La petite gauloise, Jérôme Leroy (La manufacture de livres) par Le Corbac

Résultat de recherche d'images pour "la petite gauloise leroy"Le titre, sans aucune raison apparente, m’a fait me souvenir de mon paternel. Il fumait des gauloises brunes sans filtres. C’était  fin 70 – courant 80. Il fumait partout. Tout le temps. Dans la voiture, dans les w-c, dans la salle de bain…

Dans ces temps, là je me souviens d’une époque légère et insouciante, grave et en pleine évolution/transformation. Des changements s’annonçaient, des nuages s’amoncelaient, la société bougeait et le monde tournait encore droit.

Ce furent des années riches et pleine de béatitude enfantine vis à vis de ce que je voyais arriver dans le Monde.

Les années 90 et mon adolescence furent celles des premiers émois, des premières fois, des rudes apprentissages de la vie.

Ce furent aussi des années de bouleversements géopolitiques, d’une envenimation des relations entre certains états, la libération d’autres et l’arrivée progressive d’une nouvelle forme de contestations.

Les médias devenaient de plus en plus présents, envahissant même les repas de famille, devenant un rituel quotidien à suivre, à voir et entendre. Le malheur des autres venaient réchauffer nos foyers, des actes dont on ne parlait pas avant crevaient dorénavant l’écran, affichant sans pudeur le malsain, l’horreur quotidienne ou la perversité humaine.

Puis vinrent les années 2000 et l’âge adulte (attention j’ai pas dit la maturité) et la nécessité de rentrer dans les cases. De passer au Métro-boulot-dodo. Avoir une femme, une maison, des gosses, un job qui rapporte et tirer sur les pis de la vache à lait du client pour se créer une vie confortable. Des années d’abrutissement à courir dans le bon couloir, à respecter les normes, à écouter la société et la politique, à s’adapter et à suivre le troupeau.

Et pendant ce temps là, le monde faisait tout pareil mais à une autre échelle, avec des effets différents et des motivations autres. Le Monde aussi rentrait dans des cases : idéologiques, économiques, religieuses, politiques, financières.

Mais l’être humain ne se parque pas, à un moment donné il se rebelle et décide d’agir. Souvent tard, souvent mal, souvent sous l’effet d’une manipulation ou d’un endoctrinement.

Et puis parfois un individu décide d’agir juste pour AGIR. Pour lutter, pour prendre délibérément le parti de la destruction pour faire réagir.

Tout ça donc pour revenir à Jérôme Leroy… Je suis resté sur ma faim avec son roman, j’en voulais plus, j’en voulais encore, je voulais comprendre les non-dits, entendre les explications, saisir cette rébellion. Lire La petite gauloise ce fut comme voir un film en accéléré.

Et pourtant que j’aime ce que j’y ai lu.

Avec un certain cynisme, Jérôme Leroy nous refile une belle leçon de nihilisme. Abnégation, haine du système, volonté de détruire pour reconstruire, marquer le moment de manière violente pour dénoncer un système obsolète ou radicalement contesté… Un parfum d’anarchisme envahit ses pages.

Tout le talent de Monsieur Leroy (hormis de nous faire un excellent récit) réside dans la mise en opposition de ce nihilisme avec une Foi. Dans les deux approches se trouve le radicalisme de l’action, le radicalisme de l’acte.

Voilà ce que nous sommes tous devenus nous claque dans la tronche Jérôme Leroy.

Au même titre que Tuer Jupiter de François Médéline, cette petite gauloise est un très beau reflet de notre époque et de ses emmerdements.

Ps : Jérôme négocie un moindre pourcentage sur tes ouvrages afin que Pierre puisse te laisser libre en terme de nombre de pages….

Le Corbac.

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