Fakirs, Antonin Varenne (Audiolib) par Perrine

C’est une chronique un peu particulière, pour une lecture qui le fût tout autant. Depuis peu obligée de faire une heure de route par jour, je me suis laissée tenter par le livre audio dans la voiture (emprunté à la médiathèque et non téléchargé illégalement cela va de soi mais ça va mieux en le disant). Bref, puisqu’on ne se refait pas et que je n’allais quand même pas me mettre à écouter des albums jeunesse dès le réveil malgré mes nouvelles fonctions, j’ai choisi de tenter l’aventure avec Antonin Varenne, dont Battues (la manufacture de livres) est en bonne place dans les romans qui m’ont marquée.

Est-ce dû au support ou au livre, je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire. Nous commençons avec d’un côté un américain expatrié dans le Lot, vivant dans une tente retranché du monde, qui apprend la mort de son meilleur ami (américain lui aussi) à Paris. De l’autre, un inspecteur un peu dérangé et son adjoint, mis au placard dans le service des suicides. Ambiance lourde et déprimante à souhait, renforcée par la voix de Jean-Michel Vovx, caverneuse au possible. A ce stade, je regrettais presque mon choix d’écarter la littérature de jeunesse de bon matin.

Le roman tourne donc autour de la mort d’Alan, l’ami de l’américain, fakir de son métier (oui oui c’est un métier), drogué, mort sur scène lors d’un de ses numéros. Accident, suicide ou autre chose ? Les hypothèses vont bon train et nous permettront de remonter le fil de l’histoire de ce personnage atypique, tout en découvrant un peu plus notre héros.

L’inspecteur lui m’a tout de suite évoqué Columbo (et tous les clichés qui vont avec) au point de devenir très vite antipathique et particulièrement gonflant. J’aurai presque zappé les chapitres le concernant si je n’avais pas eu envie de ne rien perdre du fil.

Comme à chaque fois que l’on nous propose un roman avec deux histoires parallèles, il va de soi qu’à un moment les deux se rejoignent, et là… enfin, la magie a fonctionné et je me suis faite embarquer. J’ai retrouvé avec bonheur ce que j’avais aimé dans l’écriture d’Antonin Varenne : ses personnages, durs, bourrus, brisés et seuls, touchants dans leur détresses respectives ; son analyse, toujours fine de la façon dont fonctionnent l’homme et la société en général, des ravages de l’armée ou encore de la place de ceux qui sortent du système, et bien entendu un talent indéniable avec les mots.

L’intrigue m’a tenue en haleine au point de finalement rester 5 minutes de plus dans la voiture pour finir un chapitre et de pester parce qu’il n’y avait pas d’embouteillages. Je ne saurais donc dire si le temps qu’il m’a fallu pour adhérer à ce roman est dû au livre audio ou au roman lui même, mais en éjectant le CD j’étais néanmoins conquise quoi qu’un peu frustrée, j’aurais bien repris une plage ou deux de Columbo finalement, il m’était devenu sympathique.

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