Les Meurtres de Molly Southbourne, Tade Thompson (Le Bélial), par Le Corbac

Qui est Molly Southbourne ?
That is the question…
Cette novella de 111 pages est un pur plaisir solitaire et coupable. Une lecture rapide, sans temps mort qui me replonge dans l’ adolescence, quand je bouffais par paquet de 12 les Pocket Terreur ou les J’ ai Lu Epouvante.
Plaisir solitaire parce que le format choisi te permet de t’ enfermer dans une bulle le temps d’ un petit voyage dans l’ horreur. Petit voyage me direz vous mais qui suit quand même Molly de son enfance à l’âge adulte.
Plaisir coupable parce que c est sale. Oui sale mais pas malsain, faudrait pas confondre non plus. On n’est pas du Human Centipède mais plutôt dans un scénario de Cronenberg mis en scène par Sam Raimi.
Ça tranche, ça gicle, c est violent et terriblement prenant… angoissant ? Non. Flippant ? Ouiiiiiii.
Tu peux pas t’empêcher de penser aussi à Carpenter et son style visionnaire. Parce que Tade Thompson il ne s’arrête pas à une succession de scènes trash, non il t’emmène à une profonde réflexion sur l’origine de chacun        d’entre nous, sur l’évolution de l’espèce humaine, sur les mutations que nous subissons chaque jour sans nous en rendre compte.
Cette question de ce que le génome humain a été, est et va devenir est au centre de ce récit d exception.
T’inquiète pas, les digressions scientifiques sont adroitement amenées et n’ ont rien de rébarbatif ni d’incompréhensible.
Parce que Tad, il ne s’écoute pas écrire et n’étale pas sa science. Il est dans le ton juste quand il développe sa thèse et ses explications, juste ce qu il faut pour que nous nous y retrouvions sans nous perdre.
Pareillement, les scènes de violence n’ont nul excès, juste la précision du détail qui est nécessaire pour nous laisser la bouche entrouverte, à happer une bouffée d oxygène pour nous reconnecter.
Bref Le Bélial a fait un excellent choix en nous balançant ce petit bijou            d’horreur fantastique que sont Les Meurtres de Molly Southbourne.

Traduction Jean-Daniel Brèque.

Le Corbac.