Requiem pour Miranda, Sylvain Kermici (Equinox – les Arènes)

Pas beaucoup lu ou vu grand chose, sur ce livre de septembre, et pourtant…  Aurélien Masson continue son chemin chez Equinox, avec l’auteur suscité. Après un terrible et inclassable Hors la nuit de S.Kermici, il en est  de même pour Requiem pour Miranda. Si la trame vous parait convenue, attention le traitement est hors normes.

Elle se décompose en deux parties, victime et bourreaux .  Une manière d’appréhender les actes, pour essayer de les comprendre et surtout, surtout réaliser l’horreur de la situation. On commence par incompréhension de la victime, le déroulement des faits, puis son questionnement. Déclencher l’affect chez le lecteur, l’interpeller, la lame entre les côtes pas loin du cœur. Et cela fonctionne bien, très bien.

Après il y a donc « les brutes », et nous allons aussi rentrer dans leur cerveau, regarder à leur place, essayer de comprendre ce qu’il y a dedans. C’est aussi parfaitement maîtrisé.

Dans ce récit, la 4ème de couv ressemble à un fait divers d’un canard local. mais accordez donc à ce récit assez court (et heureusement je ne pense pas que cela fonctionnerait sur plus de pages) le mérite qu’il a. Il a une certaine clarté dans l’horreur, une forme de beauté, d’autre parleront de nihilisme,  il y en a mais aussi autre chose  d’assez imperceptible.

Après deux livres pour moi, je continuerai à plonger dans l’univers de cet écrivain hors classe, et j’essayerai de trouver ce truc imperceptible, promis.

Véritablement « âmes sensibles s’abstenir », comme certains qui votent…^^. On  se rapproche de l’horrible Irish Stew de  J. P. . Bastid qui reste un monument.

Résumé :

« Il essaie de se souvenir des jours précédents, des autres proies, de leurs visages vidés par l’imminence de la mort, de leur odeur, leur odeur de lait et de méthane, de leur tétanie.

Rien n’émerge. Jamais. Et c’est bien pourquoi il va recommencer… »

Un huis clos tragique, entre les bourreaux et la victime, où chacun finit par vaciller. Un texte vertigineux, qui hante les lecteurs longtemps après avoir été lu.

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