Le temps est à l’orage, Jérôme Lafargue (Quidam), par Fanny

Vous connaissez cette odeur de pluie qui arrive après un long temps de sécheresse ? Comme si la nature reprenait toute sa place et son ampleur. Et bien j’ai eu cette émotion là après la lecture du dernier Jérôme Lafargue.

Joan est un être qui renaît après un long moment de vie aride, sur la route, dans la guerre et sa violence, dans le deuil de sa jeune épouse.
Il y a désormais Laoline, sa toute petite, et la nature qui l’entoure, bienveillante, vigilante, personnage à part entière. Car Lafargue fait vivre les arbres, ressentir l’état d’une forêt, d’un ciel d’orage. Le style emporte, subjugue par la beauté de ses descriptions. il y a comme des accents de Ron Rash chez cet auteur.

Joan chante parfois ses airs folk et son blues dans un bar, lit grâce à une belle amitié et garde les Lacs d’Aurinvia, espace protégé et mystérieux.
Joan garde aussi en lui des secrets, une amitié brisée.
Un jour, il découvre des animaux massacrés, disposés de manière particulière, comme si on lui adressait cette mise en scène macabre. Joan ressent alors les tremblements de la terre-mère, c’est ce territoire qui se rebelle tandis que Joan sent monter en lui une ancienne colère.

Il y a des accents de tragédie grecque dans Le temps est à l’orage. Quelque chose qui vous chamboule et vous emporte sur un territoire inconnu, fait de rédemption, de sagesse et de vengeance.
Voici un roman qui s’écoute, se ressent. Jérôme Lafargue est un poète qui aime travailler notre part sombre et rendre la part belle à la nature sauvage.

Fanny.

Oyana, Eric Plamondon, éd. Quidam, par Aurélie

Oyana écrit à Xavier, l’homme avec qui elle partage sa vie au Québec depuis 23 ans. Pourquoi maintenant ? Parce que l’Histoire voit se tourner une page au Pays basque, terre d’origine refoulée depuis trop longtemps.

Il est temps de revenir sur le passé, il est temps d’entamer un processus d’introspection qu’elle évitait depuis de nombreuses années. Comme dans Taqawan, le combat d’un peuple occupe une place importante du récit, il met en lumière des fêlures profondes et révèle l’importance primordiale d’affronter ses choix et ses erreurs.

Quel plaisir de retrouver la prose si spécifique d’Eric Plamondon, son univers qui nous avait déjà explosé au visage dans son précédent texte édité par Quidam.

Ce livre ? C’est une vraie bombe ! (Sans mauvais jeu de mots bien sûr…)