Little Heaven, Nick Cutter, éditions Denoël (Sueurs Froides) par Bruno

Traduction d’Eric Fontaine

Le mal le plus profond est au cœur de ce roman choc, ce n’est pas qu’une vue de l’esprit, c’est quelquefois un résumé de l’existence et d’actes commis au nom de quoi, de qui, mystère ? Il s’exprime de bien des façons mais finit toujours par atteindre celui qui l’utilise. Rédemption de l’âme humaine, souffrances et souvenirs, seule une lecture attentive vous permettra de goûter à la puissance évocatrice de ce récit qui va vous emmener loin, très loin, aux confins de la folie, de la peur et de l’horreur.

Bâtie sur une oscillation de deux temps, principalement 1980 et 1965-66, cette histoire se découpe en 9 chapitres bien balisés. On sait où on se trouve et à quelle période. Micah, Minerva et Ebenezer sont nos trois héros. En ouverture, on découvre leurs vies riches et agitées soumises à bien des exactions ; acteurs marquées et marquants, animés d’une certaine fureur, gâchette adroite et facile. Tuer ne leur pose pas de problème en fait puisque c’est leur métier !

Ce drôle de trio va devoir faire équipe en 1966 pour retrouver et sauver un enfant embrigadé par une espèce de secte. Qui dit secte dit forcément danger !

Vous dire que j’ai aimé ce scénario, non, vous dire que c’est une réussite, non ; parce qu’en fin de compte j’ai «surkiffé» cette aventure riche et profonde qui risque de vous tenir haletants et éveillés longtemps. Ne fermez pas la lumière, car au cœur des ténèbres on ne vous entendra pas hurler de terreur.

Ecriture précise et vocabulaire très fourni, Nick Cutter fait monter doucement la pression avec une action lente mais prenante, des descriptions hallucinantes et on glisse lentement mais sûrement dans un univers de peurs viscérales comme sorties de la nuit des temps.

Et que dire des personnages secondaires comme le révérend Amos, « fou de jésus, bas du cul » , un prédicateur dérangé, mais pas que, guidant hors du monde et dans un espèce de camp retranché sa petite communauté.

Ambiance visuelle soignée, ce roman au goût de western version Tarantino, louche également vers l’univers de Stephen King, mais le grand King, le roi de l’épouvante et de la peur qu’il a été à une certaine époque.

Noires visions soumises à notre imagination, en 200 pages et 33 sous chapitres au centre de ce roman, l’auteur gagne ses galons de maître de l’horreur et respirer devient pour le lecteur un exercice périlleux. Il y a bien longtemps que je n’ai pas ressenti une telle pression du mal à chaque page tournée.

En 600 pages bien remplies, Nick Cutter nous promène dans un univers glauque et mortel où d’étranges créatures viendront sonder vos peurs les plus sombres. C’est un livre magistral et beau. Beau par ses nombreuses illustrations qui accompagnent le déroulé de l’histoire et nous aident à visualiser, magistral pour la réalisation, l’épaisseur des protagonistes, et un synopsis peut être pas si original que ça, mais qui nous renvoie à l’essence même de la vie et du mal, toujours présent à un moment ou à un autre.

« Little Heaven », c’est un nom, c’est un lieu, c’est un roc, mais c’est surtout un très grand ouvrage de Monsieur Nick Cutter, un voyage où il vous faudra avoir le cœur bien accroché, car vous n’en ressortirez pas indemnes !

Merci à Joséphine Renard et aux éditions Denöel pour cette collection Sueurs Froides qui nous livre vraiment de grands frissons. FONCEZ !

Traduit par Eric Fontaine.

Bruno.

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