Mapuche, Caryl Ferey (Ecoutez lire, Gallimard)

Je continue ma pratique du livre audio en voiture, et je dois dire que contrairement à ma précédente expérience avec Antonin Varenne (voir ma chro de Fakirs) l’audio a cette fois sublimé ma lecture.

Il faut dire que le lecteur Féodor Atkine a un talent remarquable (c’est aussi la voix française dans le film V pour Vendetta), il vous enveloppe de sa voix grave, joue admirablement bien les différents personnages et fait passer une émotion terrible dans chaque mot.

Venons en d’ailleurs aux mots, ceux de Caryl Ferey que l’on ne présente plus et dont le succès est absolument mérité. Dans Mapuche il revient sur la dictature argentine, les bébés volés, les vols de la mort, le combat des grands mères… Un sujet aussi dur que passionnant, aussi fort que nécessaire. Un pan de l’histoire dont personne n’est fier, une période que les argentins ont du mal à assumer, entre devoir de mémoire et honte.

Ici, à travers Liana, jeune indienne qui porte en elle les souffrances de son peuple, et Ruben Calderon, détective rescapé de l’Esma qui a subi avec sa famille l’horreur absolue de ce dont les tortionnaires étaient capables, Caryl Ferey nous parle de vengeance, du poids du secret, de tout ce que les hommes sont en mesure de faire pour se protéger.

Un roman magnifique qui m’a tiré de nombreuses fois des larmes (j’avais l’air maligne au volant), qui a le mérite d’être fidèle à l’Histoire et qui, peu importe le support, mérite d’être lu.

Perrine.