Au nom du père, Eric Maravélias (Série Noire – Gallimard) par Le Boss

C’était pas simple de sortir d’un premier livre aussi tapageur….,

Il en aura fallu du temps, et le temps aidant, autre lieu, autre style, bref, c’est gagné, tant pis pour ceux qui voulaient une continuité de son premier.

C’est un Eric en pleine forme et surprenant que nous retrouvons dans ce livre, du moins sa plume..( en epérant qu’il mette plus de jogging^^)

Axé sur un futur assez proche, on évolue dans une quasi noirceur, indélébile comme l’encre de ses pages… »oh ppppppppppppputainn je m’aime^^ ».

Certains vous parleront de tragédie grecque, moi je dirai, violence, humain.

Sans noircir les traits, 5 ans entre les deux livres, et bien il fallait sûrement cela.

 

Plus de vingt ans après que Dante Duzha a quitté la Macédoine en raison des bouleversements politiques que connaît le pays, un incident imprévu fait vaciller l’empire qu’il s’est construit en France.
Dans un Paris crépusculaire, au bord de la guerre civile, gangrené par les crimes et les trafics, l’insidieux poison des secrets de famille nourrit les rancœurs et les haines les plus tenaces. Alors quand entrent en scène l’amitié trahie, les amours impossibles, les ambitions démesurées… c’est le vent furieux des passions humaines qui se déchaîne; puis la violence s’installe, entraînant inexorablement les personnages de cette tragédie moderne vers un destin tragique.

Le Boss.

Chaque homme, une menace, Patrick Hoffman (Gallimard – Série Noire) par Yann

Premier roman de Patrick Hoffman, Chaque homme, une menace nous arrive à la Série Noire, traduit par Antoine Chainas. Une fois n’est pas coutume, le traducteur est ici mieux connu que l’auteur et il faut bien reconnaître qu’on aura eu un temps la curiosité de savoir ce qui avait avait pu attirer l’étonnant Chainas vers ce texte. Et, finalement, on n’est pas si surpris …

Raymond Gaspar, petit délinquant, sort de taule après avoir purgé une peine de quatre ans pour avoir tenté de vendre un bateau volé. Poissard, le type compte sur un nouveau départ grâce à Arthur, rencontré en prison et qui gère un juteux trafic d’ecstasy. Chargé de résoudre des tensions entre les parties concernées, Raymond va, assez rapidement, se retrouver dépassé par les événements … Et la suite du récit permettra rapidement au lecteur de comprendre à quel point Raymond est loin d’imaginer dans quel panier de crabes il vient de mettre les pieds.

Construit en cinq parties faisant chacune le focus sur un des protagonistes de ce réseau, Chaque homme, une menace abat ses cartes au coup par coup, présentant ainsi progressivement une vision complète des intérêts en jeu. Déroulant sa narration des Etats-Unis jusqu’en Thaïlande et jouant sur une narration à rebours (procédé récemment repéré chez François Médéline et son Tuer Jupiter ou l’étonnant Bon lieutenant de Whitney Terrel), le premier roman de Patrick Hoffman intrigue et ne se lâche qu’une fois terminé.

Remontant les maillons du réseau jusqu’à la source, Patrick Hoffman met en scène à tour de rôle les différents intervenants de ce réseau international apparemment bien rôdé. Mais nul n’est à l’abri d’une erreur et la moindre défaillance d’un des exécutants met en péril la filière tout entière. Discussions, menaces, chantages, meurtres, tous les moyens sont bons pour que chacun sauvegarde sa part du pactole … Excellent portraitiste, Patrick Hoffman nous met ainsi en présence de Semion Gurevich, juif d’origine russe, et de ses « amis » et complices Issak Raskin et David Eban. Le lecteur fera également la connaissance de Gloria Ocampo, Moisey Segal, M. Hong et quelques autres encore dont la cupidité et les faiblesses respectives en mèneront quelques-un(e)s à leur perte.

Intelligemment construit, brillamment mené, Chaque homme, une menace devrait réjouir les amateurs d’intrigues à tiroirs et faire jubiler celles et ceux qui considèrent l’homme comme une créature foncièrement faible et mauvaise. Complètement amoral, ce roman est un plaisir noir au coeur de l’hiver et, surtout, l’espoir que l’auteur récidive avec autant de réussite. On l’attend de pied ferme.

Yann.


Requiem pour une République, Thomas Cantaloube, (Série noire) par Le Boss

Il est grand temps de faire le point sur les années noire de la naissance de la 5 ème, on y est encore.

Alors que bon, mais pas du bonheur, un sérieux retour aux sources ou au Styx, plutôt.

OAS, Mitterrand, Papon, le SAC, etc etc.

Quand il y a raison d’état, rien ne peut se superposer.

J’ai donc lu avec attention ce livre, d’un écrivain qui possède une belle plume, loin d’être ennuyeuse et qui, par le biais de trois acteurs, va nous raconter les arcanes du fondement de notre 5ème.

Trois personnages opposés par nature, un ex maquisard devenu truand, un jeune flic, un ex collabo.

Le tableau est posé. Nous sommes en pleine guerre froide, on crée l’indépendance de la France avec la bombe nucléaire et on décolonise… Un max de bordel à gérer donc.

Et oui, les trois perso, malgré leurs oppositions naturelles, vont devoir collaborer (ou pas, vous lirez).

On part d’un assassinat, pour revisiter les combles d’une 5 ème bien pourrie.

Bravo à l’auteur, pour tout, surtout ce ressenti pour les vioques comme moi, de personnages importants dont je me souviens, des figures, bref des figurants.

Le Boss.

 

 

 

Empire des Chimères, Antoine Chainas (Série Noire – Gallimard) par Le Corbac

Cela est un exercice pour moi que de parler de cet Empire à la fois empirique et clinique…comme ne serait-ce que le titre (tiens je viens de percuter à l’instant sur l’antonymie du titre).
En effet, je ne l’ai pas compris mais qu’il est bien écrit et construit !
Oui, je n’ai pas compris ce livre que j’ai pourtant entièrement lu. Dans ma folle jeunesse j’ai passé des heures et des heures dans divers et multiples jeux de rôle, j’ai (et je continue) lu beaucoup de fantastique, mais là je m’y suis perdu.
Ou bien je me suis juste perdu ?
La construction à deux temps permet pourtant à Antoine Chainas de mettre en avant toute la qualité de son écriture et de déployer son « intrigue ». Deux pays, deux mondes, deux civilisation, deux manière de penser, deux…Ses tournures de phrases, ses dialogues, ses description, ses sujets, ses idées…. tout cela est double et il est très intéressant de voir cette aptitude que possède l’auteur d’écrire en un seul livre deux univers si différents sans jamais les « mélanger », respectant les codes de chacun.
Et puis le sujet ou contenu de ce roman… La métamorphose? L’adaptation? L’évolution? La folie humaine?
De qui ? De la société ? De l’Homme ? de l’individu ? Des villes ? De la consommation ?
Un peu de tout cela peut être… techniquement et oniriquement.. Mais voilà, malgré toutes ces qualités, Empire des Chimères ne m’a pas convaincu dans son récit.
Dans la technique d’écriture, je suis conquis, retrouvant parfois ces moments forts que j’avais apprécié dans Versus (Série Noire – Gallimard)- dont soit dit en passant j’avais totalement été emballé par l’intrigue.
Alors je pense que d’autres sauront mieux apprécier l’intégralité du roman, quant à moi je le garde en tête pour tous mes amateurs de plume qualitative.

Le Corbac

Empire des chimères, Antoine Chainas, Série noire, Gallimard

Antoine Chainas est toujours là ou on ne l’attend pas, phrase paradoxale, qui va à merveille avec sa bibliographie. Aucun de ses livres ne se ressemble, trame et forme, sauf peut être le fond et une vue sociétale éclairée . En omettant de petits écrits, cela fait quand même 5 ans depuis « Pur « que l’auteur n’avait pas  publié de roman. Par contre il n’a pas chômé, il s’est mis à la traduction de romans anglo-saxons pour Gallimard et J C Lattès.

Tout cela suscité pour en arriver où ?

Ah oui,  sa dernière publication, qui symbolise la parfaite maitrise du roman noir sociétal et qui laisse présager ce que deviendra la ou le noir dans une paire d’année. Comme d’autres, mais peu, on les compte sur 3 doigts d’un manchot, « running gag à chier, je sais ».

Antoine Chainas est un précurseur, ou je ne sais quel mot. Il remue les codes du noir avec brio pour en faire du nouveau, comme disait Lavoisier ?

Et bien NON il crée,  Monsieur crée et avance, et fait avancer le roman noir, oui rien que cela.

Alors, attention  il va falloir être concentré, et réveillé pour ce livre et avoir cette envie de découvrir un des meilleurs romans noirs français depuis longtemps.

Avec une construction littéraire débutante et détonante, le livre vous prend assez vite, plus envie de le lâcher même pour aller aux toilettes, ce qui est peut être gênant ….

Sur plus de 600 pages, ce livre apporte de la nouveauté, et un plaisir intense de lecture, rarement lu, ou bu si vous comparez Antoine avec du café, ^^

Je rappellerai juste que ce roman est d’une intensité extrême et qu’ à la fin quand toutes les pièces s’imbriquent, vous refermez le livre et vous restez comme un con….et là, bah, comme pour « Alain Claret », transformation en statue.

Pour en savoir plus, car il est impossible d’en dire plus sans spoiler,

allez sur les liens ci dessous

 

EMPIRE DES CHIMÈRES d’ Antoine Chainas / Série Noire.

avec en sus un entretien

Entretien avec Antoine Chainas / Empire des chimères / SN.