Un pays obscur, Alain Claret (La manufacture de livres)

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Un romancier pas assez connu qui pourtant le mériterait vraiment comparé à , … ad lib… Écrire est un métier, ce livre en est un exemple parfait. Évidement qu’on peut tous et toutes avoir un hobby, mais certains ont de la magie dans les doigts, et dans la tête… d’autres un peu, et d’autres rien.

Un livre qui ne dépareille pas de sa bibliographie, une écriture poétique, parfois lyrique emprunte de mélancolie. Un voyage au bout de la résilience, sur fond d’intrigue bien entendu polardesque (inventons donc des mots, les maux sont sont eux bien alignés par l’auteur).

Nous allons donc aborder différents sujets mes cher enfants, comme la relation père fils, la perte, la mort qui frappe, l’emprisonnement, la disparition des autres, tout cela entrecoupé de description d’une forêt et accompagné d’une cuisine alléchante combiné à des vins précieux.

Avec une facilité déconcertante l’auteur nous emmène dans son histoire, qu’il prend le temps de poser. Aucun ennui, un malaise sourd s’installe doucement. En  partant de  Libye avec ses fantômes, Thomas après avoir été otage, essaie de se reconstruire dans la maison de son père. Mais d’autres fantômes s’y installent pour notre personnage, tout en  apprenant des choses dont il ne se doutait pas sur son père. Mais Thomas n’est pas seul pour les affronter, il y a Tom et Ripley qui veillent sur lui. Le »Ripley » de Patricia Highsmith.

Bienvenue dans le pays obscur, la limite psyché ou le fantôme de son père va entraîner Thomas. Là ou rôde le mal sous plusieurs formes.

Parler de l’incohérence du monde en général en géopolitique et revisiter la chute de Kadahfi, sans bfm tv, TF1 et autres connard de l’info modelée.

Maurras, Drumont, Benda, mais surtout pas que, Duras,LHagakuré, La guerre des Gaules, Socrate etc,  une érudition réfléchie et distillé au long du livre par des maximes. Avec un joli clin d’oeil à Ian Rankin…

Les 70 dernières pages vont vous figer, la fin est amenée de manière brutale. Figé, alors ne lisez pas dans un transport en commun, le canapé et le lit sont conseillés sous peine de devenir une statue de sel ou de  glace. Mais quelle fin, tout s’enchaîne à une vitesse vertigineuse, toutes les questions posées finement ou insidieusement sur 350 pages se libèrent… Puis il y a l’épilogue, et là, vous devenez une statue de bronze, avec la bouche béante, le regard hébété, figé pour l’éternité par le sorcier Alain Claret

Avons nous fait notre boulot de journalistes ? c’est un NON géant !!!

Alain Claret a-t-il écrit un livre envoûtant et enivrant loin de la fadeur de la rentrée littéraire, voire sur 2018 c’est un OUI, géant !!!

 

 

Dégradation, Benjamin Myers (Cadre noir, Seuil éditions)

Quelle bonne surprise nous vient du « brexit « . Les éditions du Seuil ne se sont pas trompées en nous présentant cet auteur, du noir à l’anglaise, glauque, un peu gore, et deux personnages un peu space. On a toujours besoin de repère, alors on va dire que David Peace ne renierait pas ce fils prodige pour la trame, mais la forme et le fonds sont à créditer à l’auteur seul.

Déja, la traduction est d’Isabelle Maillet, synonyme de grande qualité, bande d’incultes, de Dennis Lehane, dont elle est la traductrice attitrée, de Jeffery Deaver, James Sallis, etc...

C’est un bon petit choc ce livre, même si la 4ème de couv, vous parle de rural noir, que patatati et patata, ne les écoutez pas… Tout d’abord il y a cette narration singulière, on entrecoupe, les « héros » et les « méchants », de manière aléatoire, on commence le livre et on a du mal à suivre, les chapitres ne sont au départ pas du tout reliés.

L’écriture est sobre, au service du livre, pas besoin d’en faire trop. Les descriptions de la nature et de la condition humaine sont excellemment bien faites, mais attention on n’est pas chez Gallmeister ^^. C’est glauque noir et sombre, il y a peu de lumière que ce soit dans la nature ou chez les individus rencontrés au fil des pages.

Il est vrai par contre que les âmes sensibles doivent passer leur chemin. Une fille disparaît, un journaleux à la dérive, et un policier « toqué » vont être amenés à résoudre ce mystère. Mais en cherchant, ils vont soulever des pierres de l’histoire de cette petite ville où des secrets, bien crados devraient être tus à jamais. Je vous laisse découvrir, avec joie et bonheur, toute la dégueulasserie inhérante à ce livre.

On en finira juste, pour dire, qu’un auteur au ton singulier nous est présenté, un bonhomme qui sait franchement écrire des livres qui prennent à la gorge, à l’anglaise très noir, mais en renouvellant fonds et forme, ce qui n’est pas si facile. Je dis donc des livres, car on est à l’origine d’une série avec les 2 compadres du livre. En espérant vivement que ses autres écrits soient traduits ! 

Au plus profond de l’hiver, dans la lande rugueuse et désolée du nord de l’Angleterre, une jeune fille disparaît. Deux hommes la recherchent : le détective James Brindle, solitaire, taciturne, obsessionnel, et Roddy Mace, ex-journaliste des tabloïds fuyant son passé de débauche à Londres. Ils ne tardent pas à dénicher le suspect idéal : Steven Rutter, terrifiant personnage, plus proche de la bête sauvage que de l’homme, qui vit retiré dans une ferme isolée et rumine de sombres secrets. Mais il n’est pas le seul, et ce qui s’annonçait comme un banal fait divers va bientôt basculer dans l’horreur, à mesure que Brindle et Mace plongent dans les coulisses insoupçonnées de la vie du hameau.

Benjamin Myers est né à Durham en 1976 et vit aujourd’hui dans la campagne du Yorkshire, dont il a fait le décor de prédilection de ses romans. Ancien journaliste spécialisé en musique, il est l’auteur d’une œuvre déjà conséquente, à paraître aux éditions du Seuil. Dégradation est son premier livre traduit en France.

Traduit de l’anglais par Isabelle Maillet

« Noir, rural, décadent et dépravé.

En contrepoint aux horreurs absolues qu’il décrit dans toute leur violence graphique, Myers donne vie au paysage avec un aplomb lyrique et une maîtrise narrative qui emportent tout. » Val McDermid, The Guardian