L’enfant de poussière, Patrick K. Dewdney (Au diable Vauvert) par le Corbac

Je viens à l’instant de refermer L’enfant de Poussière, ben chapeau. Hormis Eddings, Gemmel, Hobb, Williams, Jordan ou Lynch j ai rarement autant été emmené sans force, promené d un bout à l’autre d’une partie de ce monde imaginaire, de ce territoire inconnu.

Je n’ai pas vu arriver les 16 ans de Syffe mais bon sang qu’est ce que j ai morflé à ses côtés. Dans mon coeur et dans mon corps, moralement et physiquement, émotionnellement et violemment. Rares sont les romans initiatiques aussi puissants et dégageant autant d’empathie.

On dirait du Guy Gavriel Kay tellement cela est ancré dans un univers au sein duquel chacun peut se projeter- moitié réel moitié bâti de toutes pièces. Une Histoire dans une histoire. Oh oui il est lent et épais, oh oui il pèse son poids avec ses 619 pages mais bon dieu il vaut son pesant d’or. Intelligent, travaillé, érudit, construit, il profite aussi d’une plume musicale. Celle d’une voix au coin d’ un feu de bois dans une vieille cheminée dans une vieille bâtisse misérable en bois, une voix légère et fraîche, rageuse ou posée, parfois poétique parfois brutale, sautant de la dureté à la froideur en passant par la sérénité, l’inquiétude, le doute, la peur et toute la gamme des émotions humaines sans jamais se perdre, sans jamais perdre le fil du récit. Sans jamais laisser se dérouler d un coup la bobine de la vie. La Voix du Conteur, du Ménestrel…

Roman d’une enfance à lutter pour se préserver, à ne pas se résigner sans comprendre. Récit d’une évolution, d’une adaptation à un système autre, d’une lutte contre les félonies et pour un libre arbitre. Véritable oeuvre de fantasy ( ou médiéval fantastique pour les francophiles déchaînés ), L’Enfant de Poussière de Patrick K.Dewdney est le premier volume d’une saga à avoir absolument dans vos bibliothèques. Bravo !

Le Corbac.