L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk (Le Tripode), par Lou

Traduit de l’estonien par Jean-Pierre Minaudier, illustrations de Denis Dubois, Le Tripode, collection Météores.

TEAM #SLYTHERIN, À MOI !

(tous ceux qui ont décidé de renier le fourchelang, passes ton chemin, salut).

Nom d’un petit sourcil qui ondule ! Je viens de passer trois jours ACCROCHÉ à…

Attends je recommence dac ? D’façon t’as le temps t’es vissé le cul sur ton fauteuil oklm, tout va bien.

(tu permets, je prends ma respiration un ptit peu d’abord dac ?). 

Anyway. Tu vois cette sensation que t’as quand tu lis un bouquin que pas mal de personnes autour de toi ont lu et qu’elles t’en chient une loghorrée de trucs comme quoi faut absolument que tu le lises, etc etc, mais que t’es super frustrÉe bicause t’as jamais pris le temps de le lire. Bah voilà on y est. Et cette sensation bizarre que maintenant tu sais. T’es pas capable de rendre compte à quel point tu viens de terminer un des livres qui marquera à jamais ton imagination mais tu sais que tu fais partie d’un truc, en silence. Un silence que ceux qui l’ont lu savent. Enfin t’as compris quoi (comment ça non ? BAH ATTENDS UN PEU SOIS PATIENT ÇA VA DEUX SECONDES).

Le truc vient d’Estonie. Estonie mon gars, déjà si tu te rappelles où c’est sur une carte de l’Europe moi j’te file un carambar. Et ensuite je crois que ce livre est la vengeance ultime du traducteur qui prend grave cher pendant ses études, quand tous ses copains se sont foutus de sa gueule en clamant « t’as pris ESTONIEN ? mais t’es un ouf malade toi nan ? ça existe la littérature estonienne au moins ? ».

BAH OUI PUTAIN.
(je savais pas hein)

On va entrer dans le vif du sujet sinon je vais te perdre et tu vas zapper et tout. Alors go go go.

En fait l’histoire du roman se passe à un moment qui a presque déjà été raconté par Michel Pastoureau dans son livre sur l’Ours. Ça se passe à un moment où l’Ancien monde a rencontré la « modernité » du monde chrétien, et qu’il a fallu au fur et à mesure oublier toutes les traditions ancestrales et tout. 

Et là tu vas me dire « ouais Lou encore un de tes putains de romans nostalgiques qui vont te transformer en vieux réac à moustache sudiste un jour ».

TG. Non. Parce que la force de Kiviräkh réside dans le fait qu’il n’est pas NOSTALGIQUE. Y’a des méchants partout (enfin surtout dans les derniers survivants qui ont les vieilles traditions parce que franchement les chrétiens dedans c’est genre des Moldus qui servent à rien à part se branler sur les chevaliers allemands qui apportent la chrétienté en Estonie et se faire mordre par des serpents ou se faire couper la tête).

Dans tout ce brol, on suit l’histoire de Leemet, jeune garçon super doué en narration au point de te déconnecter de toute la réalité qui t’entoure avec ses habitudes animalistes à la con mais qui fascinent comme un gosse devant son premier oualdizné.

J’ai A-DO-RÉ (avé l’accent parisieng, of course). Alors bien sûr il faut rentrer dedans, ça met du temps à démarrer, mais le résultat est épique. 

Tous les gros fans de druides, animalisme, pamphlets, récits contestataires, remises en questions des valeurs, pour se rendre compte que de toute façon la finalité elle est la même pour tout le monde, je vous conseille VIVEMENT de lire ce livre. 

C’est un peu comme le mythe du bon sauvage, mais en grave moins raciste. Enfin pas raciste à l’envers quoi, le bon sauvage existe pas dans le bouquin, c’est un putain de sauvage avec des traditions qui se perdent et qui se confrontent aux nouvelles traditions mais qui valent pas mieux l’une que l’autre. Juste que le monde est fou.

Et au milieu de tout ça y’a les animaux, les serpents, les ours et tout. 

T’attends pas non plus à voir un bon pour souscrire à la SPA ou à WWF à la fin du bouquin minou mais si t’aimes les GRANDS romans bah vas y les yeux fermés. 

Pour les sceptiques que j’aurai pas encore convaincu, c’est un genre de conte – on va dire fable carrément – inspirées des grands récits nordiques/teutons et on sent tout de suite l’influence que ceux ci ont eu dans la culture celte (genre les bretons et les angliches comme le Roi Arthur et Merlin l’Enchanteur et le Roman de Renart).

Putain ch’crois que j’ai jamais écrit un truc aussi long. Garde ça en tête si t’as encore besoin de preuves sur la qualité du pavé. 

Si t’as pas encore pris tes petites vacances annuelles à la Baule et que t’as envie de te lire un bon roman avec tout ce qu’il faut dedans, roule. 

C KDO WESH

Bisous

Lou

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