Le douzième chapitre, Jérôme Loubry (Calmann Levy Noir), par Le Corbac

Les Chiens de Détroit était loin d’être dégueulasse, pourtant basé sur la classique chasse au sérial Killer estampillée Made in Thriller U.S. mais ne nous étalon pas.
Jérôme Loubry revient chez lui, sur l ‘Hexagone, en France, avec les galères et les histoires enfantines qui se mêlent hélas aux histoires d’adultes, celles de la haine, de la déception et de la frustration.
Le temps d’un été de pré ado les coeurs chavirent, l’innocence s’éteint, les rêves s’envolent et la réalité te gifle.
Pourtant tout était fait à l’époque pour un été parfait: la plage, le soleil, la fille, les amis….
Mais voilà parfois le monde des adultes rattrape les enfants et peut tout détruire ou salir.
Et on se retrouve des années plus tard, chaque « complice » de cet été à devoir tout revivre, à récrire cet ultime été de plénitude au travers d’un manuscrit.
Alors on découvre, on fouille, on creuse, on cherche où se trouve la vérité et qui la détient. Les secrets enfouis surgissent violemment comme un pantin de sa boîte, les retrouvailles ne sont pas aussi affectueuses qu’on les imaginait… la faute au passé, la faute aux adultes, la faute à la Vie.
C’est à une espèce de puzzle mémoriel, un jeu des associations que nous invite Jérôme Loubry. Oui, il y a enquête, il y a meurtre et disparition et d’un enfant en plus mais ce roman va au-delà du simple polar, du roman d’enquête ou même du pseudo thriller.
L’auteur crée une très sensible fresque mélancolique et pleine de nostalgie de l’enfance, de ce qui nous fait du jour au lendemain passer dans l’âge adulte, de ces événements qui nous obligent à grandir et perdre cette merveilleuse innocence qui nous fait croire que tout est possible.
Le fait que son principal personnage masculin soit un écrivain en rade d’écriture n’est pas innocent… cela lui permet en effet de mettre en branle la machine créative, celle qui dit que l’on n’écrit rien de mieux et d’aussi bon que ce que nous avons vécu !
Entre drame sociétal, souvenirs d’une jeunesse qui se retrouve en plein désenchantement, une histoire « policière », une quête de « vérité » vraie, une envie de pardon et de pseudo rédemption, je répète que Jérôme Loubry nous dresse le portrait de chaque adulte que nous sommes devenus… en l’idéalisant.
Parce que nous nous voilons tous la face et refusons nos erreurs, nos non-dits, que nous vivons dans ces accusations sur autrui, parce qu’il faut toujours un coupable mais jamais nous… surtout pas et que reporter la faute ailleurs est tellement plus simple.
Œuvre pseudo policière, empreinte de nostalgie d’un romantisme loin d’être désuet, Le douzième chapitre ne peut que toucher par sa mélancolie et la nostalgie de ces années révolues durant lesquelles rien n’avait d’importance sauf le coucher du soleil, une main effleurant la nôtre, un sourire féminin et surtout, surtout cette foi que rien ne changerait.
Le Corbac s’en retourne se percher sur une branche pour zieuter les plages sur lesquelles les destins perdus parfois se retrouvent.

Le Corbac.