Errances, Olivier Remaud (Paulsen), par Fanny

Quand on me disait « Bering », je pensais « détroit » et puis c’est tout.
Après avoir lu « Errances », je connais désormais le personnage à qui un détroit, une mer et une île doivent leurs noms. Vitus Jonassen Bering, enfant rêveur né dans une petite ville portuaire du Danemark, portait déjà en lui, des envies de voyages et de vastes espaces inexplorés.

Olivier Remaud nous plonge dans un récit vif et précis, fait d’errances, de découvertes, de voyage ultime.

En 1725, Vitus Bering, déjà rompu au bourlingage océanique, part pour une première expédition.
Je n’imaginais pas l’entregent nécessaire, la résistance aux coups bas, les exigences impériales et les impératifs de réussite auxquels était soumis Bering.
L’enfant rêveur devient explorateur au service du tsar Pierre Ier, ayant pour mission de cartographier les terres entre la frontière russe et le continent américain. Mais l’aventure devient odyssée lorsque le brouillard, les retards administratifs, la mauvaise volonté d’un gouverneur et l’état déclinant du tsar s’en mêlent.

En 1732, n’ayant pu prouver de manière absolue qu’ Asie et Amérique étaient séparés par la mer, Bering, bien qu’essoufflé par les manigances et les courbettes aristocratiques, reprend la route vers le Kamchatka avec près de 600 hommes.

Qu’il est beau de lire ainsi la passion d’un homme avec ce récit de vie qui emporte fort et loin, à la fois dans l’intimité du personnage et son obstination voyageuse.

« Errances » est l’aventure d’un Gulliver face à un territoire immense, c’est à la fois impitoyable et magnifique.

Fanny.

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