Jérusalem, Alan Moore (Inculte), par Lou

« Putain de merde ».

Je ne sais pas sous quel angle je dois me mettre pour. 

Non vraiment, si vous achetez ce livre, vous verrez que tout est question d’angles, et donc je ne sais pas sous quel angle je vais me placer. Celui du « il faut que je crie sur tous les toits que ce livre est un monument à lui tout seul ». Sinon, celui de tout garder pour moi. 

Bon oké. J’ai compris. 

Tu sais minou, je crois qu’on est pas en mesure de se rendre compte de l’impact que peut avoir Jérusalem sur la Raison. Je crois que j’aurai pas les mots assez pertinents pour rendre compte du génie de Moore.

Moore ne se contente pas de rendre hommage à Northampton -sa ville natale-, il partouze (littérairement) avec les meilleurs auteurs anglophones pour en accoucher d’un monstre hallucinant et déstabilisant. Il examine grâce son microscope céleste, chaque particule qui nous lie, les destins qui se croisent, les.

« Putain de merde ».

Je sais pas moi j’en perds mes mots et tout. 

Sachez qu’il sera question du 26 mai 2006. (Save the date). Sachez qu’il y aura du Charlie Chaplin. Attendez vous à se voir dessiner dans votre tête un univers puissant, à la douce folie que pouvait avoir Terry Pratchett, à l’oeil cinématocinglé d’un Terry Gilliam, au sens du merveilleux de Neil Gaiman, à la puissance des descriptions de James Joyce, à la parfaite dramaturgie de Samuel Beckett, au talent de Jack Kirby pour fabriquer des héros, à la façon dont Dickens titille l’enfance victorienne, …

Vous savez ce genre de livres que seuls ceux qui ont lu savent et toutes ces conneries ? On leur a trouvé un monarque, à ces livres.

Aussi excellent que soit ce livre, et vue la densité de l’écriture et des propos (traduits par Claro, ce qui est un exercice intellectuel supplémentaire j’te l’accorde minou), on pourrait s’attendre à être gavés de ces bons gros romans bien denses, d’avoir envie de plus de légèreté, de simplicité et tout.

Mais non. Moore est un tremplin. Un putain de tremplin de qualité. 

Alors en attendant sa canonisation, moi je dis que ce Saint Homme mériterait d’être baptisé « Lord Moore ». 

Nom de dieu. 

Après lecture de ce bouquin, vous ne lirez plus jamais un livre de la même façon. Vous ne prendrez plus jamais de trips sans avoir augmenté votre manière de percevoir les choses, vous aurez juste envie d’être branché sur une autre fréquence. 

Je. « Putain de merde ». 

Allez j’vais essayer de me remettre de cette claque. Tenter de retourner dans le monde réel. Même pas la peine de vous dire que vous hésitez blablabla mon cul et tout l’bordel.

Vous l’achetez et vous vous prenez une bonne grosse dose de culte dans la gueule, dans les veines, dans vos rêves. Partout.

See you on the other side.

Traduit de l’anglais par Christophe Claro.

Lou

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