[Rentrée littéraire – 20/09/2018] Un été sans dormir ,Bram Dehouck, Mirobole, par Le Corbac

Résultat de recherche d'images pour "Un été sans dormir ,Bram Dehouck, Mirobole,"

Comment résister à l’appel de la Mère Patrie, comment ne pas sentir ce sang qui bouillonne à l’idée de rentrer sur tes terres natales, de retrouver ton Plat Pays, ses moules frites son Grand Jacques, son humour aussi sombre que les flots de la Mer du Nord…

Brahm Dehouck m’a emmené, que dis-je emporté en quelques pages, en quelques mots. J’ai ressenti très vite cette pointe de cynisme, cette ironie virale pour se moquer, pour détourner, pour montrer.

Entre C’est arrivé près de chez vous avec un Dupontel à la caméra et un Bienvenue chez les cht’i écrit par les frères Cohen, cet été est merveilleux.

Ces gens-là vivent au plat Pays et ces braves bourgeois voient débarquer un parc à éoliennes.

C’est le début de la Fin pour ce tranquille et petit village des Flandres.

Mauvaise foi et médisance, méchanceté et frustration, commérages et espionnage ce véritable Desperate Housewives belge est un succès de noirceur et d’humour.

Des personnages travaillés au cordeau selon leurs caractères, véritables marionnettes sous la plume de Bram Dehouck qui sait les faire vivre, les rendre attachants mêmes pour certains, désagréables ou pitoyables pour d’autres.

Nos turpitudes, nos jalousies et envies (nos travers typiquement humains en fait) sont d’une exaspérante lucidité et ne sont pas que symboliques. Derrière cet humour noir, fait de sourires et de fou rire, la population que nous sommes en situation de crise, quand elle perd ses répères, ne trouve plus ses habitudes rituelles et se retrouve livrée à elle-même est bien peu reluisante et nous invite à nous souvenir de cette bonne vieille maxime : avant de regarder dans la bouche de ton voisin, regarde la paille qu’il y a dans ton nez.

Baignant dans un style fluide et direct, sans mots de trop et sans lourdeur, cette promenade dans la BELGITUDE vaut son pesant d’Or.

Allez, je reprends mon vol pour d’autres contrées.

Traduit par Emmanuel Sandron.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
9 ⁄ 1 =