La Loterie et autres contes noirs, Shirley Jackson (Éditions Rivages, collection Rivages Noirs) par Lou

Tu sais minou c’est Stephen King qui m’a donné envie de lire Shirley Jackson. C’était avant que Netflix fasse The Haunting of Hill House, dans un des tomes de La Tour Sombre je crois. Et là maintenant tout de suite je comprends très bien pourquoi King kiffait autant Jackson et qu’il s’en est grave inspiré.

Même le gars qu’a fait Amityville si tu veux mon avis.

Bon ok, on est loin des culottes que tu dois changer toutes les 50 pages comme dans les romans de Stephen King. Mais ce que j’adore chez Shirley Jackson c’est sa façon de décrire avec perfection toute cette Amérique propre et puritaine des années 40/50, patriotique et impeccable et d’y insuffler (insuffler oui j’ai envie) juste ce qu’il faut de grains de sable dans les rouages pour que tout parte en vrille.

Imagine un tableau de Hopper devant lequel tu passes tous les jours, tu le connais à fond, et tu le trouves parfaitement parfait. Chaque personnage est à sa place, et puis un jour il y a un détail, tout minuscule, qui laisse place à une angoisse enfouie au plus profond de toi-même, un brin de paranoïa que tu décides de chasser comme tu chasserai un moustique de 16h en Camargue profonde.

Sauf qu’à 19h t’es bardé de boutons, t’en as plein le fion, t’as les cheveux en pagaille, t’es prêt à zigouiller le premier pélo que tu croises et t’es déjà entrain d’essayer de trouver une solution pour éradiquer tous les moustiques du monde.

C’est ça Shirley Jackson, c’est la version littéraire des Contes de la Crypte sans l’horreur, c’est un film de Sam Mendes sans la romance et les non-dits. C’est ce qui se planque derrière tous ces petits pavillons qu’on a l’habitude de voir dans Edward aux mains d’argent ou Desperate Housewives, qui se ressemblent tous et qui en ont l’air si tranquille en apparences.

En apparences.

Bref, je crois que plus je deviens vieux et plus j’adore Shirley Jackson. J’avais du mal au début quand j’ai lu Nous avons toujours vécu au château. Je crois que j’avais pas encore l’expérience pour.

Là aujourd’hui je trouve que cette femme est un génie. Je l’imagine en jupe plissée tailleur entrain de jouer la parfaite femme au foyer américaine des années 50 et qui après avoir vue une tâche sur son tablier décide de proposer à ses enfants de mettre leur main dans le mixer pour que la tâche prenne plus de sens. Géant quoi. Dommage qu’elle soit pas plus publiée que ça en France parce que j’ai une subite envie de tout tout tout acheter d’elle.

Après avoir lu trois bouquins de cette autrice, je pense que tu peux commencer par La Loterie. Le format courtes nouvelles est beaucoup plus jouissif et plus dynamique que Nous avons toujours vécu au château et La maison hantée.

Et la postface qui t’explique le pourquoi du comment de La Loterie est un pur régal.

J’ai pas dit beaucoup de gros mots, j’ai pas vraiment fait mon petit malin, mais j’ai tellement pris mon pied tellement c’est intelligent et démoniaque que j’suis vidé de bêtises et tout.

Faut que t’essayes absolument pour de vrai au moins une fois dans ta vie !

Bisous

Traduit de l’américain par Fabienne Duvigneau.

Lou

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