La Petite sonneuse de cloches, Jérôme Attal (Robert Laffont), par Aurélie

Voilà un roman promptement lu ! Embarquée par l’esprit pétillant de Chateaubriand dans les rues de Londres en 1793, j’ai vogué de traits d’esprits en flamboyantes déclarations d’amour, tout cela parce que l’imagination de Jérôme Attal s’est emballée suite à la découverte de la trace d’un baiser à peine évoqué dans les Mémoires d’outre-tombe.

Drôle et tendre bien que sur fonds de famine et de digne pauvreté, ce roman m’a paru parfois bien proche d’une pièce en 4 actes pleine de rebondissements. Un délice !

On cherche souvent au moment de la rentrée littéraire LE livre qui nous fera sourire avec intelligence. Je pense l’avoir trouvé pour vous.

Aurélie.

Nobelle, Sophie Fontanel (Robert Laffont), par Aurélie

Ah, Annette ! Quelle merveilleuse enfant ! Je suis tombée sous le charme dès les 1res pages. Elle nous ramène à l’innocence qu’on a tous perdue un jour, sans savoir vraiment quand. Elle a un regard à la fois naïf et extrêmement pertinent sur tout ce qui l’entoure.

Et sa maîtrise des mots ! Enfin, on ne peut pas vraiment parler de maîtrise : c’est un don, ils coulent d’elle avec un naturel déconcertant, des phrases d’une poésie folle ou des mots-valises éblouissants.

Le point de départ : un poème écrit à la mort de son grand-père et lu sur une tombe au moment de l’enterrement. Puis un stylo-plume bleu offert pour ses 10 ans, le plus beau cadeau qu’on lui ait jamais fait. Enfin, un été à Saint-Paul-de-Vence, lieu magique où ont séjourné tant d’artistes et d’écrivains et où elle va rencontrer sa muse, le beau Magnus, la faisant vaciller de l’enfance vers le vertige des 1ers émois amoureux, des jeux joyeux dans la piscine d’un grand écrivain à une volonté de séduire par les mots.

Sophie Fontanel nous ramène à nos étés d’enfants, ceux qui nous semblaient éternels. Tout au long de ces semaines avec Annette, c’est la petite fille que j’étais qui m’accompagnait aussi.

Mais c’est l’Annette d’aujourd’hui qui nous raconte cet été, une écrivaine qui vient de se voir décerner le Prix Nobel. À travers le personnage de Kléber, elle pose la question de l’inspiration, de la pression exercée sur les épaules d’un écrivain reconnu. Le don des mots n’est pas facile à développer, peut-être faut-il garder précieusement en nous une part de notre enfance pour y parvenir ?

Ce roman illuminera vos lectures de rentrée par son style à la fois pétillant et empreint d’une grande douceur. Mettez votre main dans celle d’Annette et laissez-vous séduire à votre tour !

Aurélie.

Filles de la mer, Mary Lynn Bracht (Robert Laffont / Pocket), par Aurélie

Hana est une haenyeo, une fille de la mer. Elle plonge avec sa mère et les femmes de son village pour nourrir sa famille. Un jour de l’été 43, pour protéger sa soeur, elle se laisse enlever à sa place par des soldats japonais.

Destination la Mandchourie où sont emmenées nombre de Coréennes arrachées à leurs familles pour devenir des « femmes de réconfort », des esclaves sexuelles au service des troupes japonaises.

De nos jours, Emi sent sa fin proche et tente une dernière fois de retrouver la trace de sa soeur, maintenant que des femmes ont osé parler, que la honte n’est plus celle des survivantes et de leurs familles mais celle du Japon à qui on demande réparation.

Une très beau roman, celui du combat désespéré d’une femme qui refuse son destin, celui de tout un peuple à qui on a volé des dizaines de milliers de femmes.

Traduction de l’anglais (États-Unis) par Sarah Tardy

Aurélie.