Le Patient, Timothé Le Boucher (Glénat, 2019), par Perrine

Ce n’est pas la première fois que je vous parle de BD, et pas la première non plus que je suis transportée par Timothé Le Boucher puisque j’avais chroniqué ici même Ces jours qui disparaissent. Ici encore, il s’attache à nous parler de pathologies psychiatriques, ici encore il présente des personnages d’une complexité terrifiante, ici encore il nous émeut et il dérange.

Le Patient c’est une famille massacrée un soir dans sa maison, le père dans le garage, la mère dans la cuisine, les petits à l’étage et la grand mère dans l’escalier. Tous sauf deux, la fille handicapée, considérée par toute la ville comme une débile et retrouvée errant dans la rue l’arme du crime à la main, et le fils, gravement blessé qui s’en sort avec quelques années de coma et une bonne dose de rééducation.

Côté enquête tout cela est vite classé évidement, et le scénario s’attache à suivre ce jeune homme dans son travail de reconstruction, aidé par une psy qui a également suivi sa sœur. L’ambiance est pesante, le livre très sensoriel au point de me surprendre à arrêter de respirer pour ne plus sentir l’odeur d’hôpital. Tout y est dans les détails, dans les cases sans texte, avec beaucoup de subtilité et de talent, entre mystère autour de ce qui s’est réellement passé et séquelles de l’événement.

Comme dans son précédent album, j’admire le traitement qu’il fait des pathologies et de leur suivi. Un livre à mettre dans les mains de ceux qui osent encore dire que « la BD ce n’est pas vraiment des livres » (on peut même les assommer avec il est relativement lourd).

Perrine.

Dieu n’aime pas Papa, Davy Mourier et Camille Moog (Delcourt), par Perrine

Ce n’est pas la première fois que je vous parle de Davy Mourier dont j’aime l’humour au 6ème degré. Dans la série La petite mort il nous parle comme son nom l’indique de la faucheuse, dans Davy Mourier vs Cuba de la dictature touristique. Comme toujours on retrouve dans Dieu n’aime pas Papa un pamphlet sur un sujet de fond très sérieux, ici la religion (mais pas que…), emballé dans un humour archi noir.

Je me suis marrée (beaucoup) mais j’ai surtout été extrêmement émue par le sujet et le traitement qui en est fait à travers le regard d’un petit garçon qui, plein d’innocence, essaye de comprendre, en toute bonne foi et malgré une souffrance terrible.

C’est bien fait, intelligent et savoureux, encore un Mourier que je valide !

Perrine.

Le triomphant, Clément Milian (Equinox-Les Arènes), par Perrine

Alors là… Je suis perplexe. J’avais découvert Clément Milian avec son premier roman Planète vide dont je vante encore régulièrement les mérites, et j’attendais avec impatience son prochain. Evidemment, il est allé là où personne ne l’attendait et nous propose un roman des plus atypiques.

Le triomphant c’est une histoire de lutte du bien contre le mal dans une France ravagée par la guerre. Enfin non, ce n’est pas si simple forcément sinon ce ne serait pas intéressant.

Le triomphant c’est une chasse à l’homme au Moyen Age, 5 personnages à la poursuite d’un autre qu’ils ont nommé la Bête. Cette bête ils la connaissent bien, ils ont combattu à ses côtés, ils savent de quoi elle est capable. Ensemble ils ont massacré, pillé, pour une cause qui n’en était finalement même pas une. Rongés de remords, ils se sont donné une mission, tuer la Bête.

Peut-être que débarrasser le monde de ce monstre rachètera leurs pêchés ? Chacun d’entre eux est motivé par une raison différente, piété, orgueil, culpabilité, unis par un même objectif oui, eux pourtant si différents. Ils croiseront des cadavres en pagaille et des survivants, des forêts apocalyptiques et des rivières salvatrices, des scènes d’horreurs et quelques modestes éclaircies.

Dans une ambiance à mi-chemin entre la scène d’ouverture de Games of trones (le livre plus que la série) et la Jeanne d’Arc de Luc Besson, rythmé par une écriture sèche, courte, haletante, dépourvue de dialogues puisque la communication est en fait inexistante dans tout le roman, Le triomphant perturbe et pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Un livre qui a bien sa place chez Equinox, qui a le don de nous mettre entre les mains des ouvrages originaux qui en disent long sur l’humain et nous poussent à nous interroger sans cesse sur ce qui fait de nous ce que nous sommes, ou pas…

Perrine

Mapuche, Caryl Ferey (Ecoutez lire, Gallimard)

Je continue ma pratique du livre audio en voiture, et je dois dire que contrairement à ma précédente expérience avec Antonin Varenne (voir ma chro de Fakirs) l’audio a cette fois sublimé ma lecture.

Il faut dire que le lecteur Féodor Atkine a un talent remarquable (c’est aussi la voix française dans le film V pour Vendetta), il vous enveloppe de sa voix grave, joue admirablement bien les différents personnages et fait passer une émotion terrible dans chaque mot.

Venons en d’ailleurs aux mots, ceux de Caryl Ferey que l’on ne présente plus et dont le succès est absolument mérité. Dans Mapuche il revient sur la dictature argentine, les bébés volés, les vols de la mort, le combat des grands mères… Un sujet aussi dur que passionnant, aussi fort que nécessaire. Un pan de l’histoire dont personne n’est fier, une période que les argentins ont du mal à assumer, entre devoir de mémoire et honte.

Ici, à travers Liana, jeune indienne qui porte en elle les souffrances de son peuple, et Ruben Calderon, détective rescapé de l’Esma qui a subi avec sa famille l’horreur absolue de ce dont les tortionnaires étaient capables, Caryl Ferey nous parle de vengeance, du poids du secret, de tout ce que les hommes sont en mesure de faire pour se protéger.

Un roman magnifique qui m’a tiré de nombreuses fois des larmes (j’avais l’air maligne au volant), qui a le mérite d’être fidèle à l’Histoire et qui, peu importe le support, mérite d’être lu.

Perrine.

Fakirs, Antonin Varenne (Audiolib) par Perrine

C’est une chronique un peu particulière, pour une lecture qui le fût tout autant. Depuis peu obligée de faire une heure de route par jour, je me suis laissée tenter par le livre audio dans la voiture (emprunté à la médiathèque et non téléchargé illégalement cela va de soi mais ça va mieux en le disant). Bref, puisqu’on ne se refait pas et que je n’allais quand même pas me mettre à écouter des albums jeunesse dès le réveil malgré mes nouvelles fonctions, j’ai choisi de tenter l’aventure avec Antonin Varenne, dont Battues (la manufacture de livres) est en bonne place dans les romans qui m’ont marquée.

Est-ce dû au support ou au livre, je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Nous commençons avec d’un côté un américain expatrié dans le Lot, vivant dans une tente retranché du monde, qui apprend la mort de son meilleur ami (américain lui aussi) à Paris. De l’autre, un inspecteur un peu dérangé et son adjoint, mis au placard dans le service des suicides. Ambiance lourde et déprimante à souhait, renforcée par la voix de Jean-Michel Vovx, caverneuse au possible. A ce stade, je regrettais presque mon choix d’écarter la littérature de jeunesse de bon matin.

Le roman tourne donc autour de la mort d’Alan, l’ami de l’américain, fakir de son métier (oui oui c’est un métier), drogué, mort sur scène lors d’un de ses numéros. Accident, suicide ou autre chose ? Les hypothèses vont bon train et nous permettront de remonter le fil de l’histoire de ce personnage atypique, tout en découvrant un peu plus notre héros.

L’inspecteur lui m’a tout de suite évoqué Columbo (et tous les clichés qui vont avec) au point de devenir très vite antipathique et particulièrement gonflant. J’aurai presque zappé les chapitres le concernant si je n’avais pas eu envie de ne rien perdre du fil.

Comme à chaque fois que l’on nous propose un roman avec deux histoires parallèles, il va de soi qu’à un moment les deux se rejoignent, et là… enfin, la magie a fonctionné et je me suis faite embarquer. J’ai retrouvé avec bonheur ce que j’avais aimé dans l’écriture d’Antonin Varenne : ses personnages, durs, bourrus, brisés et seuls, touchants dans leur détresses respectives ; son analyse, toujours fine de la façon dont fonctionnent l’homme et la société en général, des ravages de l’armée ou encore de la place de ceux qui sortent du système, et bien entendu un talent indéniable avec les mots.

L’intrigue m’a tenue en haleine au point de finalement rester 5 minutes de plus dans la voiture pour finir un chapitre et de pester parce qu’il n’y avait pas d’embouteillages. Je ne saurais donc dire si le temps qu’il m’a fallu pour adhérer à ce roman est dû au livre audio ou au roman lui même, mais en éjectant le CD j’étais néanmoins conquise quoi qu’un peu frustrée, j’aurais bien repris une plage ou deux de Columbo finalement, il m’était devenu sympathique.

Aucune bête, Marin Ledun (IN8) par Perrine

Définitivement je ne peux que vous encourager à découvrir la collection Polaroïd des éditions IN8. Des textes aussi courts que puissants, des sujets atypiques et des auteurs de grand talent (voir ma chro précédente de Marcus Malte).

Ici, Marin Ledun, qu’on ne présente plus tant il est adulé au sein de notre petit groupe, nous propose de suivre une femme qui court durant 24h non stop. Alors déjà moi (grande sportive devant l’éternel) j’ai découvert qu’on pouvait s’infliger volontairement de courir pendant 24h, en rond sur une piste… Imaginez ma consternation.

Rajoutez que notre Véra en question a une bonne quarantaine d’années de mémoire, trois enfants, un boulot et un mari. Double consternation (mais comment peut-on avoir envie de faire autre chose de son temps libre que de se reposer ?!).

Enfin, sachez que Véra fait ou plutôt faisait de la compétition de haut niveau donc, et que juste après la naissance de la fille, elle a été accusée de dopage. Elle revient donc une fois sa condamnation terminée.

Vous allez me dire, bon tu n’as pas l’air d’avoir accroché avec le personnage dis donc ? Et bien si… et c’est là que je me suis surprise moi même.

Cette femme qui s’entraîne comme une dingue pour une compétition qui pour moi n’avait aucun sens si ce n’est se torturer, elle m’a donné envie de me mettre à courir. Tout le texte repose bien entendu là dessus, sur le pourquoi de cet acharnement, sur ce qui nous pousse à nous dépasser, sur ce que nous sommes…

Et quand je dis nous, je ne veux pas parler de l’être humain, mais de la femme. Ils ne sont pas nombreux les auteurs à comprendre et à décrire des sentiments féminins avec autant de justesse. Marin Ledun est de ceux là et nous offre un texte d’une grande beauté.

Bien plus qu’une course où l’enjeu serait de dépasser ses limites… A lire vraiment !

Perrine.

Nada, Cabanes et Manchette, Dupuis (2018) par Perrine

La BD est parfois frustrante par sa rapidité, ce n’est pas le cas avec les magnifiques adaptations de Max Cabanes. C’est dense et riche tant par le texte de Manchette que par le dessin. C’est du noir pur jus, avec des personnages désabusés, essorés et brisés par leur passé, leurs désillusions ou leurs espoirs déments. Embarqués dans un projet fou d’enlèvement politique, par conviction ou par appât du gain, on se demande si au moins l’un d’entre eux croit vraiment en une possible réussite.

Résultat de recherche d'images pour "Nada max cabanes"Les flics y sont aussi pourris que les politiques, on se prend d’affection pour les criminels, on se surprend à souhaiter qu’ils y arrivent ces pauvres gars.

Oeuvre d’art à part entière, Nada fait pour moi partie de ces albums qu’il faut savourer, pour plonger dans chaque planche afin d’en saisir chaque détail.

Perrine

 

Résumé :

Résultat de recherche d'images pour "Nada max cabanes"Ils sont six : Épaulard, l’expert vieillissant ; D’Arcy, l’alcoolique violent ; Buenaventura Diaz, le caméléon aux identités multiples ; Treuffais, le prof de philo désabusé ; le jeune Meyer, dont la femme folle finira bien par le tuer un de ces quatre ; et Cash, la putain auto-proclamée à l’intelligence troublante. Des profils aussi disparates que leurs passés respectifs. Pourtant, ensemble, ces paumés d’extrême gauche formeront le groupe « Nada ». Leur premier coup d’éclat : enlever l’ambassadeur américain, en visite discrète dans une maison close parisienne. Une opération aussi risquée exige audace et maîtrise. Mais si le gang de marginaux l’exécute sans coup férir, la suite ne sera pas si simple. Chargé de l’affaire, le rusé commissaire Goémond va mener une sanglante traque aux ‘anarchistes’… Entre morts inutiles, dégâts collatéraux et pressions politiques, les membres du groupe « Nada » s’apprêtent à passer les plus longues heures de leur existence… Avant quelle fin ? 

Cannisses, Marcus Malte (IN8) par Perrine

Résultat de recherche d'images pour "Canisses malte"Je suis fréquemment émue par mes lectures, il m’arrive même relativement souvent de pleurer sur un bouquin, mais de m’effondrer en larmes avant la fin du premier chapitre, c’est rare.

Probablement parce que je suis mère ou que comme la plupart des gens, j’ai perdu des proches sans y être forcément préparée, mais plus certainement parce que Marcus Malte est un écrivain de grand talent qui avec Cannisses m’a envoyé un terrible uppercut à l’estomac.

84 toutes petites pages extrêmement resserrées pour découvrir un homme qui vient de perdre sa femme d’un cancer et se retrouve avec ses deux jeunes garçons. Un homme qui ne comprend pas pourquoi sa femme est décédée dans la mesure où ils ne méritaient pas que cela leur arrive. Et puis en face il y a ses voisins, un couple et une petite fille, bien installés dans le quartier, avec leur petite vie parfaite sur fond de mélodie du bonheur. Injuste non ?

« A quoi ça tient le bonheur ? A presque rien. A un fil. A l’emplacement d’une maison ». Alors la solution est forcément là, dans la maison, celle qu’il n’a pas achetée puisqu’il a préféré celle d’en face. Celle qui recèle de la promesse d’un bonheur  encore possible. Celle qui est actuellement occupée par ses imbéciles heureux de voisins… Alors ?

Alors prenez une petite heure pour plonger avec Marcus Malte dans cette perle de noirceur pour découvrir comment la douleur peut si facilement nous pousser à la folie…

A noter qu’il existe une version sur scène de Cannisses (oui c’est en effet la raison qui m’a amenée à découvrir ce titre de 2012), que j’espère avoir l’occasion de découvrir !

RIP, Gaet’s et Julien Monier (Petit à Petit) par Perrine

RIP RIPDerrick, je ne survivrai pas à la mortTome 1 : Derrick, je ne survivrai pas à la mort

RIP raconte le quotidien d’une bande de pauvres gars qui ont un métier des plus… réjouissant ! Leur job ? Débarrasser les logements des morts, mais pas n’importe lesquels, ceux qui n’ont plus de famille, ceux dont tout le monde se fout, ceux qu’on retrouve donc au bout de plusieurs semaines quand l’odeur devient insoutenable pour les voisins. Âmes sensibles donc s’abstenir !

Leur boîte revend aux enchères tout ce qui a de la valeur et eux peuvent garder ce dont les autres ne veulent pas, des conserves périmées aux paquets de PQ. Job de merde donc et la tentation est grande quand on voit passer des liasses ou des bijoux. Trop grande, lorsqu’ils sont appelés pour une vieille qui s’occupait seule de son fils handicapé, qui l’âge aidant, a passé l’arme à gauche, rejointe peu après par son fils, incapable de s’occuper de lui ou de prévenir qui que ce soit (vous noterez au passage le charme de notre société où ce genre de choses peut arriver…).

Résultat de recherche d'images pour "RIP BD Gaet's"C’est noir, c’est glauque et ça en dit long sur la nature humaine. J’ai beaucoup aimé le dessin, la qualité des personnages et l’originalité de l’ensemble. Bref, vivement la suite !

PS : Petit à petit est une maison d’édition normande avec une bien belle production que je vous recommande ! (chauvinisme quand tu nous tient !)

Perrine.

1, 2, 3 petits écarts avec Marin Ledun, Pascal Dessaint et Patrick Pécherot

Si j’affirme souvent que réussir un roman court est pour moi une preuve de talent, il faut également avouer que je suis souvent frustrée par la nouvelle ou novella. La qualité est pourtant indéniablement là comme ce fut le cas avec Cat 215 d’Antonin Varenne ou Albuquerque de Dominique Forma dans la très belle collection de La Manufacture de Livres, mais le format me laisse sur ma faim, j’en aimerais toujours un peu plus. Cependant, quand les Editions du Petit Ecart ont publié en lancement Marin Ledun, Patrick Pécherot et Pascal Dessaint, je n’ai pas pu résister et j’ai commandé les trois. J’ai bien fait, car ce n’était absolument pas ce à quoi je m’attendais.

Résultat de recherche d'images pour "mon ennemi intérieur ledun"Mon ennemi intérieur, Marin Ledun 

A mi chemin entre l’essai et l’autobiographie, ce texte est le fruit de la réflexion d’un auteur que j’apprécie tout particulièrement (je ne peux pas vous remettre le lien vers mes chroniques perdues depuis la migration mais lisez entre autres Salut à toi ô mon frère ou Les visages écrasés !). 

Mon ennemi intérieur est passionnant pour qui lit du roman noir et il l’est d’autant plus pour qui travaille dans le milieu. J’ai même pris note de certaines citations pour de futurs discours et interviews ! Marin Ledun a su analyser finement le roman noir, il a mis des mots sur ce que je ressens à sa lecture et pourquoi ce genre me touche. Après ce moment de réflexion sur ce dans quoi je baigne finalement depuis plus de 4 ans, j’ai juste envie de dire merci à ceux qui ont accompagné ma plongée dans le noir, m’amenant à découvrir des auteurs fabuleux comme entre autres Marin Ledun, Pascal Dessaint, Patrick Pécherot, Colin Niel ou Nicolas Mathieu (et ce bien avant le Goncourt). Qu’ils soient libraires (à commencer par Pierre d’Eureka Street), journalistes ou blogueurs (Caroline de Fondu au Noir et bien sûr mes comparses d’Unwalkers pour ne citer qu’eux).

« Le monde va mal, parlons en ensemble » nous dit Marin Ledun, les amateurs de roman noir sont en effet riches d’échanges, de discussions et de partages (de doutes, d’angoisses et d’apéro).

Résultat de recherche d'images pour "pascal dessaint la trace du héron"La trace du héron, Pascal Dessaint

Avec beaucoup de poésie, Pascal Dessaint nous emmène au cœur de son amour pour la nature. Au détour de magnifiques descriptions, nous en apprendrons plus sur l’auteur lui même, suivant le fil de ses souvenirs, sur ses livres et sur ses personnages.

Très intéressant pour qui connaît l’homme et son oeuvre c’est aussi une parenthèse de beauté et de douceur, de nostalgie du temps qui passe peut-être aussi, un moment des plus agréables !

Résultat de recherche d'images pour "patrick pecherot lettre à b"Lettre à B. Patrick Pécherot

Hommage à Prévert, à la chanson, à la Bretagne, au Cinéma aussi, Patrick Pécherot prend le prétexte de Barbara pour nous parler avec délicatesse de foule de sujets à la fois. Au milieu de ces références culturelles, on retrouve forcément la guerre, les bombardements sur cette chère ville de Brest et cette question « Qu’a fait de nous la guerre », sujet phare de l’auteur.

Le style Pécherot m’émeut toujours autant, et ces quelques pages n’ont fait que renforcer l’idée que je me faisais de l’auteur, que j’ai d’autant plus hâte de rencontrer au prochain Bloody Fleury !

3 tout petits livres donc, à lire si vous aimez les auteurs, si vous avez envie de découvrir leurs styles, si vous avez besoin d’un petit écart entre vos lectures. Ils m’ont fait du bien je dois l’avouer et à l’approche des fêtes je vous conseille vivement de les offrir aux amoureux du roman noir, de la nature et pourquoi pas de Prévert, en plus ils sont visuellement très réussis je trouve.

Sur le site des éditions du Petit Écart  on peut lire qu’elles sont nées d’envies. « Un Petit Écart, c’est quoi ? C’est une proposition insolite faite à un auteur qui l’entraîne hors de ses sentiers littéraires habituels. Une possibilité de livrer un texte différent, un texte forcément court, peut-être intime, peut-être politique, peut-être poétique … »

« Pour les lecteurs, un Petit Écart c’est la possibilité de partager une aventure avec un auteur apprécié en acquérant  un livre « à part », élégant, à la fabrication soignée, diffusé dans un nombre d’exemplaires limité. » 

Pour ma part c’est un contrat pleinement rempli et une collection qui tient toutes ses promesses, j’ai hâte d’en découvrir la suite !