Starlight, Richard Wagamese (Zoé), par Fanny

Je l’ai lu depuis un petit temps. « Starlight », le dernier roman de Richard Wagamese ( traduction de la fidèle Christine Raguet ) sort le 22 Août prochain et j’avais vraiment du mal à me jeter dans l’arène des mots, de peur de mal écrire mes ressentis liés à cet immense écrivain. Sûrement parce que je chéris particulièrement cet auteur, pour diverses raisons.

Wagamese touche à l’essentiel d’une vie et Franklin Starlight revient pour un dernier hommage à son créateur Ojibwé.
Franchement, si vous n’avez pas encore lu « Les étoiles s’éteignent à l’aube » (qui est désormais paru en format poche), allez-y les yeux ouverts, c’est sublime.

« Starlight » ou la quintessence d’un homme.

Déjà l’écriture, d’une fluidité et d’une beauté si extraordinaires. je veux éviter le « trop » en matière de superlatifs, mais là, cela va être difficile.

Franklin a grandi, est devenu un homme humble, taiseux, profondément altruiste. Il est resté dans la ferme du « vieux » qui l’a élevé, profondément aimé. Frank photographie l’instant animal, la beauté sauvage, la nature qui l’environne. Ces descriptions sont d’une rare intensité, comme si l’auteur déployait ses ailes d’écrivain, c’est si juste, si précis en son cœur.
Et puis l’histoire qui relie Frank au monde des humains. Celle d’Emmy, femme brisée par les hommes qui, un jour, décide d’ hurler sa haine et sa douleur à la face d’une brute. Elle s’enfuit alors avec sa fille, sur les routes, se rapprochant de celle qui pourra, du mieux possible, lui panser ses blessures : cette nature majestueuse du Canada ouest.
Mais bien évidemment, la brute ne peut laisser s’échapper sa proie… .

Avec une profonde empathie pour ses personnages principaux, Wagamese nous livre une histoire prenante, vibrante et laisse s’échapper une fin. Une fin qui n’en est pas vraiment une, une fin testament, d’amour pour ce monde, une fin qui relie au Grand Tout, l’Orenda, comme un poème laissé juste avant sa mort.

Richard Wagamese avait un talent fou. « Starlight » devient sa sublime étoile, amer remarquable de sa vie d’écrivain généreux et magnifique.

Fanny.

Traduit par Christine Raguet.

Jeu blanc, Richard Wagamese (Zoé/10-18), par Aurélie

J’avais entendu tellement de bien sur cet auteur et sur ce livre que j’avais un peu d’appréhension avant de le commencer. Est-ce que tout ça n’était pas exagéré ? Est-ce que je n’allais pas être déçue ?

Je viens de le refermer. J’ai ADORÉ.

Si j’avais su que le hockey tenait une telle place dans le roman je ne l’aurais peut-être jamais ouvert. Pourtant, l’auteur est tellement doué que j’en suis venue à me passionner pour le sujet en cours de lecture.

Le sport propose une porte de sortie à Saul, le moyen de se détacher d’un quotidien insupportable depuis qu’il a été placé dans un pensionnat canadien pour autochtones. Il n’y règne aucune chaleur humaine mais une cruauté glaçante à l’encontre de tous ces jeunes Indiens qui voient leur enfance détruite de bien des façons…

Grandir et devenir adulte dans ces conditions est quasiment impossible. La paix que semble apporter la pratique du hockey à Saul sera-t-elle suffisante pour l’aider à tourner la page ?

Un roman qui met des mots sur un pan honteux de l’histoire du Canada. Un thème que j’avais découvert en lisant « Sauvages » de Nathalie Bernard qui fait écho à « Jeu blanc » mais pour les plus jeunes. Ces deux livres doivent intégrer vos bibliothèques au plus vite !

Traduit de l’anglais par Christine Raguet

Aurélie