Le Patient, Timothé Le Boucher (Glénat, 2019), par Perrine

Ce n’est pas la première fois que je vous parle de BD, et pas la première non plus que je suis transportée par Timothé Le Boucher puisque j’avais chroniqué ici même Ces jours qui disparaissent. Ici encore, il s’attache à nous parler de pathologies psychiatriques, ici encore il présente des personnages d’une complexité terrifiante, ici encore il nous émeut et il dérange.

Le Patient c’est une famille massacrée un soir dans sa maison, le père dans le garage, la mère dans la cuisine, les petits à l’étage et la grand mère dans l’escalier. Tous sauf deux, la fille handicapée, considérée par toute la ville comme une débile et retrouvée errant dans la rue l’arme du crime à la main, et le fils, gravement blessé qui s’en sort avec quelques années de coma et une bonne dose de rééducation.

Côté enquête tout cela est vite classé évidement, et le scénario s’attache à suivre ce jeune homme dans son travail de reconstruction, aidé par une psy qui a également suivi sa sœur. L’ambiance est pesante, le livre très sensoriel au point de me surprendre à arrêter de respirer pour ne plus sentir l’odeur d’hôpital. Tout y est dans les détails, dans les cases sans texte, avec beaucoup de subtilité et de talent, entre mystère autour de ce qui s’est réellement passé et séquelles de l’événement.

Comme dans son précédent album, j’admire le traitement qu’il fait des pathologies et de leur suivi. Un livre à mettre dans les mains de ceux qui osent encore dire que « la BD ce n’est pas vraiment des livres » (on peut même les assommer avec il est relativement lourd).

Perrine.