Hillbilly Élégie, J.D. Vance (Globe éditions) par Lou

Sans faire dans le misérabilisme, J.D. Vance parle de l’univers dans lequel il a évolué, des chances qu’il a eu de pouvoir se sortir de sa condition.

On parle quand même d’un mec qui a des valeurs conservatrices. Et pourtant. Pourtant j’ai ressenti une putain d’empathie. Parce que je suis aussi issue d’une famille blanche faisant partie de la classe ouvrière ? Peut-être, même si à bien des égards je me sens encore privilégié par rapport aux faits relatés ici.

Hillbilly élégie n’est pas la putain de pépite littéraire de la rentrée. Mais ça refout un gros boost de savoir qu’il y a un ennemi commun à tout ça. Que toutes les luttes de minorités (et les hillbillies en font partie, même si la plupart d’entre eux sont blancs, chrétiens, racistes, homophobes, …) commencent par la lutte des classes et malgré les idées conservatrices de Vance, je crois qu’il a saisi l’essentiel de ce que je ressentais (bon et la conversation que j’ai eu à propos du bouquin hier soir a clarifié certains points qui restaient encore sombres, mais tu t’en doutes minou tout ceci est une autre histoire).

Si tu veux savoir ce que sont devenus les petits enfants des gens qu’ont jamais cessé de douiller depuis la Grande Dépression, ceux qu’on a toujours cherché à écarter de la classe moyenne parce qu’ils faisaient tâches dans les données sociologiques et qu’il est plus facile de s’en prendre au manque d’éducation ou au manque de culture d’une classe défavorisée que de faire en sorte de les encourager, alors lis Hillbilly élégie.

Lis-le, offre-le. Propage-le.

Foi de moi. Vance n’a pas cherché à faire un putain d’hommage parce qu’il parle de sa famille, de ses amis ou quoi. Il a tenté de mettre en lumière (en y arrivant parfois, juré) des personnes bien trop souvent pointées du doigt et sur qui on rejette bien trop souvent la plupart des conneries dont les seuls responsables sont les gouvernements.

Run for it, un des meilleurs bouquins que j’ai lu de cette rentrée ! (ça sort le 6 septembre minou, t’as pu longtemps à patienter)

Dammit’ ! That’s it !

Lou

Hillbilly Elégie, J.B. Vance (Globe éditions) par Le Corbac

Un livre qui n’est pas un roman mais qui est pourtant écrit pareillement, une autobiographie chaude et vivante, une épopée humaine pour sortir des cases sociales, pour échapper aux écueils d’une société, d’une économie, des lois, de la prédisposition sociétale, de la famille et des liens du sang…
Loin des images habituellement sombres et sordides de cette région des États-Unis, la ruralité apparaît ici comme un lien, une union et une communion de la famille: elle existera toujours.
Ce récit autobiographique de JD Vance est porteur d’espoir ; un espoir parfois « euphorique », souvent teinté de doutes.
Livre d’une remise en question des principes de l’hérédité, livre de la réussite, Hillbillie Elegie derrière son aspect  » l’ American Way of Life existe, regardez ce que j’ai réalisé…’ dénonce une autre forme de ségrégation, les aspects d’un isolement social, les problématiques économiques des USA depuis quelques décennies, évoquant ses désastres monétaires et ses événements dramatiques pour expliquer la gestion politique du pays et ses répercussions sur certaines minorités.
Hillbilly Elegie met à l’honneur la volonté, l’importance de la famille et le refus de l’inéluctable. Cette autobiographie d’une Amérique en détresse, plaidoyer contre la misère ouvrière, est un Candide des Appalaches, un Lettres Persanes made in USA.

Le Corbac.

Traduit par Vincent Raynaud.