
Que ce livre est une sacrée pépite, tamisée dans le sang et la poussière de l’Ouest américain; récupérée dans le cours violent d’une culpabilité rédemptrice, charriée dans la volonté d’oublier ce qu’on a commis ?
Que ce roman est un ouvrage profondément humain, écrit avec ferveur, conçu comme une œuvre d’art stylisée dans laquelle chaque mot est une teinte qui enrichit la toile de ces hommes dépeint comme chaque adulte que nous sommes et qui assument leurs erreurs de jeunesse mais aussi ce qu’ils ont été sans renier leur passé ?
Que cette histoire est un opéra déchirant, plein de tristesse et de remords, romantique à souhait, baroque et mélancolique, dans lequel le rythme est celui de l’affrontement, affrontement du passé, affrontement des démons, affrontement de l’humain et de l’inhumain, le tout mené à la baguette par les fusils, les colts et les accès de violence que en véritable maestro S. Craig Zahler ?
Que plus qu’un western, ce récit est celui de l’humanité, celle qui fait des erreurs et tente de les oublier, celle qui assume son passé et tente de le corriger, celle de la vengeance, de l’amour, de l’amitié, du sacrifice et du pardon ?
J’avais été emballé par Les Spectres de la Terre Brisée (S. Craig Zahler-Gallmeister), là je ne sais comment le dire mais c’est encore mieux. II se dégage de cette chevauchée meurtrière, de cette course à la rédemption un romantisme « baroque » qui me fait vibrer.
Tout y est beau et fort, puissant et riche.
Les personnages, la violence, les dialogues, les descriptions, le scénario… tout est sa place et judicieusement travaillé. Aucun excès, ni lassitude ni ennui dans ce vent nostalgique que fait souffler Mister Zahler dans ses pages où coulent le sang, la sueur, les larmes. Déversement d’amour et de colère, déluge de feux et d’une terreur mesurée et amenée comme il se doit, Une assemblée de chacals est une véritable tempête émotionnelle, une pluie de sensations, un tonnerre de fureur…
Bref une de mes plus belle lecture de l’année…
Sellez votre fauteuil, astiquez vos lunettes, chargez vos neurones et chevauchez avec passion cet excellent roman.
Et bon mariage…

Le Corbac.

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Janique Jouin de Laurens.

Le diable en personne (Peter Farris – Traduction Anatole Pons – Édition Gallmeister ) par Le corbac

Ils sont toujours impressionnants de par la qualité de leurs publications chez Gallmeister et encore une fois Le Diable en personne est une parfaite réussite.
D’abord y a Léonard qui vit seul avec ses chats et le mannequin de sa femme avec qui il cause.
Ancien trafiquant d’alcool il vit reclus dans sa cahute au milieu des bois sans rien demander à personne, paisiblement et loin de tout et surtout de tous.
Les habitants du bled le considèrent comme une sorte d’original pas tout seul dans sa tête.
Et puis il y a Maya… Jeune et jolie jeune fille qui est sous la coupe de Mexico et qui fait la Pute, mais pas n’importe laquelle : celle du Maire.
Maire et Mexico sont deux fieffés fripouilles qui ont choisi de vendre leur ville à un cartel colombien et pour cela ils n’ont aucun scrupule… Sauf que, fou de désir pour la jolie et petite ado qu’est Maya, le Maire ne peut s’empêcher de tout lui dévoiler. Et manque de bol, la petite a une mémoire extraordinaire et ne loupe pas un mot, pas un nom, pas une information.
Alors faut s’en débarrasser, vite et proprement, dans l’idéal. Et là, c’est le drame… 
Ben vi, les deux couillons qui sont chargés de l’éliminer font l’erreur de se pointer sur les terres de Léonard. Et ça, ça lui plaît pas au vieux qu’on vienne empiéter sur ses terres, surtout pour ce genre de boulot.
Et c’est là que tout va partir en sucette et que le Diable va se révéler pire que les pires engeances humaines.
Il va la prendre sous son aile le Léonard la petite pute malgré elle, cette gamine vendue pour servir d’objet sexuel, parquée avec ses congénères, de motels en motels pour assouvir les besoins les plus bestiaux des porcs riches que sont les hommes de pouvoir, ceux qui estiment que tout leur est dû.
Il va s’y attacher parce que la petite Maya lui remémore tout ce qu’il a loupé, ce qu’il a perdu, ce qu’il n’a pas su conserver et il va la défendre corps et âme, se damnant plus encore qu’il ne l’est déjà.
Alors, tout le talent de Peter Farris apparaît dans cette incarnation du Diable. Le beau et bon diable, celui qui a tout accepté, qui a choisi de se perdre et de se marginaliser par amour, par foi en ses convictions et pour ne faire de mal à personne.
Cette gamine qui n’a rien demandé, qui n’a pas choisi sa vie ni son destin il va l’utiliser. Non pas comme ses clients mais comme un prêtre avec ses sermons, comme un curé de campagne voulant mettre ses pauvres ouailles sur le droit chemin. Celui de l’Amour, celui de la confiance, de la certitude qu’il existe en ce bas monde des gens de foi et d’honneur.
Maya devient sa rédemption, son excuse, son avenir qu’il ne croyait plus être qu’un passé en plastique avec une perruque à qui il cause chaque jour dans sa solitude, celle qu’il a perdu, pour qui il a abandonné toute sa réputation et pour qui il a sacrifié sa richesse et sa réussite mais qui finalement n’est plus qu’un souvenir dont il brosse les cheveux et qu’il promène parfois dans les rues , sur le siège passager de son vieux pick-up sous le regard attristé de ses congénères qui se nourrissent de on-dit, de
rumeurs et de mythologies mécréantes.
Sans retenue et avec une pudeur attendrissante, Peter Farris va nous tracer à coup de crayon gras, teinté de légères esquisses au fusain le portrait d’un homme autrefois
mort, vide et creux qui va retrouver goût à la vie. D’abord peut-être juste par fierté parce qu’on ne vient pas empiéter sur ses terres sans son autorisation mais surtout parce qu’il va réaliser que cette pov gamine lui permet d’exister, de s’interroger et de faire la paix avec lui-même. C’est que le Diable, en personne, n’est finalement qu’un archange déchu, un pauvre type qui s’est brûlé les ailes et a chu sans comprendre, sans réaliser tout ce à côté de quoi il était passé.
Ceci n’est pas l’éternelle histoire d’une quête de rédemption mais plutôt celle de la fatalité. Fatalité d’accepter ses choix, ses erreurs, ses refus de compromis, ses errances, ses fiertés mal placées et surtout une foi totale en un ego injustifié et un égoïsme sans borne.
Grâce à Maya, Léonard, le temps de quelques jours, de quelques cadavres, de
quelques fusillades va se redécouvrir une vie, un cœur, des émotions et des
sentiments. Lui qui se croyait damné à jamais va damner le monde et régler ses comptes, s’assumer et admettre ses erreurs.

Roman violent sur la prostitution et le pouvoir entre de mauvaises mains, Peter Farris nous offre aussi et surtout un roman d’une tendresse incroyable sur l’acceptation de son passé, sur le pardon et sur la reconnaissance de chacun pour ce qu’il est.

Le passé appartient au passé et souvent l’avenir se noie dans le présent qui ne dure que le temps de régler ses dettes.

Le Corbac aurait aimé avoir un grand père nommé Léonard…

 

Bronx, la petite morgue (Laurent Guillaume – French Pulp)

Mike Dolan… Avec un nom pareil le ton du bouquin est donné.
Y’a de l’irlandais dans le Bronx et vu qu’il sort de taule, que son frangin décédé était flic, vous imaginez bien qu’il est pas prêt d’avoir une réintegration calme et posée…
Et puis Laurent petitpimousse Guillaume il sait un peu de quoi il parle quand même.
Il a bossé chez les flics, les grands et les petits il connaît, les bons et les méchants aussi, les lois et les villes étranges et étrangères encore plus donc il touche sa bille.
C est pour ça que La petite morgue est un bel et bon roman, parce qu’il est sobre et direct, efficace et sans chichi, écrit avec tendresse (ouais c est drôle comme phrase quand on connaît l’homme au cigare et sa carrure qui te mettrait une beigne que tu ferais 4 tours dans ton slip sans toucher l’élastique avant de te demander c’est quoi donc toutes ces étoiles devant tes yeux…) et délicatesse (revoir le com précédent entre parenthèses).
Clair net précis concis.


Rondement mené et travaillé comme il faut avec tous les clichés qu’il faut où il faut et comme il faut au point que tu te régales à lire le chemin de croix du pauvre Mike.
Le club de boxe, les flics qui palpent, les truands allemands et irlandais qui se font la guéguerre, l’amoureuse black qui fait des passes pour subvenir à ses besoins dans sa miteuse caravane, l’enfant inconnu, la veuve éperdue, le gentil frérot flic, les méchants tueurs, la bombasse fatale, les pauv’ gens du quartier…


Tu vois tout y est mais c’est tellement bon que t’en redemandes.
Entre James Gray, James Sheridan et Ben Affleck, le frenchie Laurent Guillaume il assure grave. Il nous pond un roman noir tout en ambiance, en profondeur humaniste.
Son roman il est beau… Plein d’affection violente, de délicatesse et d’humanité.
Oh ben oui ce récit n’est pas fait que de bons sentiments: il est agressif et sans concession, sanglant mais pas pour l’esbrouffe, juste parce que c’est comme ça la vie.
Le parcours chaotique de Mike Dolan, Laurent te le fait suivre et partager avec tant de regrets et remords que tu ne peux qu’y croire, t’attacher à ce brave type qui n’a plus rien et qui pourtant cherche à se reconstruire, à se venger et à sortir de ce cercle terrible qu’est le gangstérisme de bas étage de son quartier.
C’est pas un gentil gentil notre ex-taulard mais il veut juste en finir et en sortir de ce misérabilisme de quartier qui fut le sien avant son incarcération.
L’abnégation et l’amour fraternel sont au centre de cette petite morgue, comme la volonté d’oublier ce passé qui l’entache, cette réputation malsaine de loser qui lui colle à la peau, à chaque personne croisée qui le reconnait, qu’il voit dans le regard de ceux qu’il croise et qui ont de lui cette image négative.
Sa quête de pardon, sa volonté de rédemption il va la préparer avec ses poings, avec ses plans dans le seul but non pas de se racheter une dignité à ses yeux mais de faire le bien pour ceux qu’il a fait souffert et qui méritent mieux que la misérable existence qu’ils vivent dans ce quartier pourri et rongé par la gangrène de la grande délinquance.

Bronx aurait pu s’appeler Pigalle ou Belleville parce que ce n’est pas le lieu qui importe mais ce que les gens y vivent et y côtoient chaque jour que Dieu fait: la peur, la menace, l’oppression, le racket, la violence gratuite et mesquine de ceux qui n’ont pas plus qu’eux et qui se contentent d’utiliser la réputation qu’ils se sont forgée et qu’ils défendront toujours flingues et poings à la main.
Mike Dolan n’a aucune chance de sortir intact de cette histoire, il ne peut juste que se conduire comme Charles Bronson et nettoyer son quartier… A ses risques et périls. Pour chaque dérouillée il rendra la pareille, pour chaque enfumage il allumera un autre feu sans tenir compte de ce qu’il risque juste par honneur et foi en l’être humain, pour sauver ceux à qui il tient quitte à se perdre.


Bronx, La petite Morgue est le roman d’une tentative de reconstruction, l’œuvre d’un homme qui n’a pas trouvé Dieu au mitard mais le sens de l’honneur noyé dans sa culpabilité, celle d’un homme qui a compris qu’il fallait lutter à armes égales et avec les mêmes moyens que les profiteurs, dealers, racketteurs et autres malfrats.
Mike Dolan c’est un peu un Lucky Luke déguisé en Robin des villes, un chevalier blanc sans destrier ni armure mais avec sa volonté et ses valeurs : un gars droit et honnête qui va y laisser beaucoup de lui-même.
C’est sans morgue mais avec droiture que cet irlandais plein de bonne volonté et de respect de son prochain va lutter durant ces pages pour protéger son quartier, ses amis et venger ce frère si honnête qui n’a jamais songé qu’à le protéger au point d’en crever comme un chien.


Roman de pourritures, roman de manipulations, roman noir digne de Hammet ou de Goodis, de Manchette ou Malet, Laurent Guillaume est un grand pimousse qui donne envie de lire ses autres ouvrages car il a le sens de l’intrigue, qu’il sait créer des ambiances sordides sans être malsaines, rythmer une histoire à priori classique mais comme dit le proverbe:  » C’est dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes » et le Corbac il en reprendrait bien un autre bol.
Merci Laurent Guillaume pour ce bref séjour dans la cuisine du diable et dans la noirceur humaine au sein de laquelle une once d’humanité ne fait au final pas le poids devant la bassesse indécente de ceux qui ont gagné la force et le pouvoir à force d’exploiter autrui.

November Road (Lou Berney – traduction Maxime Shelledy – Harpers Collins Noir)

22 novembre 1963… La date qui a choqué l’Amérique.
Il est abattu à Dallas et quelques temps après son assassin présumé est tué par un truand à la petite semaine.
Et au milieu de ce maelstrom il y a Franck Guidry… Que vient-il faire dans cette Histoire, lui le beau gosse de la Nouvelle-Orléans, l’homme de main réputé de Carlos Marcello et de Séraphine, à la réputation sans faille et à l’élégance bien connue ?
Il est juste chargé d’aller récupérer une voiture à Dallas. Mais son instinct le fait douter et s’interroger. Alors pour la première fois il n’obéit pas et prend la fuite.
Direction Las Vegas. En voiture. Pour semer ses éventuels poursuivants. Pour se planquer et si possible quitter le pays.
Un contrat est alors lancé et le meilleur tueur de Marcello est lâché à ses trousses.
Voilà le sujet apparent de November Road.
Une course poursuite sur les routes monotones des USA, une petite ballade touristique, une histoire de gros truands mêlés au plus gros assassinat politique du siècle dernier… On connaît déjà.
Ben non… parce que Lou Berney en profite pour écrire une autre histoire.
Celle d’un homme qui n’a rien à perdre et tout à gagner, un Charlie Sheen comme dans Apocalypse Now… Le type au bout du bout qui se met en route pour fuir sa vie.
Un type qui après avoir décidé d’utiliser une brave femme qui a choisi de quitter un mari alcoolique et branleur de première avec ses 2 filles pour gagner l’Eldorado de Los Angeles, espérant y faire sa vie, y créer sa vie, finit par se découvrir.
Ça veut dire quoi se découvrir ?
Lou Berney sait y mettre le ton juste et le bon mot. Il sait nous amener dans les méandres tortueux de l’esprit de Franck Guidry qui se remet en question, qui ose poser sur sa vie un regard halluciné où le doute et l’interrogation sont permanents.
Parce que cette November Road c’est ça. Le regard d’un type paumé qui par la force des choses ose jeter un regard objectif et sans concession sur une vie faite de platitudes et de façades, de faux semblant et de jeux d’acteurs maîtrisés à la perfection mais qui jusqu’à maintenant n’étaient rien…
Parce que c’est ça la vie de Franck… Un grand vide qu’il a cherché à remplir jusqu’à sa rencontre avec Charlotte. Jusqu’à ce qu’il décide de l’utiliser pour se faire discret.
Sauf qu’il ne savait pas que grâce à elle et ses 2 filles (8 et 10 ans) il découvrirait que la vie est belle et riche. Qu’elle promet monts et merveilles mais réclame en retour sincérité et honnêteté. En est-il capable?
Saura-t-il l’assumer avant que ne passe le coche ?
Admettra-t-il ses choix et assumera-t-il ses antagonismes ?
A vous de lire pour savoir… Mais l’épilogue est riche d’espoir et de richesses, nous obligeant à admettre que rien n’est facile ni gratuit mais que qui veut peut.
Le Corbac a aimé rouler en ce mois de novembre 1963 sur les tristes routes américaines et couché dans ces motels loin des châteaux des contes de fées.
Alors bienvenue à vous et bonne route.

Mauvaises Graines (Lindsay Hunter – Traduction Samuel Todd – Série Noire Gallimard)

Ça faisait un bail que je n’avais pas lu un bon roman noir et malsain à souhait, de là à dire que ça me manquait… Et voilà tir corrigé avec ce premier roman de Lindsay Hunter.
Quoi de mieux qu’une femme pour parler des « femmes »?
Quoi de mieux qu’une américaine pour parler des américains ?
Mauvaises Graines est un roman profondément triste et misérabiliste, une oeuvre choquante et malsaine (dans un sens clairement positif en terme de goût).
Par le biais de Baby Girl et Perry, deux ados complètement paumées et à la ramasse, se tirant la bourre pour savoir laquelle sera la plus mauvaise, s’utilisant mutuellement et sans vergogne comme faire-valoir réciproque (vous connaissez le syndrome de la copine moche ? Ben voilà.) L’auteur nous dépeint la médiocrité d’une génération perdue d’avance, de la néfaste influence maternelle, laxiste et permissive, égoïste et perdue dans ses frustrations personnelles.
Une génération qui ne voit nulle lumière au bout du tunnel, qui suit le chemin tracé par les gênes maternels ou les drames familiaux, celle qui baisse les bras et se contente de prendre ce que l’on lui refuse plutôt que de lutter contre ce fatalisme si facile qui consiste à se dire que l’on est ce que les parents ou le monde a fait de nous.
Abandon total de fierté, renoncement à toutes formes de luttes, absentéisme complet des figures maternelles se complaisant dans leur gras ou l’alcool, elles-mêmes ayant baissé les bras pour se contenter de subir avec pleutrerie les coups du sort qu’elles ont créés.
Lâches et abusives, perverses et déraisonnables les mères de ce roman sont les monstres… Les véritables monstres.
Les hommes dans ce roman ne servent à rien… A peine des seconds rôles vaguement tracés d’un rapide coup de crayon gras pour servir la cause de ces femmes… Père de remplacement, toys, prédateur sexuel, oncle catho ou frère survivant dégénéré d’un accident de moto ils ne sont rien et portent avec élégance leur inutilité, leurs travers, leur incompétence et leur incompréhension de la gente féminine.
Dans ce livre noir, âcre et odorant comme un café turc tout est question de femmes, de féminité, de féminisme abscon et stérile parce que noyé dans le quant dira-t-on, dans l’apparence et dans le besoin d’exister… Quelqu’un soit le prix… Quelque qu’en soient les risques et le devenir.
Avant d’écrire ce petit billet, je n étais pas sûr d’avoir apprécié ce roman mais finalement… Faut pas se fier aux apparences
Prenez en de la graine et foncez…

Une confession, John Wainwright (Sonatine), par Le Corbac

Agatha Christie peut aller se rhabiller, elle a un successeur et Conan Doyle peut lui aussi commencer à compter ses abattis.
John Wainwright… Retenez ce nom mes amis car il promet…
Une confession a mis plus de 35 ans avant d’être traduit (mention particulière à Laurence Romance) en France… Mais pourquoi?
Pourquoi nous avoir privés de ce roman so british, aussi bien dans la forme, le fond que le style aussi longtemps?
D’habitude, le Corbac il est plus litté américaine  puis surtout quand ça flingue à tout va ou que ça gicle délicatement de jolies arabesques sur les murs… limite il aime bien les français et leur notion du noir (quotidien, social ou polar) donc c’est vous dire que la psychologie et les enquêtes c’est pas vraiment sa cup of tea…
Pourtant il s’est régalé le Corbac dans ce jeu de piste, dans ce face à face tendu entre le présumé innocent et cet inspecteur au caractère bien trempé.
Le découpage alternant récit et journal intime donne une dimension autre à cette intrigue, mêlant ainsi les pistes et nous embarquant dans de nombreux chemins de traverse.
De prime abord tout est limpide et clair: un couple « exemplaire », une réussite professionnelle, une promenade, une chute et là le roman prend son envol.
Les pistes se mêlent et s entremêlent.
Qui a fait quoi ? Qui est réellement qui ? Où se trouve la vérité ? Doit-elle être révélée ?
Chez les riches et les nantis les amitiés se comptent à l’aune des ambitions et le professionnalisme des uns s’arrête là où commence le pouvoir des autres.
John Wainwright nous offre avec Une confession un très beau roman sur le mariage, sur la vengeance et sur le pouvoir.
Mention spéciale à la qualité de la traduction de Laurence Romance qui prend toute son ampleur dans les pages du journal intime de John Duxbury.

Le Corbac.