Le triomphant, Clément Milian (Equinox-Les Arènes), par Perrine

Alors là… Je suis perplexe. J’avais découvert Clément Milian avec son premier roman Planète vide dont je vante encore régulièrement les mérites, et j’attendais avec impatience son prochain. Evidemment, il est allé là où personne ne l’attendait et nous propose un roman des plus atypiques.

Le triomphant c’est une histoire de lutte du bien contre le mal dans une France ravagée par la guerre. Enfin non, ce n’est pas si simple forcément sinon ce ne serait pas intéressant.

Le triomphant c’est une chasse à l’homme au Moyen Age, 5 personnages à la poursuite d’un autre qu’ils ont nommé la Bête. Cette bête ils la connaissent bien, ils ont combattu à ses côtés, ils savent de quoi elle est capable. Ensemble ils ont massacré, pillé, pour une cause qui n’en était finalement même pas une. Rongés de remords, ils se sont donné une mission, tuer la Bête.

Peut-être que débarrasser le monde de ce monstre rachètera leurs pêchés ? Chacun d’entre eux est motivé par une raison différente, piété, orgueil, culpabilité, unis par un même objectif oui, eux pourtant si différents. Ils croiseront des cadavres en pagaille et des survivants, des forêts apocalyptiques et des rivières salvatrices, des scènes d’horreurs et quelques modestes éclaircies.

Dans une ambiance à mi-chemin entre la scène d’ouverture de Games of trones (le livre plus que la série) et la Jeanne d’Arc de Luc Besson, rythmé par une écriture sèche, courte, haletante, dépourvue de dialogues puisque la communication est en fait inexistante dans tout le roman, Le triomphant perturbe et pose bien plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Un livre qui a bien sa place chez Equinox, qui a le don de nous mettre entre les mains des ouvrages originaux qui en disent long sur l’humain et nous poussent à nous interroger sans cesse sur ce qui fait de nous ce que nous sommes, ou pas…

Perrine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
28 ⁄ 14 =